samedi, 03 mai 2008

Coucou Vous !

Soyez les bienvenus !

Pour vous sustenter, je vous propose quelques petites tranches de vie, beurrées d'ironie, de mélancolie ou, si vous préférez, de douceur.

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 Rassurez-vous, elles restent légères et digestes.

Je vous souhaite de vous régaler et si ces "tartines littéraires" vous ont plus, ou même simplement interpellés, faites-le moi savoir !

Plum' 

mardi, 22 avril 2008

Paramour

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Je voudrais bien m’offrir un paramour mais ce qui me retient c’est le choix de sa forme.

Vous ne savez pas ce qu’est un paramour ? Ce n’est pas possible ! Vous n’en avez jamais entendu parler ? Là, j’ai franchement du mal à vous croire ! Vous ne savez même pas à quoi cela sert ??? J’espère que vous plaisantez ! Ou alors vous vous moquez de moi ! Non ? Je vais tenter de vous en expliquer l’usage et les différentes formes que l’on peut trouver sur le marché.

Le paramour a un usage de protection comme l’explique la première partie du mot : para.

Protection contre quoi, me direz-vous ? Vous l’avez deviné : contre l’amour.

Pourquoi se protéger de l’amour, vous demandez-vous ? N’est-ce pas ce qu’il y a de plus beau et de plus noble sur cette Terre ?

Je vous répondrai que c’est exactement comme le soleil. Certaines personnes, plus sensibles et plus fragiles que d’autres, ont besoin de se protéger des rayons sinon c’est le coup de soleil.

En amour, c’est pareil. Certains d’entre-nous, tous sexes confondus, ont besoin d’une protection efficace afin d’éviter le simple coup de coeur ou, carrément, le coup de foudre souvent à l’origine de coups de tête et se terminant d’ailleurs, en majorité, par un coup de déprime.

Les conséquences peuvent être désastreuses et mener les victimes à des coups de folie, voire des coups de sang.

J’ai donc décidé de prendre les devants en me préservant efficacement. Après tout, ne dit-on pas :

« mieux vaut prévenir que guérir » ou bien « la prudence est mère de tous les maux » ?

Je me suis renseignée sur les différentes formes de paramour et, à ma grande surprise, il en existe des tas à tous les prix. En voici quelques-uns afin de vous aider si vous décidez, vous aussi, un jour, de vous prémunir.

Les moins coûteux sont :

1) le pyjama en pilou, imprimé Mickey, qui se boutonne jusqu’en haut. C’est un modèle unisexe ayant l’avantage de présenter une version féminine sous forme de chemise de nuit (longueur mi-mollet) ou de liquette pour les hommes ayant besoin d’une forte protection tout en étant désireux de rester à l’aise.

2) pour les dames, la crème de nuit grasse reste une valeur sûre ainsi que le rouge à lèvre brillant et très rouge pour la journée (l’idéal étant d'en avoir sur les dents et de l’accompagner d’un fond de teint bien épais et faisant luire la peau). Ces articles sont disponibles dans les grands magasins aux rayons hygiène, sur l’étagère des tous premiers prix.

Viennent ensuite les paramours moyennes gammes, un peu plus chers, certes, mais que l’on peut cacher et présenter au moindre danger. En voici un petit échantillon :

1) le slip dit « kangourou » couvrant le bide pour les messieurs et la gaine « spécial ventre plat » couleur chair, de préférence, pour les dames.

2) le cigare est toujours bien placé chez les hommes (quoique un peu onéreux pour les connaisseurs). Chez les femmes, les aisselles et le maillot bien fournis ont toujours leurs irréductibles.

Nous terminerons ce tour des paramours avec les prix les plus élevés mais, sans aucun doute, les plus efficaces :

1) le stage en 15 leçons « comment ne pas me faire aimer ? » suivi d’un module de perfectionnement en cinq cours « je veux être le cauchemar de l’autre ». Un coach suit personnellement votre évolution jusqu’à l’obtention d’une sorte de diplôme.

2) la solution la plus dissuasive mais très onéreuse reste l’adoption de neuf chats, six chiens, quatre iguanes, un python, sept mygales, trois piranhas et quelques plantes carnivores dans un deux pièces de 45 m². Les personnes ayant choisi ce type de paramour sont toutes satisfaites du résultat à cent pour cent : personne n’a le courage de les aimer.

Le choix a été difficile mais j’ai opté pour le… ? Le… ? Allez, essayez de deviner ! J’ai choisi le… cigare ! Je me suis dit qu’en plus, en tant que femme, c’était le paramour idéal !

Eh bien vous ne me croirez jamais ! Je me suis rendue dans une boutique spécialisée très chère, très chic et… je crois bien que je suis tombée très amoureuse du petit vendeur qui s’est occupé de moi !

Trop bête !

Mais si bon…

© 2006 Plum'

vendredi, 28 mars 2008

TOILEtte

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Il est neuf heures et, d'une ponctualité sans faille, elle ouvre les persiennes de sa chambre du troisième étage de la rue des Martyrs. Elle est jolie Mathilde, le matin à son réveil, les yeux emplis de rêves et les lèvres toutes gonflées par le sommeil. Ses longues boucles rousses, encore libres à cette heure, descendent jusqu’à sa taille. Une longue chevelure épaisse, soyeuse et dont la couleur fauve s’enflamme lorsqu’elle rencontre les rayons du soleil. Sa chemise de nuit de coton ciel fait ressortir le teint laiteux de sa peau, laissant apparaître la rondeur de ses bras et de ses épaules. Elle aère la chambre et s’assoit à sa coiffeuse tandis que la bonne lui prépare son bain…

Dans l’immeuble d’en-face, Edgar est à l’affût et ne perd pas une miette du spectacle qui s’offre à lui. La toile est prête, les crayons de pastels sont alignés par ordre de couleur, il n’y a plus qu’à attendre. Cela fait déjà cinq ans qu’il loge dans cette maison, mais cela ne fait que quelques semaines qu’il s’est aperçu à quel point Mathilde avait changé. Elle a maintenant dix-huit ans et sa croissance est terminée. Elle présente tous les appâts d’une vraie beauté et il n’y a pas de doute qu’elle doit déjà être très courtisée dans les soirées. Elle aurait pu servir de modèle à Botticelli pour sa Vénus…

… L’eau est bien chaude et Mathilde s’y glisse avec délice. La fenêtre ouverte permet à la buée de s’échapper et l’air encore un peu frais des matins de ce début de mai fait contraster agréablement la température du bain et celle de l’air ambiant. Elle ferme les yeux, confortablement installée, et laisse ses pensées errer au son des bruits de la rue. Le violoniste du numéro neuf débute ses répétitions et l’instrument entame une sonate de Mozart. Le quartier s’anime en ce lundi de printemps, la journée sera belle…

… Tel un chat qui épierait un merle, Edgar l’observe d’un œil qui commence à faillir, le bâton de craie brune à la main. En effet, sa vue baisse et lui occasionne de terribles migraines. C’est pourquoi il peint à cette heure-ci, lorsque le soleil illumine les façades des immeubles d’en face. L’après-midi, il quitte son appartement et dessine des scènes en intérieur, chez des modèles choisis. Ses tableaux changent au fur et à mesure que ses problèmes oculaires s'aggravent, il s’en aperçoit. Il choisit souvent des couleurs plus vives, plus crues. Ah ! Enfin, Mathilde procède à sa toilette. Dans quelques minutes elle sortira de son bain et c’est cet instant-là qu’il veut immortaliser. Ce moment magique où elle s'offrira dans toute sa nudité, sans gêne aucune, puisque nullement inquiétée.

… La journée s’annonce magnifique ce qui est une bonne nouvelle. Hier, le ciel était chargé d’affreux nuages et deux bonnes averses ont gâché l’après-midi. Mais pas de souci, son déjeuner avec Jeanne aura bien lieu et ensuite elles iront chez Marinette, leur modiste préférée, se faire faire un nouveau chapeau. L’eau commence à fraîchir, un dernier passage du pain de savon sous les bras, sur la nuque, les épaules, entre les cuisses et elle se rasseoit dans le bain pour se rincer. Pour Mathilde, c’est le moment de la journée qu’elle préfère. Elle se relève, enjambe la baignoire, attrape le drap de lin propre et s’installe tranquillement dans son fauteuil afin de se sécher bien correctement. Elle tourne presque entièrement le dos à la fenêtre, passant et repassant le tissu un peu rêche sous ses aisselles, sur son dos, sous ses seins…

… Ca y est, il la tient ! D’une main sûre et rapide, l’esquisse forme une silhouette assise, un fauteuil, un bras en l’air, des pans d’étoffe. Puis ce sont les couleurs qui se confrontent, se superposent, se fondent entre elles. Des ombres apparaissent donnant du relief, de la vie à l’œuvre. Le soleil commence à tourner. Il se lève et rabat légèrement les contrevents, les yeux larmoyants et éblouis. Il termine son tableau de mémoire, dans une semi-pénombre, plus confortable. L’œuvre terminée, il l’approche de la fenêtre et sourit. Le rendu est plus que réussi, superbe, laissant apparaître, à la fois avec pudeur et érotisme, le dos et la magnifique chute de reins de son jeune modèle. Chaque mouvement est perceptible, la quiétude de cet intime instant également. Il repose sa toile sur son chevalet et y appose sa signature : Edgar Degas.

Peut-être un jour sera-t-il vraiment connu…

 

© 2006 Plum'