jeudi, 05 juillet 2007
Ex... utoire
Et voilà ! La porte d’entrée vient de se refermer sur mes trois petits bouts. Quatre semaines de calme, d’ordre, de silence et… d’ennui mortel ! J’ai intérêt à sacrément m’occuper si je ne veux pas me retrouver sous Prozac à la rentrée !... Le problème n'est pas que je ne peux pas vivre sans mes enfants. Je n'entre pas dans la catégorie de ces mères hyper-protectrices qui sont réduites à néant en l’absence de leur progéniture. Loin de là ! Au contraire ! D'ailleurs, il leur est déjà arrivé de partir quelques jours chez leurs grands-parents, en colonie ou en classe de neige… Mais ils ne se sont jamais absentés tous les trois en même temps et de surcroît pendant tout un mois. Je devrais pouvoir me raisonner, me dire que l’important est que cela se passe bien pour eux. Mais j’ai honte de l’avouer, je ne pense pas que je vivrais mal l'idée que mon ex-mari me les ramène, au galop, après trois jours.
C’est le deuxième séisme psychologique que je subis en trois mois après mon divorce prononcé le quatre avril de cette année. La fin officielle de ce que fût mon mariage, une sorte d'aventure à la Koh-Lanta, devrais-je plutôt dire.
Il y a quatorze ans, nous débarquions tous les deux sur l’ile du bonheur. La félicité fut de courte durée puisque, rapidement, il y eut les épreuves présentées sous diverses formes .
L’épreuve de confort : nos débuts cahotiques dans la vie nous ont obligés et appris à faire un maximum de rien ou presque avec un minimum de tout ou presque !
L’épreuve du serpent-cracheur : suite au décès de mon beau-père, ma belle-mère est venue s’installer chez nous (contrairement à l’argent, elle, était très présente, trop même). Heureusement, son fils s’est réveillé au bout de huit mois et lui a trouvé un deux pièces, tout confort, dans une charmante rue du quartier nord de notre ville.
L’épreuve de la banqueroute : une grossesse, c’est assez simple : soit elle est menée à terme et c’est le jackpot, soit elle se termine prématurément en fausse-couche et c’est la banqueroute. Bien évidemment, vu que je n’ai jamais eu de chance aux jeux, cela a été la deuxième version pour ma pomme et j’ai bien failli perdre également la boule (neuf mois de dépression avant de remonter la pente, le temps identique à une grossesse)…
L’épreuve de la recrue : elle fut sûrement la plus pénible pour moi. Mon ex-époux cumulait les heures supplémentaires, ces dernières se transformant en week-end. Je m’occupais seule des enfants, de la maison, de la logistique. Ce que je ne soupçonnais pas c’est que « mon cher et tendre » faisait passer, de manière très personnalisée, des essais à toutes les secrétaires blondes de moins de vingt-cinq ans de notre ville. Lorsque l’on sait que nous habitons une agglomération de plus de cent milles âmes, on comprend que cela lui prenait tout son temps…
Voici donc un résumé de la vie que j’ai menée ces dernières quatorze années. Le divorce s’est donc tout naturellement imposé pour m'éviter l'épuisement physique et psychique. Mais cela a été une sérieuse épreuve que de reconnaître et d'admettre l'échec à l'issue de presque quinze ans de vie commune.
J’avoue que sur le plan pécuniaire, je ne m'en sors pas trop mal : la situation professionnelle de mon ex s’étant plus qu'améliorée ces dernières années, je suis à l’abri du besoin. D’un commun accord, nous avons décidé que je garderais la maison pour ne pas déstabiliser les enfants mais qui peut affirmer que tout se passe à merveille pour eux ? Evidemment, personne !
Mon aînée de douze ans, Elsa, se conduit en véritable adulte mais développe depuis deux mois un eczéma. Sacha, dix ans, ne veut plus voir ses copains, ni faire du sport. Il préfère rester à la maison, la joystick greffée dans la main droite, l’œil hagard, rivé devant le téléviseur. Quand à Maël, ses six ans ne lui permettent pas de bien comprendre ce qui se passe. Il espère le retour de son papa…
Et maintenant, ce sont les vacances, les grandes, celles que l’on attend toute l’année pour partir, tous ensemble, à la mer. Celles qui permettent de ressouder les liens familiaux. Celles qui rendront, durant deux ou trois semaines, les parents à leurs enfants… Pourtant leur père les gâte puisqu’il les emmène huit jours en Tunisie et deux semaines en Bretagne, chez sa sœur et son beau-frère.
Peut-être ne devrais-je pas m’inquiéter, cela ne peut que bien se passer. Il faudrait juste que je sois assez occupée pour ne pas me torturer l'esprit. Après tout, je pourrais très bien accepter la proposition de ma meilleure amie et l’accompagner à cette cure de thalasso à Hendaye… C’est vrai que cela me ferait le plus grand bien de m’occuper un peu de moi. Et puis, je pourrais refaire un peu la déco de la cuisine et du salon, me remettre à la sculpture, changer ma garde-robe...
Finalement, tout bien considéré, un mois, cela va passer très, très, trop vite…
© 2006 Plum'
00:00 Publié dans Saveur Acide | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note



Commentaires
Ex scellant :-)
Ecrit par : LChe | jeudi, 05 juillet 2007
Quelle detresse, heureusement le texte se conclut sur une note D'espoir.
Ecrit par : mathéo | jeudi, 05 juillet 2007
Bel exemple chère Plum' de la manière dont on peut passer de l'abattement le plus complet à l'espoir, même infime, que le temps va passer plus vite qu'on ne le croit...
Ecrit par : Miss Alfie | jeudi, 05 juillet 2007
Dur ! bises !
Ecrit par : patriarch | jeudi, 05 juillet 2007
Handaye... c'est excellent, l'air de l'atlantique, les vagues à Biarritz toute proche sont géantes et vivifiantes, de quoi balayer tout sur leur passage et régénérer l'esprit. Surtout éviter l' ex-..stase , chasser ex- s..terne , le pro- blème, et favoriser la pro-vision de pro-soi....
gros bisous
Ecrit par : lasidonie | jeudi, 05 juillet 2007
Ouh, quel parcours semé d'embûches !
Oui, retenons la dernière phrase. Il le faut :-)
Ecrit par : Frenchmat | jeudi, 05 juillet 2007
Bisousssss
Ecrit par : linda | jeudi, 05 juillet 2007
A LChe : Mère.... siiiiiiiiii !
A Mathéo : toute situation peut être positivée : il suffit de le vouloir.
A Alfie : voui, c'est un truc que j'ai appris à faire à l'époque lointaine où je détestais dimanches et jours fériés. ;-)
A Patriarch : t'inquiète, ce n'est pas autobiographique. Bisous Walter !
A Sido : comme dirait LChe (enfin presque) : ex... cellent !!! Bisous ma Sido !
A Frenchmat : bizarre, bizarre... Les hommes prennent ce texte d'une façon plutôt... tragique et les femmes n'y voient que le positif...
A Linda : bisous ma grande ! J'espère que tu te portes bien.
Ecrit par : Plum' | jeudi, 05 juillet 2007
Des épreuves oui mais une Plum'(e) et des ailes pour s'envoler.
Ecrit par : LinaLoca | vendredi, 06 juillet 2007
Je reste sur la note d'espoir !!
Ecrit par : antigone | vendredi, 06 juillet 2007
A LinaLoca : EX... actement madame ! Z'avez tout compris ! ;-)
A Antigone : le contraire, venant de ta part, m'aurait étonnée, je te l'avoue.
Ecrit par : Plum' | lundi, 09 juillet 2007
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