mercredi, 11 juillet 2007
Etre en "j'erre"
Moi, je demande aujourd'hui à chacun(e) d'entre nous
L’espace d’un instant, d'imaginer la situation difficile
De ceux qui viennent d'ailleurs, seuls, démunis de tout
Ceux qu'on nomme si élégamment demandeurs d'asile
Est-ce un plaisir d’abandonner son pays, son identité
D’apostasier sa culture, d’oublier sa langue de coeur
Est-ce une volonté désirée de n'être plus qu'un Etranger
De s’asseoir sur sa fierté, se dépouiller de son honneur
Lorsque vivre, voire survivre devient essentiel et vital
Le pays des Droits de l'Homme, du respect et de la liberté
Devient un Eldorado, une cité de rêve, un endroit idéal
Où il doit faire bon vivre, où l'on est écouté et considéré
Malheureusement, tout ceci n'est qu'une fatale illusion
Réfugiés, Clandestins, Immigrés, voici les patronymes
Auxquels ils devront s'habituer, perdant jusqu'à leur nom
Déshabillés de tout, réduits à moins que rien, à de l'infime
Alors, au lieu de juger trop rapidement au journal du soir
Ces personnes sans papiers, non intégrées, sans résidence
Essayons de nous transposer dans le même cauchemar
Et si demain, nous ne pouvions plus vivre, ici, en France...
© 2006 Plum'
00:00 Publié dans Saveur Amère | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note




Commentaires
Je me souviens, très jeune, de toute la monnaie que ma mère accumulait seulement parce qu'elle donnait un billet pour chaque achat ne maitrisant pas ces francs qu'elle continua à appeler des lires pendant des décennies.
Ecrit par : Claudiogène | mercredi, 11 juillet 2007
Je suis tout à fait d'accord et puis ne suis-je pas petit fils d'emigré?
Ecrit par : mathéo | mercredi, 11 juillet 2007
Merci tout simplement. Rital, puis "bôche de l'est " du temps de l'évacuation", je peux prendre à charge ce texte. Je suis né en France, deux ans après la venue de mes parents en France,en 29. Mon père n'est jamais retourné en Italie,même pas lors du décés de ses parents,en 55 et 57.
Il était en admiration devant le peuple espagnol qui, lui, a combattu, jusqu'au bout de ses forces. Un jour, il m'a dit:" ne pas se battre pour sa liberté dans son propre pays, s'est perdre sa nationalité". Je n'ai jamais mis un pied en Italie. Même si parfois, j'en ai l'envie. Quoique l'on ait subi, on n'oublie jamais ces racines.
Ecrit par : patriarch | mercredi, 11 juillet 2007
J'en ai des frissons... Demandeur d'asile, travailleurs clandestins, combien sont-ils dans cette situation ? Combien vivent dans cette angoisse permanente ? Combien de couples craignent chaque matin de ne pas se retrouver le soir ?...
Ecrit par : Miss Alfie | mercredi, 11 juillet 2007
C’est si doux d’être Français, dans son cocon sans se poser de question. Se mettre à la place de l’étranger… j’ai l’impression que peu de gens y pensent… si, comme cela dans une conversation, mais de là à prendre conscience de toute la difficulté… Tiens, une petite chose me revient en tête… Mon papa était Alsacien… mais étant né en août 1918, il est né Allemand… et est devenu Français à l’âge de 3 mois (en novembre 1918) quand l’Alsace est redevenue française. Sur ses papiers d’identité, il était noté qu’il était Français par « réintégration ». Cela l’amusait… un peu moins lorsqu’il était traité de « boche » dans les années 45 !!!!
Ecrit par : Emma | mercredi, 11 juillet 2007
Pour compléter ce que dit Emma : il a encore fallu que le père demande sa réintégration dans la nationalité française. Elle ne s'est pas fait d'office, ce qui a créé pas mal de difficultés à certains pour renouveler leur carte d'identité, quand la nouvelle carte a été créé. Certains étaient encore de nationalité allemande,car le grand-père n'avait pas fait les démarches de réintégration.
C'est ce qui est arrivé à un lieutenant, lors de mon service militaire. C'est fou ...non. Toute cette administration.
Né en france, français par option (à18ans), sergent durant mon service, on m'a encore demandé le 22 09 2005, ce sacré papier faisant foi de ma nationalité française par option. Il faut vraiment aimé, ce qu'a été la France, pour admettre ces vexations.
Ecrit par : patriarch | mercredi, 11 juillet 2007
Quelle chance nous avons, c'est vrai, d'être nés ici.
Il est difficile de se mettre à la place des autres. Et tu sais si bien le faire Plum' !
Bises et bonne soirée à toi !
Le soleil est enfin revenu. Chouette !
Ecrit par : antigone | mercredi, 11 juillet 2007
Plum' a un coeur
qui dépasse les frontières
elle est la soeur
des âmes étrangères
ps:
cependant, et c'est bien le seul hic
elle est fâchée, avec la métrique
Ecrit par : Bruno | mercredi, 11 juillet 2007
A Claudiogène, Mathéo, Patriarch et Emma : merci à tous les quatre pour vos commentaires d'autant plus touchants qu'ils sont très personnels.
A Alfie : très bonne question, ma grande ! Oui, combien de familles se trouvent ainsi déchirées, éventrées pour n'avoir pas pu présenter "le" papier d'identité, le sésame tant convoité ?
A Antigone : souvent nous oublions à quel point nous avons de la chance. Se promener en toute liberté, s'exprimer, sortir et rentrer dans "sa" maison ou "son" appartement, travailler, prétendre à des aides, payer des impôts... Se sentir chez nous, tout simplement...
En ce qui concerne le soleil... il sera de retour en fin de semaine. Enfin, parait-il...
A Bruno :
Plum' n'est pas une poétesse
Seule la rime lui fait plaisir
Compter les pieds ça la stresse
Mais elle sourit de te lire...
(oui, je sais quand je veux, je peux !... )
Ecrit par : Plum' | mercredi, 11 juillet 2007
Il y a, jusqu'à présent, trois conditions -au choix- pour être reconnu: répondre à une campagne d'immigration (ce qui est fini depuis belle lurette), le regroupement familial, ou être dans les conditions de la Convention de Genève, c'est-à-dire réfugié politique.
Comme il n'y a plus de pays de l'est, c'est compromis.
TIens, ça me rappelle un truc curieux. Lors de la dernière guerre (frappes chirurgicales) en Serbie, la Belgique a accueilli, à grands frais et à grand tapage, des réfugiés kosovars. Certains ont fait leur vie ici et maintenant, comme il n'y a plus de guerre, ils sont priés de repartir. Connais-tu la chanson de Pierre Perret ? Lili ? Ce sont toutes les idées qui me viennent comme ça, en bloc.
Evidemment, il y a plus de réfugiés économiques que politiques (encore que, pour l'Afrique, ça se discute). Le malheur c'est que nos pays ne peuvent tout gérer, mais le malheur en amont, c'est surtout que les pays riches n'assument pas la merde qu'ils ont contribué à mettre dans les pays du tiers-monde...
Et ailleurs.
Gros bisoux Plum' que cela ne nous ôte pas le plaisir de goûter tes textes !
Ecrit par : Pivoine | mercredi, 11 juillet 2007
Nous sommes des hypocrites, des faux-jetons !
Nous vendons des armes à tous ces pays, nous envoyons ensuite des casques bleus, nous refusons l'asile à leur population.
Et nous arrivons à nous regarder bien en face dans nos miroirs.
Quant à la petite Lili, elle résume tout cela à elle seule, c'est vrai.
Je t'embrasse bien fort Pivoine !
Ecrit par : Plum' | jeudi, 12 juillet 2007
Et ça ne va pas s'arranger. Après les réfugiés politiques, les réfugiés en quête de travail et de paix, il va y avoir les réfugiés du réchauffement climatique. Et qui c'est qui en sont les responsables du réchauffement climatique ? hein ? Nous bien sur ! on fout tout en l'air et on dit aux autres : désolés mais restez chez vous. Inondations, sécheresse, famine...on vous enverra des casques bleus et des ONG....
plus de regroupement familial ! on vous accepte que si vous êtes utiles pour notre économie !
Et on va passer une quinzaine de jours dans un bel hôtel 4 étoiles, avec piscine et climatisation quelque part sur une plage d'Afrique, ou sur un beau bateau loué par un bon ami. Et on se regarde dans la glace....sans rougir... pauvre pays riche !
Ecrit par : sachaleroux | jeudi, 12 juillet 2007
Toujours ce même face à face, ce même match dont les résultats sont connus d'avance... Et que ferions-nous, que deviendrions-nous si demain la tendance s'inversait totalement ?
Ecrit par : Plum' | vendredi, 13 juillet 2007
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