vendredi, 20 juillet 2007

Allogène XXXI

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… Il s’agissait de l’acte d’achat du studio de Lisieux. Germain prit son temps de lire le document, lentement, ses pensées se bousculant dans son cerveau. Comment cet acte était-il arrivé entre les mains d’Irène ? Etait-elle au courant pour Batouly ? Et pour Ibou ? Il se décida à avancer prudemment.

« - C’est un placement que j’ai fait, il y a un peu plus de deux ans maintenant. Comment es-tu tombée là-dessus ?

- En me cherchant un bon bouquin, tout simplement. Drôle d’endroit d’ailleurs pour y ranger un papier de cette importance, répondit très calmement Irène. Il y a quelque chose que je ne comprends pas Germain. Pourquoi ne m’avoir jamais parlé de cet investissement ? Pourquoi cacher cet acte dans un livre au lieu de le classer avec les autres documents de notre ménage ?

Elle prit son verre et le levant vers lui, continua :

- Mais je suis persuadée, mon amour, qu’il y a une explication toute logique à tous ces mystères et que tu vas me la fournir, n’est-ce pas ?

Elle porta le gros verre à dégustation à ses lèvres et, tout en buvant lentement, fixa Germain, droit dans les yeux.

- Evidemment qu’il y a une explication. Il y a trois ans, l’affaire n’allait vraiment pas bien, te souviens-tu ? On se demandait si cela valait le coup de continuer. Lorsque cette opportunité s’est présentée à moi, je me suis dit que cela serait bien d’investir dans l’immobilier, histoire que nous ne soyons pas complètement démunis si cela tournait mal. J’ai acheté ce studio à Lisieux et je l’ai immédiatement mis en location.

- Et qu’est-ce qui t’a empêché de m’en parler ?

- Je ne sais pas. Je pense que je ne voulais pas t’inquiéter inutilement. Tu avais déjà eu tellement de mal à sortir de cette dépression. Je ne voulais pas que tu t’angoisses.

Les yeux d’Irène n’avaient pas quitté ceux de son mari. Elle hocha la tête doucement, posa son verre et, jouant nonchalamment avec le manche de sa cuillère à dessert, poursuivit tranquillement :

- Germain, je vais te poser une dernière question très simple et j’attends de ta part l’honnêteté sans faille que tu as toujours eue à mon égard. Germain, y a-t-il une autre femme dans ta vie ?

Germain sentit l’alcool lui monter à la tête d’un coup. Comment en étaient-ils arrivés là, tous les deux ? Comment savait-elle ?

- Il n’y a personne d’autre que toi et tu le sais, Irène. Pourquoi ? Pourquoi cette question ? Tu es l’amour de ma vie !

Il se leva et se dirigea vers sa femme. Il lui prit la main et l’aida à se lever, la prit dans les bras. Elle lui semblait soudain si fragile, aussi frêle qu’une enfant. Il l’embrassa dans le cou et lui souffla à l’oreille :

- Je n’aime que toi, aucune femme ne t’arrivera jamais à la cheville, mon amour. Tu es magnifique, tu es ma meilleure amie aussi. Pourquoi irais-je voir ailleurs ? J’ai envie de toi, Irène. Je veux te montrer à quel point je t’aime comme au tout début. Viens…

- Jure-moi qu’il n’y a personne d’autre, répondit Irène alors que Germain l’embrassait et lui mordillait doucement les épaules.

Il se recula, la regarda en souriant et en hochant négativement la tête lui dit :

- Tu es complètement idiote, ma chérie. Mais tu es tellement désirable lorsque tu es jalouse et que tu as peur. »

Il la prit par la main et l’emmena vers l’escalier. Irène se sentait un peu ivre. L’alcool lui tournait agréablement la tête et elle avait une envie folle de faire l’amour. Elle l'avait toujours su. Germain était trop fidèle à ses principes, principes avec lesquels il avait élevé leurs deux filles. Elle sentit la fermeture éclair descendre et sa robe glissa sur le sol. Elle sourit et s’abandonna dans les bras de son mari.

 

(à suivre...)

 

 

© 2007 Plum'

 

Commentaires

C'est tellement facile de croire ce qu'on a envie de croire... D'autant plus que constamment remettre en doute la parole de l'autre doit être épuisant.
La suite, je l'imagine amère. Mais tu nous réserves probablement des surprises... ;)

Ecrit par : schizozote | vendredi, 20 juillet 2007

Ah ! Ils font bien la paire ces deux-là !
Un menteur et une crédule, bien contente de l'être.
Et puis après tout, si tout le monde est content...

Ecrit par : Claudiogène | vendredi, 20 juillet 2007

Et ben... Il est pas joli joli notre Germain... Mais après tout, n'est-il pas simplement humain ?...

Ecrit par : Miss Alfie | vendredi, 20 juillet 2007

je viens de faire une exception, lire ton blog, le seul de ma journée,parce que j'ai vu que tu avais mis la suite.

Quel fieffé menteur ce bonhomme. !!

Ecrit par : patriarch | vendredi, 20 juillet 2007

Je sens un coup tordu derrière tout cela, non ?
J'attends la suite avec impatience. Bises Plum' ! Je te souhaite un bon week-end !

Ecrit par : antigone | vendredi, 20 juillet 2007

Oh le menteur!!!

Ecrit par : mathéo | vendredi, 20 juillet 2007

Le mensonge avec aplomb finit par convaincre le menteur lui-même comme l'acteur rentre dans la peau de son personnage, et la "victime", déboussolée, ne sait plus si elle a raison ou tord d'y croire. C'est très vrai, Plum', psychologie tout à fait respectée...Pour le récit, voilà qui repousse pour le moment la découverte du secret de Lisieux...Habile, habile ! Tu vas nous faire tenir toute l'année.
Une bonne soirée pour toi.

Ecrit par : lasidonie | vendredi, 20 juillet 2007

Comme quoi, l'adultère a des effets positifs... à l'alcotest :-)

PS : Germain, je te félicite pas !

Ecrit par : Frenchmat | vendredi, 20 juillet 2007

A Schizozote : il y aura sûrement une mise à l'amende (amère)... ;-)

A Claudiogène : parfois, c'est tellement plus facile de croire, de ne pas voir, de ne pas savoir...

A Alfie : les lecteurs sont outrés du comportement de Germain et les lectrices sont complaisantes... Les moeurs auraient-elles changé ?

A Patriarch : oh ! Tu va me faire rosir, toi ! J'apprécie d'être l'exception, crois-moi Walter.

A Antigone : hé, hé ! On fait la psychologie de l'auteure ou des personnages, là ?
Gros becs et bon week-end Antigone !

A Mathéo : are you shocking ?

A Sido : non, cela sera fini avant (du moins, je l'espère)

A Frenchmat : pour les réconciliations amoureuses, il y a trois ingrédients indispensables : un peu d'alcool pour se détendre, quelques jolis mots à faire entendre et un oreiller pour s'y étendre...

Ecrit par : Plum' | samedi, 21 juillet 2007

Alors là, je suis outrée !!
Germain baisse soudain vertigineusement dans mon estime. Quelle enflure. Comment peut-il mentir aussi honteusement, avec tant d'aplomb ? Qu'il soit pris au dépourvu soit, mais un peu de retenue aurait été de mise.
Ah les hommes...

Ecrit par : Aurélie | samedi, 21 juillet 2007

just a little!

Ecrit par : mathéo | samedi, 21 juillet 2007

A Aurélie : on enlève ta dernière phrase, ok ? (sinon, gare à la polémique)
Gros bisous et bon week-end ma belle !

Ecrit par : Plum' | dimanche, 22 juillet 2007

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