vendredi, 05 octobre 2007
TORVE STORY 2
« - Oh, j’ai adoré ! Et tu as vu comme Lucas Matorni est craquant, hein ? Et la musique, tu n’as pas trouvé la musique géniale ? J’en ai encore la chair de poule. Et elle, elle est magnifique ! Comme j’aimerais être aimée comme ça, comme j’aimerais aimer ainsi ! Parfois, je me dis qu’il vaut mieux une seule histoire d’amour dans une vie, même si cela ne dure pas, tant pis, mais la Story, tu vois. La vraie, l’unique. Tu veux que je te dise ? J’aimerais mourir d’aimer, tiens ! J’aimerais que mon cœur éclate parce que trop plein d’amour, comme un ballon empli d’eau…
Et voilà, c’est la même chose à chaque fois. Elle me traine dans une salle de ciné, m’oblige à voir une comédie romantique pour adolescents en pleine poussée hormonale et nous voila à tergiverser pendant au moins deux heures sur la façon dont Il l’a prise dans ses bras, dont Ils se sont embrassés, sur la dispute, sur la réconciliation, etc… Et Lucas Matorni par ci, et Lucas Matorni par là, et patati, et patata…
… - Il parait qu’il a quitté Lauren O’Mahara. J’ai d’ailleurs lu dans Bruits de Couloirs qu’il l’avait surprise en train d’absorber de la drogue. Tu te rends compte ? C’est vraiment un milieu de débauchés ! Cela n’a fait ni une, ni deux, il l’a virée sur le champ. Maintenant, il est à nouveau un cœur à prendre. Qu’est-ce qu’elles sont nulles ! Fais-moi confiance que si j’avais Lucas Matorni dans mon lit, je n’aurais pas besoin de me droguer, moi ! Au contraire ! Tu crois qu’ils vont tourner une suite ? Parce qu’il n’y a pas vraiment de fin, si tu regardes…
Il est vingt heures et il fait déjà nuit. Bon, ce n’est pas tout, où allons-nous dîner ? Parce que moi, Lucas Matorni, il ne me nourrit pas. On pourrait aller manger des tapas à l’El Pote Caliente dans la rue des Franciscains. J’aime bien, ce sont deux frères qui tiennent ce petit resto. Lorsque tout le monde est servi, ils sortent leurs guitares et chantent des chansons espagnoles, brésiliennes…
… - J’ai déjà essayé de l’imaginer entrer dans la boutique. Je suis à l’arrière, j’entends la porte s’ouvrir, j’arrive au comptoir. Bonjour monsieur, vous désirez ? Il se retourne, me regarde droit dans les yeux, me sourit, ne me répond pas. Evidemment, je pense que je m’évanouirais si cela devait m’arriver. Mais quel bonheur, tout de même ! Lorsque je reprendrais conscience, je serais allonger par terre, lui, penché au dessus de moi, l’air inquiet, me demandant si tout va bien…
C’est dingue ! Elle ne grandira jamais, elle ne vieillira jamais ! Elle, c’est Maryline. La femme de ma vie. Le seul hic, c’est qu’elle ne le sait pas. Je n’ai jamais osé lui avouer mes sentiments. Elle me considère comme son meilleur ami, comme le frère qu’elle n’a jamais eu. Je suis son confident. Maryline c’est un mètre soixante-cinq de sourires et de gentillesse, c’est aussi soixante-dix huit kilos de complexes et de frustrations. Maryline, je la trouve belle. Pas spécialement physiquement, mais elle est belle à l’intérieur. Elle a de grands yeux bleus toujours écarquillés sur la vie, elle n’est blasée de rien. Le seul truc, c’est que Maryline a eu une grosse déception sentimentale, il y a de cela quatre ans maintenant, et elle a mis sa vie affective entre parenthèses. Alors, elle va au cinéma voir des comédies romantiques, lit des romans à l’eau de rose, s’achète toutes les semaines Bruits de Couloirs et fantasme sur les acteurs qui couvrent les pages de ce torchon à midinettes. Moi, je l’accompagne et je profite de la séance pour l’inviter à dîner et partager un peu de sa vie. Maryline, elle est magnifique lorsqu’elle mange. Ses yeux s’illuminent et pétillent comme ceux d’une enfant, ses lèvres se gonflent sensuellement et elle a cette façon toute particulière d’agiter ses doigts, lorsque, penchée au-dessus de la carte, elle essaie de faire son choix, souvent cornélien il faut bien l’avouer.
… - Tu sais ce que j’aimerais là, tout-de-suite, maintenant ? J’aimerais aller dîner dans le petit restaurant libanais dans lequel tu m’as emmenée pour mon anniversaire. C’était succulent. Cela vous dit un petit mezze avec moi, beau blond ? J’ai quelque chose de très important à te dire et à fêter, aussi. »
(à suivre...)
© 2007 Plum'
00:00 Publié dans Saveur Fraîche | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note




Commentaires
Une histoire qui commencera peut être...
Ecrit par : matheo | vendredi, 05 octobre 2007
Crois tu que de telles femmes existent encore ? Même pas dans les couvents !!
Il va devoir employer tout son charme, pour la "dècongeler". Elle n'attend peut être qu'une flamme !
Ecrit par : patriarch | vendredi, 05 octobre 2007
Il m'a fallu un peu de temps pour faire le lien entre les deux épisodes, mais c'est bon. Enfin, si j'ai bien compris, la dame du premier épisode, c'est celle du second, c'est ça m'dame ?!
Ecrit par : Miss Alfie | vendredi, 05 octobre 2007
Comme Miss Alfie, j'ai mis du temps à comprendre :-)
Prometteur, tout ça, surtout vu ce que tu as pu nous faire avec Allogène !
Ecrit par : Frenchmat | vendredi, 05 octobre 2007
un personnage feminin primesautier, qui croque la vie au naturel, sans complexe...
Ecrit par : lasidonie | vendredi, 05 octobre 2007
Mh moi ça me dit un resto libanais !
Je viens juste de voir le numéro 2 Plum'. Il y était ce matin ?
Bises. Bonne soirée !
Ecrit par : antigone | vendredi, 05 octobre 2007
A Mathéo : tu crois ?
A Patriarch : oh, Walter ! Il ne faut pas exagérer, non plus ! Il y a encore des femmes-enfants romantiques et un brin candides. Si, si, je t'assure.
A Alfie : vu comme c'est parti, je vais écrire la suite et si jamais c'est trop flou... ben j'aviserai...
A Frenchmat : en fait, je ne suis pas certaine que cela soit très compréhensible... pour le moment, en tous cas.
A Sido : sans complexe, je ne sais pas mais primesautière est sûrement le qualificatif qui lui convient le mieux. Du moins, pour le moment.
Bisous Sido et bonne soirée !
A Antigone : amatrice de cuisine orientale ? Eh bien moi aussi ! Voui, voui, ma belle, le texte est là depuis ce matin.
Gros becs et bonne soirée !
Ecrit par : Plum' | vendredi, 05 octobre 2007
On croyait que ce serait aigre doux...mais c'est frais...pour l'instant tout se passe bien...il lui "apporte des bonbons"...on attend la suite avec impatience. A la semaine prochaine.
Ecrit par : lucile et lucien | samedi, 06 octobre 2007
ha ça commençait là, ok.
quel destin leur réserves-tu à ces deux là ?
m'est idée que ce ne sera pas une happy end, ils n'ont pas les mêmes rêves...
Ecrit par : framboise | lundi, 08 octobre 2007
J"attends de lire le trois puis le quatre pour commenter .
Ecrit par : Christian | vendredi, 12 octobre 2007
A Lucile et Lucien : ... ne jamais se fier aux apparences...
A Framboise : je ne sais pas trop ce qui les attend mais, effectivement, j'imagine que ce ne sera pas plan-plan...
A Christian : bon ben moi j'ai déjà répondu au 4 alors rendez-vous au 5, lundi !
Ecrit par : Plum' | vendredi, 12 octobre 2007
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