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samedi, 01 mars 2008

Décrépitude

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Injustice que ce passage obligé à la vieillesse

Dégénérescence, incontinence, inappétence

Horrible deal de la faiblesse contre la sagesse

Intolérance, ignorance, indifférence, réticence

Renommés patriarches, vieillards, anciens, vieux

Catégorisés séniles, ancêtres, fossiles, croûlants

Tant de mots pour toutes celles et tous ceux

Qui ont contribués à l'histoire de notre présent

Et pourtant, que de charme désuet se dégage

Souvent de ces faciès si joliment chiffonnés

Les peines et les joies se lisent sur ces visages

Narrant une histoire vécue sur tant d'années

Qu'elle est douce cette joue à la peau de satin

Et encore si vifs ces yeux aux iris délavés

Par trop d'éclats de rire ou de chagrins

Et cette main qui tremble aux doigts déformés

Dans sa paume on y découvre une destinée entière

Des corps elle a caressé, des larmes elle a essuyé

Jeune, on y avait passé une alliance à l'annulaire

Elle a besogné, n'a pas toujours connu cette fragilité

Aujourd'hui, elle est constellée de brunes macules

Des sillons bleus la parcourent, tout en transparence

On y lit le chemin d'une vie qui, à présent, recule

On y voit le moment de bientôt tirer sa révérence...


 

© 2006 Plum'

jeudi, 28 février 2008

L'école assassine

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La froideur du carrelage sous ses genoux contraste avec la chaleur qui envahit son visage. Sa main gauche maintient sa chevelure ramassée contre sa nuque. Elle relève la tête, reprenant sa respiration par la bouche. Ses yeux pleurent et ses voies nasales sont obstruées. Un spasme la secoue à nouveau et, cette fois, c’est un liquide ambré qu’elle expulse avec violence. Les deux tasses d'expresso, ingérées il y a à peine dix minutes, n’auront pas la possibilité de fournir leur quota de caféine et d'alcaloïdes stimulants. Voila, c’est fini. Trois petites minutes ont suffi à ravager son visage. Elle tire la chasse et regarde l’intégralité de ce qui fut son petit déjeuner tourbillonner et disparaître comme le font les mauvais rêves au réveil. Elle se rince la bouche, s’asperge d’eau fraîche et se tamponne doucement les joues et la bouche à l’aide de la serviette éponge. L’odeur de l’assouplissant lui provoque un semblant de nausée qu’elle contrôle. Quoi qu'il en soit, son estomac est vide à présent et il lui semble avoir avalé de l’eau de Javel, tant son œsophage la brûle. Pourvu que sa mère n’ait rien entendu. Elle qui s’inquiète pour tout. Elle ouvre la porte des toilettes le plus doucement possible et essaie de gagner rapidement la salle de bain. En passant devant la cuisine, sa mère l’arrête, un torchon et une tasse à la main.

 

« - Tu as encore vomi.

- Non, répond-elle sans regarder sa mère.

- Cela fait quinze jours que cela dure, tu me crois sourde ? Deux semaines que tu vas rendre ton petit déjeuner dans le quart d’heure qui suit le moment où tu l’as terminé.

- Mais non maman, ce n’est rien. Ne t’inquiète pas.

- Tu es sûre que tu n’es pas enceinte ? Regarde-toi ! Tu es fatiguée, tu es pâle, tu as maigri, tu…

- Mais non, rassure-toi maman, je ne suis pas enceinte. Je suis seulement un peu crevée en ce moment, c’est tout.

- Mais tu viens d’avoir deux semaines de vacances !

- Peut-être bien que oui, et alors ? Il y a les examens à préparer, les devoirs, beaucoup de boulot. Je n’ai pas vraiment profité de mes vacances, tu sais. Mais ne sois pas inquiète, tout va bien. Cela va passer. »

 

Depuis la mort de son père, emporté il y a huit ans par la maladie de Parkinson, sa mère a pris ce que l’on appelle un coup de vieux. Elle n’a plus qu’elle, sa fille. Alors, elle la couve, l’entoure de bons sentiments, l’étouffe de ce trop-plein d’amour qui était sûrement la dose réservée à son père, lorsqu’il était encore en vie.

 

Elle s’engouffre dans la salle de bain et, armée d’un gros pinceau, entreprend de rattraper les dégâts. Mais c’est peine perdue. De grosses larmes coulent sur ses joues, ses mains tremblent et elle est bientôt prise de hoquets  et de gros sanglots. Elle augmente le volume de la radio et, assise sur le bord de la baignoire, tente de se reprendre. C’est vrai, elle ne veut plus aller en classe. C’est vrai, elle ne veut plus être en contact avec eux. C’est vrai, ils lui en font voir de toutes les couleurs. C’est vrai, aujourd’hui elle a peur. Hier matin, I. l’a menacée ouvertement. Il lui a fait des allusions sur ses jambes, sur ses fesses. Il lui a rappelée aussi qu’il fait de la boxe thaï depuis trois ans et qu’il a remporté les championnats régionaux, l’an dernier. Elle ne s’est pas laissée démonter. Elle est allée voir le proviseur afin de tout lui expliquer pendant la récréation. Mais il n’a pas bronché. Il lui a dit que ce n’étaient que des paroles destinées à la déstabiliser. Qu’il fallait qu’elle se montre forte et surtout plus intelligente que cette forte tête de I. Il lui a recommandée de ne pas céder à la panique. Lorsque ses cours se sont terminés, à dix-huit heures, elle avait peur. Elle a marché d’un pas rapide jusqu’à l’arrêt de bus et cela n’a pas loupé : I. et sa bande l’ont rattrapée, à cheval sur leurs scooters. Ils lui ont fait rater deux cars, comme cela, pour le plaisir. Et aucune des personnes présentes à l’arrêt n’a bougé. Alors oui, c’est vrai, elle ne veut plus aller à l’école.

 

Prise de bouffées de chaleur, elle ouvre en grand la fenêtre. Elle regarde le tilleul, dans la cour, qui commence à fleurir. Déjà… Elle entend le bruit des marteaux-piqueurs et des grues, un peu plus loin sur le boulevard, qui s’acharnent depuis deux ans à construire un nouveau centre commercial. Elle se dit que tout pourrait être tellement plus simple…

 

 

Jeudi, 28 février. 8 heures. Le journal de la rédaction présenté par Coralie DESCHAMPS.

« Une dépêche nous apprend le suicide par défenestration, suivi du décès de Mademoiselle Brigitte MULLER âgée de 42 ans.

Professeur de langues, Mademoiselle MULLER enseignait depuis sept ans dans un collège de la banlieue strasbourgeoise. L’établissement classé en ZEP a connu, ces dernières années, une recrudescence d’actes de violence et de vandalisme, souvent perpétrés par les élèves eux-mêmes.

Monsieur FLORENT, l’actuel directeur de l'établissement depuis deux ans, n’a pas souhaité répondre à nos questions.

Selon les collègues de Mademoiselle MULLER, cette dernière se sentait menacée par quelques-uns de ses élèves depuis quelques semaines. Il y a déjà trois mois, rappelez-vous, un professeur se voyait sauvagement agressé à la bombe lacrymogène par une mère d’élève qui n’avait pas accepté la retenue administrée à sa fille.

A l’heure où l’on reparle de cours d’instruction civique et de morale, de respect et de valeurs… »

 

 

 

© 2008 Plum'

lundi, 25 février 2008

Sémaphor(c)e

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A la veille de mes vingt ans, je me serais délectée d’histoires de galions chargés de trésor, de beaux capitaines et de pirates, cruels mais terriblement séduisants, sévissant dans l’Océan Indien. Quarantièmes Rugissants, Cinquantièmes Hurlants, naufrages, c’est sûrement là que je t’aurais voulu mutin et flibustier…


A la veille de mes trente ans, j’aurais rêvé de croisières autour du monde, à bord de prestigieux paquebots. Nous nous serions « habillés pour dîner », peut-être invités à la table du Commandant. Nous nous serions promenés, le soir, au clair des étoiles, sur le pont, main dans la main. C’est sûrement là que tu m’aurais demandée de t’épouser…


A la veille de mes quarante ans, je me serais contentée d’un périple en méditerranée, sur un voilier, avec deux ou trois couples d’amis, en toute convivialité. Ambiance adulte, amicale, bourgeoise, sportive, des maris au ventre bedonnant sécurisant, aux regains d’amour motivés par l’esprit de compétitivité virile, des femmes à l’apogée de leur beauté, chassant les rides à l’écran total et naviguant entre l’ « encore jeune » sans aucun cheveux blanc et la « déjà mature » aux seins refaits. Sans enfant, je me remettrais doucement de quinze années de « mal de mère ». C’est sûrement là que tu m’aurais regardée, redésirée…


A la veille de mes cinquante ans, je me serais accomodée d’un dériveur, juste toi et moi et l’océan. Une fois par an, pendant nos vacances aux Baléares, en Grèce, en Sicile, en Corse… Une matinée de liberté prise sans solde sur le journalier, des banalités échangées en souriant pour ne pas gâcher l’instant, trève des belligérances du quotidien. Après tout, cela ne doit pas être la mer à boire ! C’est sûrement là que tu m’aurais avouée que tu vibrais toujours, mais pour une autre, plus jeune…


A la veille de mes soixante ans, je me serais illustrée dans la maîtrise des régates en solitaire, à Concarneau. J’aurais été courtisée par de vieux loups de mer aux yeux brillants comme des phares. J’aurais sûrement abusé, pêché par vanité en essayant, séduction oblige, de prendre mon pied (marin évidemment). C’est sûrement là que j’aurais eu les yeux mouillés de larmes, en sentant les vents tourner et le vague à l’âme m’envahir à force de nager en eaux troubles…


A la veille de mes soixante-dix ans, j’aurais été invitée par de « vieux amis », de temps en temps, pendant la belle saison, à dîner sur des yachts amarrés au port de Menton. Quelques heures à baigner dans un confort luxueux, à tanguer entre les regrets de mes ratés et les satisfactions d’avoir, tout au long de ces épreuves, su éviter la noyade. C’est sûrement là que j’aurai regardé, avec la désinvolture dûe à mon âge, des femmes encore jeunes, chavirer dans les bulles de champagne…


A la veille de mes quatre-vingts ans, j’essaierais de m’éMERveiller encore et surtout de ne pas finir aMERe, jamais. C’est sûrement là que je tomberais malade, prise en otage par le plus cruel des écumeurs, j’ai nommé… ah, mais comment s’appelle-t-il déjà ? AlzheiMER, je crois…


A la veille de mes quatre-vingt-dix ans, j’aurais les yeux délavés, les mains tremblantes et l’esprit rongé par la souffrance. C’est sûrement là que je déciderais de faire mon ultime odyssée, enfin prête à rejoindre la petite sirène…

 

© 2006 Plum'

jeudi, 21 février 2008

Corbeille de fruits

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On m’a envoyée, via la magie du virtuel
Cette corbeille de fruits perpétuels
En réponse à un jeu-concours d’un blog ami
Je me suis retrouvée gagnante du premier prix


Corbeille de fruits, jolie, jolie, jolie
J’aime tes couleurs, J’aime tes odeurs
Corbeille de fruits, jolie, jolie, jolie
Un jour d’hiver plein de froideur
Quel gentil cadeau, merci !

Perdus dans la contemplation de ces merveilles
Y a des ananas, y a des litchis et des papayes
J’ai envie d’y goûter, je me sens saliver
L’eau à la bouche, c’est la faute au cliché

Je m’envole l’espace d’un moment, rien qu’un instant
Vers ces eaux turquoises, ces plages de sable blanc
De cette flore luxuriante et tous ces oiseaux
Je rêve en souriant, c’est à cause de la photo


On nous a donné un cœur pour qu’il cadence
Les pires et les meilleurs moments de notre existence
Derrière mon écran, au photographe je pense
A sa passion, sa sensibilité, son talent immense

Corbeille de fruits, jolie, jolie, jolie
J’aime tes couleurs, J’aime tes odeurs
Corbeille de fruits, jolie, jolie, jolie
Plaisir vitaminé, sucré et plein de douceurs
Bonjour et… bon appétit !

 

© 2008 Plum'

 

Merci à Louis-Paul FALLOT pour m'avoir offert cette photo. Il y a ceux qui s'expriment avec les mots, d'autres avec leur voix, d'autres encore avec leur corps et puis, il y a les photographes. Ceux-là savent nous offrir leurs yeux, le temps d'un cliché, l'espace d'un regard figé à tout jamais dans la magie de l'instant...

lundi, 18 février 2008

SoufFrance

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Cette nuit, Monsieur Armand est décédé rue Magenta, à la sortie du café « Les Bons Vivants ». Un peu plus éméché qu’à l’accoutumée, il a fait une mauvaise chute sur le bord du trottoir. Il ne laisse pas grand-chose derrière lui, si ce n’est Françoise, dite « Fanfan ».

Drôle de couple que ces deux-là réunis par les aléas de la vie, il y a plus de vingt-cinq ans. Ils se sont connus à une « soirée » organisée par les copains de la clôche, sous le pont Henri II, se sont disputés une cigarette, ont bien failli se taper dessus, ont réglé leur différend grâce à une bouteille de mousseux et ne se sont plus jamais quittés.

Fanfan, c’est un mètre cinquante-quatre de gentillesse personnifiée et quarante-trois kilos d’éclats de rire. Elle rit toute la journée Fanfan, elle rit quand cela va bien et même quand cela ne va pas. Fanfan dit que le rire est le propre de l’homme et qu’elle, du coup, est toujours rutilante. Fanfan et son sourire auquel il manque une canine, Fanfan et ses petites rides profondes aux coins de ses yeux toujours si tristes…

Tristes d’avoir perdu ses trois enfants dans un terrible accident de voiture, un jour de novembre 1974… Alors Fanfan a tout abandonné : son existence confortable, son mari à qui elle ne pouvait pardonner de s’en être sorti indemne, sa petite vie en pavillon, tout ce qu’elle affectionnait et qui la rassurait. Elle a changé de région, n’a pas trouvé de travail, a fait de très, très, très mauvaises rencontres dont sa joue droite en affiche à vie les séquelles et puis il y a eu Armand…

Armand et son chapeau melon, sa cravate trouée et son costume élimé jusqu’à la trame… Armand que tout le quartier appelait « Monsieur le Baron », s’il vous plait ! Armand et ses bonnes manières, son talent pour l’origami, son phrasé « grande classe » inimitable…

Armand a été le majordome de Monsieur et Madame de B… pendant trente-six ans, des années à servir le grâtin de la société, à écouter les confidences sans jamais les trahir. Monsieur de B… était un riche industriel, passionné par la peinture et la sculpture, quant à Madame, elle aimait l’opéra, la grande musique. Armand avait été initié, Armand était cultivé, Armand était un homme bien…

A l’ouverture du testament de Monsieur de B…, après sa mort, il y eut un énorme scandale : Armand héritait du mas près de Tarascon. Madame de B… et ses enfants s’y sont violemment opposés et Armand a préféré tout abandonné, offensé au plus profond de son cœur par les propos plus que désobligeants dont il venait de faire les frais et l'humiliation subie.

Armand et Fanfan, des oubliés de l’existence, sous-hommes et sous-femmes de la "France de tout en bas", que la vie a malmené plus violemment que d’autres. Ils ont erré, se sont cherchés, se sont trouvés, se sont réchauffés leurs âmes blessées, se sont protégés l’un et l’autre et finalement se sont aimés…

Ce matin, Fanfan est toute seule avec, dans la main, une rose faite en papier de journal. Une petite rose faite de mots relatant la politique, les faits divers… Ce matin, Fanfan a le sourire qui tremble et ses yeux sont noyés par les larmes qu’ils essaient de retenir. Ce matin, Fanfan regarde son drôle d’héritage : une otarie, un canard, un chat, une gitane et une rose…

Chefs-d’œuvre de patience et de papiers pliés, cadeaux précis et précieux, c’est tout l’amour d’Armand, de Monsieur le Baron, qu’elle tient dans sa main…

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© 2006 Plum'

dimanche, 17 février 2008

Bon dimanche à tous !

Si déjà je suis là, chez moi, à ne rien faire ou presque de mes journées, la moindre des choses est de me lever afin de vous préparer le brunch dominical. Rien ne vaut un bon petit déjeuner, en famille, entre amis et encore plus en hiver !

Alors, A TABLE !!!

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Régalez-vous, éclatez-vous et interdiction formelle de laisser une seule miette. Il manquerait plus que vous vous mettiez au régime.

Je vous souhaite à toutes et tous un excellent dimanche et vous embrasse bien fort.

 

Plum'

samedi, 16 février 2008

Breakdown

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Il y a quelque chose qui cloche. Je ne saurais pas le définir exactement mais je me sens différente. C’est un peu comme si une partie de moi était restée là-bas et que mon enveloppe, elle, était revenue.

 

Il y a quelque chose qui cloche. Un truc bizarre qui me fait presque me sentir étrangère en moi. Chez moi aussi, d’ailleurs. Rien n’a bougé pourtant, tout est à la même place. Chaque objet est rangé, positionné avec cette presque maniaquerie qu’ont les personnes en mal de repères. Mais je sens des odeurs différentes, j’entends des silences qui me cassent les oreilles. J’ai parfois l’impression qu’il va se passer un évènement terrible. Et, évidemment, rien n’arrive.

 

Il y a quelque chose qui cloche. Et plus je cherche une explication logique et structurée, plus j’ai la désagréable impression de partir dans une sorte de délire paranoïaque que me fait peur. Et si une part de tout ce qui faisait ma personnalité s’était perdue dans cette salle carrelée et froide ? Et si, mon bon de sortie en main, j’avais oublié un morceau de mon âme dans la chambre ?

 

Il y a quelque chose qui cloche. Plus aucune envie de lire, par exemple. Les mots passent devant mes yeux comme de l’air. Ils sont vides de sens et de couleurs. Ils ne veulent plus rien dire. Ils me semblent familiers mais ce n’est qu’une apparence. Je ne les comprends pas. Plus aucune envie de regarder un film, une émission. Là, c’est pareil. Cela parle ma langue mais j’ai l’impression de traduire et l’effort demandé me fatigue si vite qu’au bout de quelques minutes, je décroche. Je n’absorbe pas les mots naturellement. Ils glissent près de mes oreilles mais n’y pénètrent pas. Plus aucune envie d’écrire, non plus. Trop fatiguant. Pas d’idées ou alors que des choses tristes à mourir. Beurk ! Je ne veux pas avoir de traces écrites de cet état-là.

 

Il y a quelque chose qui cloche. Un sentiment de culpabilité terrible envers les autres qui bossent, envers les autres qui chôment, envers les autres qui sont gravement malades, envers ceux que j’ai déçus, envers ceux qui attendent de moi un signe, un sourire, un bon mot. Envers ceux qui espèrent que je leur ferai assez confiance pour me livrer. Mais comment expliquer ce qui m’arrive ? Comment traduire ceci ? Et puis, lorsque l’on me regarde, j’ai une mine superbe, reposée.

 

Il y a quelque chose qui cloche. Je ne me sens pas triste. Je ne me sens pas malade. Je ne me sens pas lasse. Je ne me sens pas dégoutée de quoi que ce soit. Mais je ne me sens pas vraiment en vie non plus. Je me sens vide et vidée. Pas d’envies mais pas d’idées noires. Pas de sourires mais pas de larmes. Pas de fatigue mais pas d’entrain.

 

Il y a quelque chose qui cloche. Je crois que je me suis perdue…

 

© 2008 Plum'

 

samedi, 02 février 2008

Alphabonbons

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Les friandes disent que l’Amour, c’est comme un berlingot : petit, coloré, sucré, il fait oublier le goût amer de la solitude…


Les friandes disent que la Bêtise ne vient pas toujours de Cambrai, malheureusement on peut la trouver partout…


Les friandes disent que les Caramels au beurre salé sont tendres comme des baisers échangés sous la pluie…


Les friandes disent que les Dragées sont un cœur d’amande pour les mariés et du sucre pastel pour les bébés…


Les friandes disent que les Epicuriens sont des princes dont le palais est un lieu de plaisir…


Les friandes disent que les Fruits confits sont du soleil sur les tables d’hiver…


Les friandes disent que les Galettes bretonnes permettaient aux druides de prédire l’avenir aux rois : doré et croustillant…


Les friandes disent que Halloween est la plus charmante des traditions…


Les friandes disent que l’Ice-cream est une crème de beauté dont le pot est une sorbetière…


Les friandes disent que la confiture de Jujube au matin « exotisera » la journée jusqu’à demain…


Les friandes disent que le Kouglof étouffe la belle-mère, sauf si avec thé ou café on le sert…


Les friandes disent que la Langue de chat fait ronronner d’aise la crème anglaise…


Les friandes disent que le Marron glacé permet de bien commencer l’année…


Les friandes disent que les fanas de Nougat ne seront jamais en retard à Montélimar…


Les friandes disent que le sucre d’Orge a le goût des sucettes d'antan de nos grands-mères…


Les friandes disent que la Papillotte parle d’amour de façon rigolote…


Les friandes disent que les jolies Quenottes doivent se méfier de tout ce que l’on vient de citer…


Les friandes disent que la Réglisse est le plus sombre des délices…


Les friandes disent que la Sucette est la récompense de la sagesse durant l’enfance…


Les friandes disent que la Tatin tiède est le dessert renversant des gourmands…


Les friandes disent que chaque confiserie à une saveur Unique


Les friandes disent que les bonbons à la Violette diffusent sur la langue une douce saveur désuette…

 

Les friandes disent… que les gourmandes et gourmands ont un vilain défaut mais que ne pas l’être est la pire des indigences !

 

 

© 2006 Plum'

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