mardi, 22 avril 2008

Paramour

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Je voudrais bien m’offrir un paramour mais ce qui me retient c’est le choix de sa forme.

Vous ne savez pas ce qu’est un paramour ? Ce n’est pas possible ! Vous n’en avez jamais entendu parler ? Là, j’ai franchement du mal à vous croire ! Vous ne savez même pas à quoi cela sert ??? J’espère que vous plaisantez ! Ou alors vous vous moquez de moi ! Non ? Je vais tenter de vous en expliquer l’usage et les différentes formes que l’on peut trouver sur le marché.

Le paramour a un usage de protection comme l’explique la première partie du mot : para.

Protection contre quoi, me direz-vous ? Vous l’avez deviné : contre l’amour.

Pourquoi se protéger de l’amour, vous demandez-vous ? N’est-ce pas ce qu’il y a de plus beau et de plus noble sur cette Terre ?

Je vous répondrai que c’est exactement comme le soleil. Certaines personnes, plus sensibles et plus fragiles que d’autres, ont besoin de se protéger des rayons sinon c’est le coup de soleil.

En amour, c’est pareil. Certains d’entre-nous, tous sexes confondus, ont besoin d’une protection efficace afin d’éviter le simple coup de coeur ou, carrément, le coup de foudre souvent à l’origine de coups de tête et se terminant d’ailleurs, en majorité, par un coup de déprime.

Les conséquences peuvent être désastreuses et mener les victimes à des coups de folie, voire des coups de sang.

J’ai donc décidé de prendre les devants en me préservant efficacement. Après tout, ne dit-on pas :

« mieux vaut prévenir que guérir » ou bien « la prudence est mère de tous les maux » ?

Je me suis renseignée sur les différentes formes de paramour et, à ma grande surprise, il en existe des tas à tous les prix. En voici quelques-uns afin de vous aider si vous décidez, vous aussi, un jour, de vous prémunir.

Les moins coûteux sont :

1) le pyjama en pilou, imprimé Mickey, qui se boutonne jusqu’en haut. C’est un modèle unisexe ayant l’avantage de présenter une version féminine sous forme de chemise de nuit (longueur mi-mollet) ou de liquette pour les hommes ayant besoin d’une forte protection tout en étant désireux de rester à l’aise.

2) pour les dames, la crème de nuit grasse reste une valeur sûre ainsi que le rouge à lèvre brillant et très rouge pour la journée (l’idéal étant d'en avoir sur les dents et de l’accompagner d’un fond de teint bien épais et faisant luire la peau). Ces articles sont disponibles dans les grands magasins aux rayons hygiène, sur l’étagère des tous premiers prix.

Viennent ensuite les paramours moyennes gammes, un peu plus chers, certes, mais que l’on peut cacher et présenter au moindre danger. En voici un petit échantillon :

1) le slip dit « kangourou » couvrant le bide pour les messieurs et la gaine « spécial ventre plat » couleur chair, de préférence, pour les dames.

2) le cigare est toujours bien placé chez les hommes (quoique un peu onéreux pour les connaisseurs). Chez les femmes, les aisselles et le maillot bien fournis ont toujours leurs irréductibles.

Nous terminerons ce tour des paramours avec les prix les plus élevés mais, sans aucun doute, les plus efficaces :

1) le stage en 15 leçons « comment ne pas me faire aimer ? » suivi d’un module de perfectionnement en cinq cours « je veux être le cauchemar de l’autre ». Un coach suit personnellement votre évolution jusqu’à l’obtention d’une sorte de diplôme.

2) la solution la plus dissuasive mais très onéreuse reste l’adoption de neuf chats, six chiens, quatre iguanes, un python, sept mygales, trois piranhas et quelques plantes carnivores dans un deux pièces de 45 m². Les personnes ayant choisi ce type de paramour sont toutes satisfaites du résultat à cent pour cent : personne n’a le courage de les aimer.

Le choix a été difficile mais j’ai opté pour le… ? Le… ? Allez, essayez de deviner ! J’ai choisi le… cigare ! Je me suis dit qu’en plus, en tant que femme, c’était le paramour idéal !

Eh bien vous ne me croirez jamais ! Je me suis rendue dans une boutique spécialisée très chère, très chic et… je crois bien que je suis tombée très amoureuse du petit vendeur qui s’est occupé de moi !

Trop bête !

Mais si bon…

© 2006 Plum'