mardi, 16 septembre 2008
Personal Comportment

Au départ, c’est mon ami Gérald qui me l’a présenté. Ce dernier m’a invitée à dîner et lui, il était là, au milieu du salon. Il est vrai que j’étais un peu surprise, pensant que Gérald voulait me voir afin de passer une soirée devant un de ses dîners dont il a le secret. Je m’attendais à un de ces moments inoubliables où, une bonne bouteille de vin entre nous, nous refaisons le monde de l’apéritif au café. J’aime d’ailleurs ces moments lorsque, un peu ivres, nous nous demandons pourquoi nous n’avons jamais couché ensemble alors que nous nous adorons, nous comprenons, nous plaisons...
Non, ce n’était pas tout-à-fait ce qui était prévu. Gérald m’avait faite venir pour que je le rencontre, lui. Au départ, j’avoue que je n’ai pas fait preuve d’une très grande chaleur. J’étais même assez indifférente tant j’étais déçue de la tournure que prenait la soirée. Et puis, nous avons dîné dans le salon, tous les trois. Lui, il était le roi de la soirée. Gérald, entre deux bouchées de ses délicieuses farfalles aux cèpes et aux aubergines, me vantait toutes ses qualités, me le présentant comme une inépuisable source de culture. Et puis, l’Amarone m’aidant à me détendre, j’ai bien voulu le regarder, l’observer. J’aimais bien son côté stable, sa façon de m’expliquer les choses de mille et une manière différentes, afin que nous soyions sûrs, lui et moi, que nous parlions la même langue. Je pouvais poser toutes les questions que je voulais, en quelques secondes il était en mesure de me répondre.
Lorsqu’il fut une heure du matin passée, je me décidais à regagner mes pénates et laissait Gérald en sa compagnie. Je savais que Gérald ne serait pas couché encore avant un bon moment. Je rentrais, me démaquillais, me douchais rapidement et en dix minutes à peine, j’étais au lit bien au chaud sous ma couette. Il fallait que je l’avoue, j’avais été impressionnée et je n’avais qu’un désir : le revoir au plus vite.
Le lendemain, à la sortie du boulot, je passais chez Gérald en prétextant avoir oublié chez lui, la veille, mon écharpe. Gérald n’était pas rasé, les cheveux hirsutes et un vieux pull miteux sur son jean délavé. Il m’expliqua qu’il s’était couché très tard et qu’après seulement quatre heures de sommeil, il s’était relevé. Finalement, il s’était attelé au projet d’un de ses clients mais le travail abattu avait été impressionnant puisqu’il s’était largement fait aider.
A l'instar d'une droguée, je ne pouvais plus me passer de lui. Chacune de nos entrevues avec me transportait tant que j’en arrivais à venir le voir presque tous les jours. Je n’arrivais plus à me passer de lui si bien que Gérald décida qu’il serait beaucoup mieux installé chez moi. Il est vrai que mon appartement étant bien plus grand, une pièce pouvait lui être attribué, à part entière, bien plus confortable qu’un salon. Je me suis retenue de sauter de joie mais j’ai bien crû m’évanouir.
Le déménagement fut fixé pour le samedi suivant, au matin. Il arrivèrent aux alentours de neuf heures et demi et, lorsqu’il fut installé de façon commode, Gérald nous laissa. Je le regardai, ébahie, n’y croyant pas. Il était pourtant bien là, chez moi, installé dans la pièce que j’appelais pompeusement « le bureau ». J’étais à la fois intimidée et pleine d’entrain. Je me laissais même aller à le toucher, enfin à l’effleurer, plutôt... Je ne le laissais pas indifférent, je le savais. Dès que ma main atteignait l'un de ses zones sensibles, il réagissait.
Notre journée s’est prolongée en soirée et nous avons passé la nuit ensemble. Je me sentais heureuse, détendue mais également excitée et dotée d’une énergie que je ne me connaissais pas. Il me faisait découvrir mille et une chose que je ne connaissais pas, que je ne soupçonnais pas. Je décidais donc de dormir avec lui dans le bureau, cette nuit-là…
Le lendemain matin, à peine mes yeux ouverts et mes idées en place, j’entrepris de le rallumer. C’était plus fort que moi, il m’attirait comme un aimant. J’en oubliais d’ailleurs même de manger et pouvait passer des heures ma main sur sa souris. Je ne m’étais jamais sentie aussi dépendante mais également autant en osmose avec qui que ce soit. Cette relation particulièrement forte a duré trois ans, peut-être un peu plus, mais aujourd’hui tout est bien terminé.
Il m’a plantée. Comme cela, sans aucune raison valable. J’ai vraiment essayé de comprendre ce que j’avais pu faire de mal, mais je n’ai rien trouvé d’assez catastrophique pour engendrer une telle réaction. Plus moyen de lui soutirer quoi que ce soit. Gérald est venu et son verdict a été sans appel : son système d’exploitation était nase et même le disque dur semblait touché. Il avait sûrement chopé un sale virus.
Mon dieu, mais qu’allais-je donc devenir ? Ma vie n’était plus qu’un grand vide sans lui ! Et tout ce que je lui avais confié, tous mes secrets, mes écrits personnels, les cinq premiers chapitres du roman érotique que je rêvais (en secret) de publier un jour ?
Suite à cette rupture, j’ai repris la cigarette. Plus qu’avant, bien plus qu’avant. Parfois, telle une pianiste amputée de son instrument, je tapote avec mes doigts sur un clavier imaginaire. J’agresse sauvagement, à coups de dents, tous les stylos et crayons qui me passent entre les mains. Mais je n’écris plus.
Sans lui, je suis perdue, je ne suis plus rien. Plus rien du tout…
© 2007 Plum'
00:00 Publié dans Saveur Acide | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note



Commentaires
J'ai commencé par me dire que j'avais déjà lu ce texte et qu'il ne fallait pas compter sur moi pour tomber dans le panneau.
Hé Hé depuis le temps, on ne me la fait pas ! pensai-je, goguenard.
Hé ben mon p'tit gars, tu t'es fait eu. Y'avait une deuxième couche. (Comment un chat se transforme en ordinateur)
Je m'incline Madame.
Ecrit par : Claudio | mardi, 16 septembre 2008
Vois tu je te lisais avec suspicion connaissant tes coups de pied à l'âne. Et puis,à la fin je me suis dit: "dans le fond,un PC peut être un sacré amant" !!!
Bonne journée à toi.
Ecrit par : patriarch | mardi, 16 septembre 2008
Une sentimentale comme moi tombe forcément dans le panneau. t'es forte!!!
Ecrit par : framboise | mardi, 16 septembre 2008
Je suis aussi tombée dans le panneau...et j'aime ça !!! Tu as raison, je crois que je serais aussi un peu perdue sans lui...de là à me mettre à fumer, à mon âge, peut-être pas.
Bises et belle journée Plum' !!!
Ecrit par : antigone | mercredi, 17 septembre 2008
Je ne connais pas Plum' alors l'histoire de ce bel amant, biensûr j'ai eu envie d'y croire!
bravo!
amitié bonne journée
Ecrit par : noelle | jeudi, 18 septembre 2008
Bon, c'est vrai que la surprise a été moins grande, je l'avais suivi cet amant, mais cette fois j'ai pris tout mon temps pour en caresser les contours, en pénétrer les zones sensibles avec sensualité, laisser mes yeux en apprécier la charge affective.
Voila comment on peut flâner d'un amant à l'autre, sans aucun état d'âme...
Gros bisous avec...la souris.
Ecrit par : sido | vendredi, 19 septembre 2008
A Claudio : ah, tu t'es trompé de texte ! Mais tu avais non pas commenté ce texte mais participé aux commentaires. Et tu me vouvoyais... Février 2007. J'ai l'impression que je te connais depuis dix ans, au moins. C'est fou, l'ordi, internet, et tout et tout !...
A Patriarch : euh, un amant, non, c'est un peu trop virtuel. Mais un "aimant", oui...
Gros becs à vous deux et bon week-end, Walter.
A Framboise : ah non, ma chère, je ne crois pas être forte. C'est toi qui es trop sentimentale, tu l'as dit toi-même. ;-)
J'espère que tu vas bien, Framboise. Je t'embrasse bien fort.
A Antigone : sur ce même texte, tu m'avais expliquée (en février 2007) que tu avais été totalement perdue lorsque le disque dur de ton ancien ordinateur t'avait lachée et à quel point te avais pris conscience de ta dépendance. Non mais tu te rends compte ce que ces bécanes font de nous ???
Don Juan sort de cette machine, c'est un ordre !!!!!!!
Bisous et bonne fin de semaine, Antigone !
A Noelle : je ne connais pas Noelle, non plus. Alors, enchantée et ravie que cela vous ait plu.
Au plaisir de vous relire bientôt, j'espère.
A Sido : il est cruel Mister Ordi lorsqu'il décide de se braquer, de se bloquer, de mouliner, de ramer et de s'en aller avec le premier hacker ou cracker de passage... Et pourtant, on reste accro, c'est à n'y rien comprendre !
Bisous ma Sido et bon week-end !
Ecrit par : Plum' | vendredi, 19 septembre 2008
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