samedi, 20 septembre 2008

Le refrain d'un cabotin

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J’ai volé mon âme à un clown parce que tant qu’à vivre ici, sur cette Terre de tarés, autant se marrer avant de mourir, se gondoler comme l’acrobate que je suis devenu, piquer et éperonner des pointes à pitres, tel est mon destin...

J’ai volé mon âme à un clown parce que je songe à être un singe qui donne le change, assis et bien calé au fond de mon siège mais dont la parole s’envole et vous surprend, comme une farce, en pleine face, telle est votre fatalité…

J’ai volé mon âme à un clown triste parce qu’artiste trompettiste dont le grimage défaitiste twiste avec le fatal futal de son costume customisé de roses irisées en velours rasé, je veux être, mesdames, l’auteur sans arme de vos larmes, telle est votre fortune…

J’ai volé mon âme à un clown nul parce que je voulais être une fois dans ma vie le bouffon qui bouffera et boira comme un trou sans fond en venant parasiter vos petites soirées conformistes, être l’équilibriste sans filet de vos folies bourgeoises, un petit tour de piste et puis s’en va, telle est mon existence…

Aujourd’hui, je regrette d’avoir volé mon âme à un clown car d’amuseur amusé je suis devenu l'amuseur amusé l’abuseur abusé comme si un vilain rhume me bouchait les sinus et me rendait minus sans tonus aux accords nasillards, dans un corps de vieillard braillard.

Ainsi s’en va ma vie…

 

© 2007 Plum'

Ce texte est le résultat de la trente-huitième consigne de Paroles Plurielles.
Il nous a été demandé d'écrire un texte s'inspirant de la chanson de Hubert-Félix Thiéfaine : "Confessions d'un never-been". L'incipit (la première phrase) devait obligatoirement être : "j'ai volé mon âme à un clown"...
Nous avions le droit (et le devoir) d’aller dans le décalé, le déjanté, le farfelu, l’hermétique…

Commentaires

Vrai plaisir à lire ce texte (musical) à débusquer les allitérations et les astuces.
Je le lisais sur un ton rauque. J'imaginais Borhinger le lire.
Puis, tu parles de Thiéfaine.
Je ne le connais que de nom. Aussi j'ai cherché à écouter cette chanson. C'est fait. Et vraiment, on est dedans.

On va croire que tu me payes, mais je m'en fiche, je te complimente encore.

Ecrit par : Claudio | samedi, 20 septembre 2008

C'est amusant à lire...et c'est un compliment ! Bises Plum' et bon week-end !

Ecrit par : antigone | samedi, 20 septembre 2008

Pour déjanté c'est réussi, pour l'écriture aussi. Quant au fond c'est bien connu, il n'y a que les naïfs ou les imbéciles pour croire un clown heureux ! Le rire est un habit de lumière, pour pauvre hère.
Bises sans rire, Plum'.

Ecrit par : sido | mardi, 23 septembre 2008

En tout cas, toi tu ne manques pas de tonus, et tu fais danser ton texte, j'en réécouterais bien un p'tit bout!!!
Bises

Ecrit par : framboise | mardi, 23 septembre 2008

A Claudio : je ne suis pas fan de Thiéfaine et j'ai beaucoup de mal à rentrer dans son univers. Lorsque j'ai écrit ce texte, je pensais plutôt à Jacques Higelin.
Quant aux compliments, moi aussi je m'en fiche de ce que les autres pensent. Alors, tu peux continuer... ;-)

A Antigone : mais je ne le prenais pas autrement, ma chère !
Bisous et bon mercredi, Antigone !

A Sido : les clowns me font peur, leur grimage, ce sourire trop grand, ils m'ont toujours mise mal à l'aise.
Gros bisous très sérieux, ma Sido !

A Framboise : te revoilà, toi ! C'est une visite qui me fait très plaisir.
Grosses bises, Framboise, et bonne journée à toi !

Ecrit par : Plum' | mardi, 23 septembre 2008

J'avais loupé ce clown, quel clown je fais !!!

Excuses moi !! Bises !

Ecrit par : patriarch | mercredi, 24 septembre 2008

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