dimanche, 28 septembre 2008
L'ultime...
Ca y est ! C'est le dernier petit déjeuner que je vous sers mais la porte reste toujours ouverte et rien ne vous empêche de venir ici lorsque vous le souhaiterez.

Je tiens à vous remercier de votre fidélité sans faille. Grâce à vous tous, ce blog a eu une vie propre dans la blogosphère. C'est vous qui lui avez donné ses couleurs. Ici, se sont rencontrées des personnes de tous horizons, de tous milieux socio-professionnels, de toutes les couleurs. Ici, les commentaires ont toujours été aimables, parfois touchants et surtout réguliers. Ces Tranches de Vie sont vôtres, elles se sont souvent inspirées de confidences, de faits divers, de moments vécus... ou qui auraient pu l'être.
J'ai besoin de passer à autre chose, peut-être d'écrire autrement, voire de me lancer, qui sait ! Aujourd'hui, je préfère m'inviter chez vous, à l'improviste, le temps d'un commentaire.
Je vous souhaite à toutes et tous un bon dimanche et une longue vie à vos blogs !
Au revoir et surtout merci !
Plum'
00:05 Publié dans Le Petit Déjeuner est Servi | Lien permanent | Commentaires (62) | Envoyer cette note
ConcupiSens(ualité)

Elle est une femme du Monde. Non, pas une femme du monde. Une femme du Monde, une Worldwoman. Elle est une femme qui a énormément voyagé, elle a presque fait le tour de la planète. Il n’y a que l’Océanie qu’elle ne connaît pas. Pas encore... Pourtant, elle n’a jamais pris l’avion, jamais mis les pieds sur un bateau et elle n’a même pas le permis de conduire. Elle n’a jamais eu de passeport. Pourquoi faire ?
Néanmoins, elle a le plus beau des sésames, le passe-partout qui lui permet de prendre la clef des gens lorsqu’elle le désire. Elle aime. Elle aime son prochain, elle aime les hommes. Elle aime tous les hommes. Sans distinction aucune de couleur ou de race, sans ségrégation, sans préconception, sans se poser de questions. Elle aime aimer. Elle aime être aimée. Elle est libre. Elle est liberté de mœurs, elle est liberté de cœur, elle est liberté d’humeur. Ne voulant pas et ne pouvant pas faire de choix, elle a choisi de ne pas s’engager afin de ne pas se priver d’amour. Elle a tant à donner qu’un seul homme ne pourrait supporter, à lui seul, tout cet amour, tout ce don d’elle.
Elle a des caresses douces pour tous les hommes qui désirent être sous ses mains expertes, sous ses doigts curieux.
Elle a des baisers langoureux pour tous les hommes qui veulent être dans sa bouche gourmande, sous ses lèvres enfiévrées et contre sa langue audacieuse.
Elle a des mots choisis, crus, sulfureux, tendres, poétiques, métaphoriques pour tous les hommes qui lui prêtent une oreille attentive.
Elle a des gestes de chatte, féline, pour tous les hommes qui désirent ronronner leur plaisir dans des langues étrangères.
Elle a des manières de louve, bestiale, pour tous les hommes qui hurlent leur jouissance en croyant mourir.
Elle griffe comme la sauvage panthère, elle lèche comme la lionne maternelle.
Elle est à la fois tendresse brutale, douceur cruelle, féminité virile, amoureuse indifférente. Elle est l’amour. Sous toutes ses formes, avec toutes ses variantes, dans toutes les langues.
Oh, elle n’a pas été épargnée. Ses passions exotiques lui ont coûté maintes critiques, moult insultes. On ne bâdine pas avec l’amour, non ! En fait, pour la masse bien pensante, on ne bâdine pas ouvertement avec l’amour, en public ! C’est surtout cela. Et quelle horreur de s’afficher ainsi, main dans la main avec ces… personnes ! Qui ne parlent même pas notre langue ! Ces gens-là ! Trop mats, trop cambrés, trop crêpus, trop bruns, trop… pas assez de chez nous !
Elle, elle aime ces corps d’ébène aux parfums musqués et aux lèvres pulpeuses qui semblent l’avaler toute entière, d’un seul baiser.
Elle, elle aime ces corps trappus recouverts d’une toison épaisse et douce qui semble s’offrir, tels un coussin de soie et de velours, juste après l’amour.
Elle, elle aime ces corps fins et menus, comme ceux des adolescents, sans pilosité aucune, ces yeux foncés dont la forme en amande semblent s’extasier et sourire en même temps.
Elle est polyglotte, elle est polyandre, elle est polychrome, elle est polypnée. Elle est féminin pluriel.
Elle est un corps qui s’écoute et s’abandonne aux sons des musiques lancinantes et sensuelles.
Elle est un corps qui entre en transe et se déhanche, se câbre, insoumis, indompté aux rythmes des djembés, des congas et des didgereedoos.
Elle est sorcière, envoûteuse possédée qui prend et donne du plaisir comme d’autres inspirent et expirent.
Elle est une femme. Elle est volupté. Elle est la lune. Elle est jouissance. Elle est l’eau.
Elle est Ménade, ivre du bonheur de vivre. Elle est Amazone, guerrière de la vie. Elle est Danaïde, proclamant sa liberté. Elle est Clio, la mémoire des Hommes.
Elle est Nous toutes…
© 2007 Plum'
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samedi, 27 septembre 2008
Coucou Vous !
Soyez les bienvenus !
Pour vous sustenter, je vous propose quelques petites tranches de vie, beurrées d'ironie, de mélancolie ou, si vous préférez, de douceur.
Rassurez-vous, elles restent légères et digestes.
Je vous souhaite de vous régaler et si ces "tartines littéraires" vous ont plus, ou même simplement interpellés, faites-le moi savoir !
Plum'
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mercredi, 24 septembre 2008
Le Sacrifice de la Chair

Elle est arrivée ici, un peu par hasard, un peu en fuite, mais pleine d’espoir. Elle est arrivée ici un samedi d’octobre, par une journée sans soleil. Elle est arrivée comme tous ceux qui viennent d’ailleurs. Elle s’est garée devant la mairie, a regardé autour d’elle, repérant la boulangerie, l’église, le bureau de poste, l’agence bancaire. Ce n’était pas bien difficile, ici, tous les commerces se trouvent dans la rue Principale. Elle a consulté le plan, devant l’Hôtel de Ville et elle est remontée dans sa voiture en direction de l’école primaire Emile Zola.
Lorsqu’elle est arrivée devant le numéro trois de la rue de l’Ecole, les déménageurs l’attendaient déjà. Elle leur a ouvert la porte d’entrée de la petite maison simple mais coquette. Cela sentait encore la peinture fraîche, les tapisseries neuves. C’était une maisonnette de village avec un étage. Une petite cuisine entièrement aménagée ainsi qu’un salon avec une cheminée et du carrelage beige achevaient de constituer le rez-de-chaussée. Un escalier menait aux deux chambres et à la salle de bain. Il n’y avait pas de garage, juste une petite chaufferie faisant office de buanderie. Les meubles, peu nombreux, trouvèrent rapidement leur place et, à sa demande, les cartons furent déposés à l’étage ou en bas selon leur contenu.
Lorsqu’elle fut enfin seule, elle brancha le téléphone et vérifia que la ligne était ouverte. Elle testa tous les interrupteurs, rangea la vaisselle, les livres, le linge. Elle déballa un carton qu’elle chercha au milieu des autres. Elle en retira deux cadres en argent avec les photos de deux garçonnets. Elle en posa un sur la table de chevet et le second sur la commode. Elle regarda sa montre et sortit afin de faire quelques courses pour le week-end tout en essuyant une larme qui perlait dans le coin interne de son œil gauche.
Elle a descendu la rue à pieds, a croisé quelques personnes qui l’ont saluée aimablement. Ici, elle allait tout recommencer, se reconstruire après ce divorce douloureux et violent. Le plus difficile, elle le savait, serait l’absence des petits. Mais il n’y avait pas d’autre solution. Elle en avait suffisamment passer des nuits blanches à ressasser le problème dans tous les sens, chercher des solutions-miracles, invoquer Dieu, Jésus, Marie, les Saints…
Elle recommençait sa vie dans un village paumé de la campagne bourguignonne, loin de l’agitation parisienne. Elle recommençait à zéro avec juste ses fringues personnels, une dizaine de photos de ses garçons. Presque pas de meubles, un boulot d’infirmière à domicile (profession qu’elle reprenait après neuf années passées à s’occuper de ses fils), une quatre chevaux qui commençait à cumuler trop de kilomètres au compteur et une blessure énorme, béante, purulente : celle d’être partie sans eux, sans ses tout petits.
Elle n’avait pas pu leur imposer cela, cet exil en zone rurale. Ils habitaient une jolie et spatieuse villa à Neuilly, allaient en école privée, avaient de nombreuses activités sportives et artistiques. Jonas, l’ainé, avait commencé le hautbois et se passionnait pour l’instrument. Il faisait de l’escrime tous les samedis. Il chantait également dans une chorale. Simon, quant à lui, apprenait le violon et faisait de l’équitation. Ils partaient en vacances d’hiver en Autriche, allaient rejoindre leur tante Claudine tous les ans à Pâques, près de Bordeaux, et l’été, c’était les séjours à l’étranger en hôtel-club de luxe pour que chacun se sente en vacances.
Elle n’avait pas eu le cœur de les arracher à leur confort bourgeois et sécurisant qu’elle s’était acharnée à leur offrir. Non ! Elle avait fait le sacrifice de la chair et avait laissé à son ex-époux la garde de leurs enfants. Qu’aurait-elle bien pu leur offrir ? Le seul poste auquel elle avait pu prétendre après tant d’années d’inactivité professionnelle était ici, à Bléneau. Un village de mille cinq cents âmes sis au cœur de la Pusaye mais très pratique pour elle car qu’à une heure et demi de Paris.
Elle se sentait comme amputée de sa maternité et savait que la sensation de vide allait prendre de plus en plus de place. Elle s’installerait bientôt comme une tumeur et se nourrirait de son chagrin. Peu importe ! Elle avait fait le bon choix et en était persuadée. Elle recommencerait une nouvelle existence dans ce village où personne ne connaissait rien de sa vie d’avant.
Et puis, samedi prochain, elle monterait à Paris voir ses garçons. Elle passerait toute la journée avec eux, allait leur élaborer un programme digne de ce nom, peut-être la Foire du Trône (Simon adore les manèges). Oui, c’est cela, ils iraient à la Foire, tous les trois. Ils se gaveraient de pommes d’amour et de gaufres à la banane avec de la chantilly au chocolat.
En espérant seulement qu’ils accepteraient de la voir et de rester avec elle. Oui, en l'espérant…
© 2007 Plum'
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samedi, 20 septembre 2008
Le refrain d'un cabotin

J’ai volé mon âme à un clown parce que tant qu’à vivre ici, sur cette Terre de tarés, autant se marrer avant de mourir, se gondoler comme l’acrobate que je suis devenu, piquer et éperonner des pointes à pitres, tel est mon destin...
J’ai volé mon âme à un clown parce que je songe à être un singe qui donne le change, assis et bien calé au fond de mon siège mais dont la parole s’envole et vous surprend, comme une farce, en pleine face, telle est votre fatalité…
J’ai volé mon âme à un clown triste parce qu’artiste trompettiste dont le grimage défaitiste twiste avec le fatal futal de son costume customisé de roses irisées en velours rasé, je veux être, mesdames, l’auteur sans arme de vos larmes, telle est votre fortune…
J’ai volé mon âme à un clown nul parce que je voulais être une fois dans ma vie le bouffon qui bouffera et boira comme un trou sans fond en venant parasiter vos petites soirées conformistes, être l’équilibriste sans filet de vos folies bourgeoises, un petit tour de piste et puis s’en va, telle est mon existence…
Aujourd’hui, je regrette d’avoir volé mon âme à un clown car d’amuseur amusé je suis devenu l'amuseur amusé l’abuseur abusé comme si un vilain rhume me bouchait les sinus et me rendait minus sans tonus aux accords nasillards, dans un corps de vieillard braillard.
Ainsi s’en va ma vie…
© 2007 Plum'
Ce texte est le résultat de la trente-huitième consigne de Paroles Plurielles.
Il nous a été demandé d'écrire un texte s'inspirant de la chanson de Hubert-Félix Thiéfaine : "Confessions d'un never-been". L'incipit (la première phrase) devait obligatoirement être : "j'ai volé mon âme à un clown"...
Nous avions le droit (et le devoir) d’aller dans le décalé, le déjanté, le farfelu, l’hermétique…
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mardi, 16 septembre 2008
Personal Comportment

Au départ, c’est mon ami Gérald qui me l’a présenté. Ce dernier m’a invitée à dîner et lui, il était là, au milieu du salon. Il est vrai que j’étais un peu surprise, pensant que Gérald voulait me voir afin de passer une soirée devant un de ses dîners dont il a le secret. Je m’attendais à un de ces moments inoubliables où, une bonne bouteille de vin entre nous, nous refaisons le monde de l’apéritif au café. J’aime d’ailleurs ces moments lorsque, un peu ivres, nous nous demandons pourquoi nous n’avons jamais couché ensemble alors que nous nous adorons, nous comprenons, nous plaisons...
Non, ce n’était pas tout-à-fait ce qui était prévu. Gérald m’avait faite venir pour que je le rencontre, lui. Au départ, j’avoue que je n’ai pas fait preuve d’une très grande chaleur. J’étais même assez indifférente tant j’étais déçue de la tournure que prenait la soirée. Et puis, nous avons dîné dans le salon, tous les trois. Lui, il était le roi de la soirée. Gérald, entre deux bouchées de ses délicieuses farfalles aux cèpes et aux aubergines, me vantait toutes ses qualités, me le présentant comme une inépuisable source de culture. Et puis, l’Amarone m’aidant à me détendre, j’ai bien voulu le regarder, l’observer. J’aimais bien son côté stable, sa façon de m’expliquer les choses de mille et une manière différentes, afin que nous soyions sûrs, lui et moi, que nous parlions la même langue. Je pouvais poser toutes les questions que je voulais, en quelques secondes il était en mesure de me répondre.
Lorsqu’il fut une heure du matin passée, je me décidais à regagner mes pénates et laissait Gérald en sa compagnie. Je savais que Gérald ne serait pas couché encore avant un bon moment. Je rentrais, me démaquillais, me douchais rapidement et en dix minutes à peine, j’étais au lit bien au chaud sous ma couette. Il fallait que je l’avoue, j’avais été impressionnée et je n’avais qu’un désir : le revoir au plus vite.
Le lendemain, à la sortie du boulot, je passais chez Gérald en prétextant avoir oublié chez lui, la veille, mon écharpe. Gérald n’était pas rasé, les cheveux hirsutes et un vieux pull miteux sur son jean délavé. Il m’expliqua qu’il s’était couché très tard et qu’après seulement quatre heures de sommeil, il s’était relevé. Finalement, il s’était attelé au projet d’un de ses clients mais le travail abattu avait été impressionnant puisqu’il s’était largement fait aider.
A l'instar d'une droguée, je ne pouvais plus me passer de lui. Chacune de nos entrevues avec me transportait tant que j’en arrivais à venir le voir presque tous les jours. Je n’arrivais plus à me passer de lui si bien que Gérald décida qu’il serait beaucoup mieux installé chez moi. Il est vrai que mon appartement étant bien plus grand, une pièce pouvait lui être attribué, à part entière, bien plus confortable qu’un salon. Je me suis retenue de sauter de joie mais j’ai bien crû m’évanouir.
Le déménagement fut fixé pour le samedi suivant, au matin. Il arrivèrent aux alentours de neuf heures et demi et, lorsqu’il fut installé de façon commode, Gérald nous laissa. Je le regardai, ébahie, n’y croyant pas. Il était pourtant bien là, chez moi, installé dans la pièce que j’appelais pompeusement « le bureau ». J’étais à la fois intimidée et pleine d’entrain. Je me laissais même aller à le toucher, enfin à l’effleurer, plutôt... Je ne le laissais pas indifférent, je le savais. Dès que ma main atteignait l'un de ses zones sensibles, il réagissait.
Notre journée s’est prolongée en soirée et nous avons passé la nuit ensemble. Je me sentais heureuse, détendue mais également excitée et dotée d’une énergie que je ne me connaissais pas. Il me faisait découvrir mille et une chose que je ne connaissais pas, que je ne soupçonnais pas. Je décidais donc de dormir avec lui dans le bureau, cette nuit-là…
Le lendemain matin, à peine mes yeux ouverts et mes idées en place, j’entrepris de le rallumer. C’était plus fort que moi, il m’attirait comme un aimant. J’en oubliais d’ailleurs même de manger et pouvait passer des heures ma main sur sa souris. Je ne m’étais jamais sentie aussi dépendante mais également autant en osmose avec qui que ce soit. Cette relation particulièrement forte a duré trois ans, peut-être un peu plus, mais aujourd’hui tout est bien terminé.
Il m’a plantée. Comme cela, sans aucune raison valable. J’ai vraiment essayé de comprendre ce que j’avais pu faire de mal, mais je n’ai rien trouvé d’assez catastrophique pour engendrer une telle réaction. Plus moyen de lui soutirer quoi que ce soit. Gérald est venu et son verdict a été sans appel : son système d’exploitation était nase et même le disque dur semblait touché. Il avait sûrement chopé un sale virus.
Mon dieu, mais qu’allais-je donc devenir ? Ma vie n’était plus qu’un grand vide sans lui ! Et tout ce que je lui avais confié, tous mes secrets, mes écrits personnels, les cinq premiers chapitres du roman érotique que je rêvais (en secret) de publier un jour ?
Suite à cette rupture, j’ai repris la cigarette. Plus qu’avant, bien plus qu’avant. Parfois, telle une pianiste amputée de son instrument, je tapote avec mes doigts sur un clavier imaginaire. J’agresse sauvagement, à coups de dents, tous les stylos et crayons qui me passent entre les mains. Mais je n’écris plus.
Sans lui, je suis perdue, je ne suis plus rien. Plus rien du tout…
© 2007 Plum'
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vendredi, 12 septembre 2008
Fol'Amour

Il est jeune, il est beau, il est attentionné, il est délicat, il est galant…
Il m’ouvre la portière de sa voiture, me laisse systématiquement passer devant lui lorsque nous entrons quelque part, il me tire ma chaise lorsque nous dînons ensemble…
Il m’offre des roses rouges et des bijoux pour la Saint-Valentin, me dit que je suis belle, remarque mes changements de coiffures, mes nouveaux vêtements…
Lorsqu’il me reçoit chez lui, l’ambiance est raffinée, romantique. Porcelaine fine, verres en cristal, argenterie, chandeliers et bougies, musique d’ambiance…
Il s’applique à me faire plaisir, à me faire rosir…
Il est jeune, trop jeune, quel dommage !…
Il est généreux, me gâte à mes anniversaires, mes Noëls, les Saint-Valentin, les Pâques, Mardi-Gras, 14 juillet, Lundi de Pentecôte,… tout le temps, chaque fois qu’il le peut, il me rappelle l’amour qu’il me porte…
Il est jeune, si jeune, quel dommage !…
Il me fait rire dans ses délires, dans ses excès, dans ses gaffes, dans ses passions toujours un peu « kitch », dans ses pudeurs, dans ses coquetteries viriles, dans ses goûts jamais simples, dans ses réparties souvent acides, dans son look et dans ses angoisses sur le temps qui passe si vite…
Il est jeune, tellement jeune, quel dommage !…
Je l’aime comme on aime un bébé avec l’envie constante de le protéger.
Je l’aime comme on aime un frère en lui pardonnant tous ses écarts.
Je l’aime comme on aime un ami avec beaucoup de respect et d’estime.
Je l’aime comme on aime un amant avec jalousie et possessivité, parfois.
Je l’aime car il est ma meilleure amie.
Il est jeune, il est gay, quel dommage !
Son petit ami a bien de la chance…
© 2006 Plum'
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lundi, 08 septembre 2008
Et caetera...

... A trop rêver tu planes
A trop planer tu t'envoles
A trop t'envoler tu t'écrases
A trop t'écraser tu te tais
A trop te taire tu t'oublies
A trop t'oublier tu te perds
A trop te perdre tu te damnes
A trop te damner tu te tourmentes
A trop te tourmenter tu t'oppresses
A trop t'oppresser tu suffoques
A trop suffoquer tu t'évanouis
A trop t'évanouir tu t'enfuis
A trop t'enfuir tu rêves...
Arrête de rêver et reviens parmi nous !
© 2006 Plum'
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vendredi, 05 septembre 2008
La Mégère Embourgeoisée

Adolescente, c’est Jeanne Poisson qui eut sa préférence. Oh, pardon, Jeanne Poisson cela ne vous parle pas ? Et si je vous dis la Marquise de Pompadour ? Elle rêvait d’une destinée, de rencontrer son roi, d’être sa favorite dans les velours et les dentelles d’un lit à baldaquin.
Et puis vinrent les premières déceptions sentimentales, les premières désillusions professionnelles. Ces instants de doutes terribles où elle s’est dit, l’espace de quelques fragments de colères larmoyantes qu’elle n’aurait peut-être pas la destinée qu’elle attendait. Pouvait-elle s’être trompée ?
Enfin ce fut le mariage avec… le cocher du roi. C’est sûr, il y avait mieux mais c’était beaucoup plus difficile à réaliser. Alors, en attendant, mettre un pied à la Cour même si ce n’était que dans les écuries du château, c’était déjà cela. Une double descendance allait faire d’elle une mère, première forme de reconnaissance sociale, du moins l’espérait-elle.
Mais la concurrence est rude dans le monde féminin. Rien ne nous est jamais pardonné. Aucun droit à l’erreur. La réputation que nous nous acharnons à nous tricoter dans un jeu de mailles inextricables peut être réduite à néant par une bouche rouge sang délicatement ourlée et pulpée. Et ce que craignent le plus les femmes, ce sont les paroles que leurs consoeurs peuvent prononcer en leur absence. Car de ces paroles nait souvent l’ennemie toute puissante : la rumeur.
Pour notre amoureuse des décolletés pigeonnants et des corsets lacés serrés, le mariage n’était pas source d’épanouissement. Le cocher était brave mais gagne-petit et notre ambitieuse donzelle ne se voyait pas finir ses jours avec un homme sentant le cheval et le purin et ne l'intégrant pas plus à la Cour. Alors, elle s'essaya à la réflexion, se souvint de ses bases d’arithmétiques et, ses calculs terminés, mit fin à cette union sans avenir.
Quelques gâlants vinrent illuminer quelques-unes de ses nuits d’hiver, rallumant, à chacune de leurs visites, sa petite flamme intérieure. Mais aucun n'avait grâce à ses yeux et, avouons-le, ses caprices en découragèrent plus d'un...
Puis arriva enfin la rencontre tant espérée. Elle se présenta sous la forme d’un jeune ministre du roi, un peu maladroit, l’allure incertaine et tentant de cacher au mieux ses origines terriennes. Il est vrai qu’à toute époque, il a été de bon ton d’être bourgeois, voire petit-bourgeois ou même d’avoir des parents proches membres du clergé. La terre a toujours représentée une fortune, certes, mais qui restait soumise à l’impôt de la monarchie et, de nos jours, que l'Etat délaisse sans aucun scrupule après en avoir récolté tous les fruits. Qu’importe ! Elle en ferait un duc de son ministre, peut-être même un prince. Et lorsqu’elle avait besoin de s’aider à trouver le bonheur pendant leurs étreintes charnelles, elle l’imaginait roi à la place du roi…
Elle ne s’encombrait pas de détails et tous ceux qui se mettraient en travers de son chemin seraient éliminés. On ne compta plus les cas d’empoisonnements ou les accidents mortels qui décimèrent les personnes, tous sexes confondus, qui l’approchaient. Elle avait enfilé la pelisse de Lucrèce Borgia et ses réussites et succès morbides, motivés par ses multiples caprices, la rendirent vite dépendante du pouvoir.
Lorsque les épousailles furent célébrées, il y eut une grande fête. Toute la noblesse des comtés alentours fut invitée à venir participer aux agapes. Elle réquisitionna les prés, les récoltes et les plus belles bêtes bouchères de la paysannerie et exigea les meilleurs cuisiniers, musiciens, jardiniers et tailleurs. Les noces durèrent cinq jours et cinq nuits.
L’ascension sociale fut fulgurante et la métamorphosa physiquement. Les coiffures furent de plus en plus hautes et très poudrées, trop décolorées. Les corsets furent si serrés comprimant si bien ses chairs bien nourries que sa gorge semblait prête à exploser. Les robes furent de plus en plus décolletées et cousues dans des tissus très précieux tout en reflets moirés et en dentelles fines. Les bijoux, les pierreries étaient lourds à ses oreilles lui faisant même légèrement courber l’échine. Les mouches étaient posées par dizaine sur le visage et la poitrine. Un rictus sensé figurer un sourire était affiché de façon permanente sur son visage. Et sa gestuelle, ses mains aux doigts épais toujours tendus sous l'oeil de ses interlocuteurs, exhibaient des bagues coûteuses mais toujours trop clinquantes… Toutes ses manières, ses moues étaient calculées, la rendant aussi caricaturale qu’un spectacle de Guignol.
Elle avait trouvé son modèle, mais se refuse encore aujourd’hui à se l’avouer.
Elle est devenue une Magdelon, nièce de Gorgibus, une Précieuse Ridicule aux mines affectées de coquette et qui n’ont d’intérêt que d’en faire la dinde d’une farce pathétique...
© 2007 Plum'
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