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<title>Tranches 2 Vie - saveur_aigre-douce</title>
<description>... Les Tartines de Plum'...</description>
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<lastBuildDate>Sun, 28 Sep 2008 00:18:49 +0200</lastBuildDate>
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<title>Bad Trip</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Plum&amp;#039;)</author>
<category>Saveur Aigre-Douce</category>
<pubDate>Wed, 27 Aug 2008 00:00:00 +0200</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://tranches2vie.hautetfort.com/media/00/01/1121249927.jpg&quot; alt=&quot;bon-voyage.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-1212957&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J’adore les voyages, visiter des contrées lointaines, aller à la rencontre des autochtones, m’immerger totalement dans un mode de vie tellement différent de celui dans lequel je baigne mais en même temps tellement similaire car toujours humain, malgré tout.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mon premier périple, je l’ai fait à dix-sept ans avec François, un étudiant en histoire de l’Art. Nous sommes partis tous les deux, cet été-là, à New-York. Une folie&amp;nbsp;! Officiellement, pour mes parents, je partais avec Pat, ma meilleure copine de l’époque, rejoindre sa famille qui campait dans le Lavandou. J’ai travaillé pendant un an et demi tous les samedis et durant toutes les vacances scolaires sur les marchés. Je vendais de la bonneterie, ce n’était pas triste. Dès que je le pouvais, je faisais du baby-sitting en soirées. Finalement, j’ai amassé de quoi me payer un billet d’avion aller-retour et en revendant quelques fripes, j’avais un peu d’argent pour subvenir à mes besoins. J’avais écrit en avance des cartes postales à la pelle que ma copine Pat avait ramenées l’année précédente et il lui a suffi de les envoyer pendant tout le mois d’août de cette année-là. Mes parents n’en ont jamais rien su…&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Deux ans après, je partais pour le Mali avec une association humanitaire dont je faisais partie. Nous sommes allés construire une structure en dur afin de pouvoir héberger correctement d’autres associations qui devaient bâtir, six mois après notre passage, une école dans le village car les enfants faisaient des trajets quotidiens à pieds d’une douzaine de kilomètres. Cela a été une expérience sensationnelle sur le plan humain.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J’ai trouvé un job à Londres où j’ai vécu trois ans. J’en garde des souvenirs de beuveries le samedi soir et des conversations sans fin avec mes amis Kyle et Eileen.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Un jour, alors que j’étais en vacances en Espagne, j’ai rencontré un type fantastiquement beau, source inépuisable de culture avec qui j’allais, un an plus tard, me marier. Militaire de carrière, sa profession nous a faits bouger dans toute la France ainsi que dans les dom-tom. Il m’a fait deux beaux enfants, ce qui m’a assagie pendant quelques temps. Mais dès que ces derniers ont pris leur indépendance, j’ai été à nouveau reprise par cet appel impérieux d’aller voir ailleurs ce qui se passe.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Hervé, mon époux, n’a pas apprécié. Lui, il voulait se poser, acheter une maison à nous, pour nous, s’installer, avoir des petits-enfants, leur faire une cabane, les regarder grandir, me regarder vieillir… J’ai demandé le divorce. Il n’a pas apprécié. J’ai expliqué mon besoin de liberté, d’espace. J’ai tenté de lui faire comprendre que la Patagonie, la Tasmanie, l’Ouzbekistan, l’Islande, le Suriname et tout ce que je n’avais pas encore vu m’attendaient. Il ne pouvait pas me détenir dans une petite vie bourgeoise et sans intérêt. J’avais accompli mon devoir de femme, d’épouse. J’avais fait des enfants, je les avais élevés avec ces bon vieux principes judéo-chrétiens si chers à la société et maintenant ils travaillaient, payaient leurs impôts, accédaient à la propriété… J’avais rempli mon contrat. A lui de remplir le sien en m’offrant la vie dont je rêvais. Il n’a rien voulu savoir et m’a traitée de «&amp;nbsp;&lt;em&gt;vieille folle réac&lt;/em&gt; ». Alors, je lui ai dit que je partirai. Dès le lendemain.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Lorsque&amp;nbsp;je me suis réveillée, j’étais attachée et baillonnée dans la cave. Mon crâne n’était qu’une atroce douleur et j’avais un goût de sang dans la bouche. Lorsqu’il est descendu me voir, je ne l’ai pas tout-de-suite reconnu. Il avait enfilé son pantalon de treillis et un tee-shirt de l’armée. Il était là, debout devant moi, immense. Il m’a retirée le baillon et dans le mouvement, j’ai bien cru que ma tête allait exploser.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;«&amp;nbsp;- Et maintenant&amp;nbsp;? Qu’est-ce que tu vas faire&amp;nbsp;? Où vas-tu aller, hein&amp;nbsp;? Tu ne la ramènes pas, que se passe-t-il, ma «&amp;nbsp;&lt;em&gt;chérie&lt;/em&gt;&amp;nbsp;» ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Hervé, détache-moi s’il te plait.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Parce qu’en plus, tu te crois en position de me donner des ordres&amp;nbsp;? Mais tu te prends pour qui, exactement ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Chéri, c’est un malentendu. Tu t’es laissé emporté, tu t’es énervé. Ce n’est pas grave, mais détache-moi s’il te plait. J’ai mal aux bras, j’ai soif et j’ai mal à la tête.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Bien-sûr&amp;nbsp;! Je vais te détacher et puis toi tu vas te barrer pour aller faire ton petit tour du monde pendant que moi je croupirai en taule&amp;nbsp;! T’en as pas marre de me prendre pour un con&amp;nbsp;? Vingt ans que cela dure et que j’écrase. Je pense que maintenant j’ai peut-être mon mot à dire, non ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Chéri, je…&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Ferme-la !!! Maintenant on va faire un peu ce que moi je veux, ok&amp;nbsp;? Réponds-moi&amp;nbsp;! Ok ??? »&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Comme je tardais à répondre une violente gifle manqua m’assommer. Hervé était devenu fou, complètement fou. Et moi, j’allais peut-être mourir ici sans que personne ne se rende compte de ma disparition avant… Oh, mon dieu&amp;nbsp;! Quelle horreur&amp;nbsp;! Je sentais les larmes me couler sur le visage, chaudes, brûlantes. Surtout ne pas pleurer. Garder mon calme. Inspirer doucement par le nez et expirer lentement par la bouche. Et retenir ces affreux hoquets.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Hervé s’accroupit et me secoua violemment.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;«&amp;nbsp;- Tu pleures ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Non…&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Chérie, tu pleures ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Non, je ne pleure pas.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Pourquoi pleures-tu, mon amour&amp;nbsp;? Dis-moi… »&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il me secouait de plus en plus fort et mes bras attachés derrière mon dos devenaient de plus en plus douloureux.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;«&amp;nbsp;- Qu’est-ce qui t’arrive&amp;nbsp;? Pourquoi tu pleures&amp;nbsp;? Réponds-moi, s’il te plait. »&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il me caressa les cheveux ce qui eut pour effet de me faire hurler. Il allait me tuer, il allait m’assassiner, cacher mon corps, l’enterrer dans la cave, bétonner le sol. Il dirait aux enfants que je suis partie faire le tour du monde, que je les avais abandonnés tous les trois. Il serait une victime et je passerai pour la…&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;«&amp;nbsp;- Chérie&amp;nbsp;? Chérie, ça va&amp;nbsp;? CHERIE&amp;nbsp;! Réveille-toi&amp;nbsp;! C’est un cauchemar, mon amour&amp;nbsp;! Réveille-toi !!!&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Qu’est-ce qu… ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Tu as fait un mauvais rêve, tu pleurais, tu suppliais. Chérie, d’où me reviens-tu, dis-moi&amp;nbsp;? Depuis que nous avons décidé de faire cette croisière tu n’es plus la même. Tu es nerveuse, tu dors mal. Un mot de toi et j’annule tout, mon cœur.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Non, non, ça va. C’est mon premier rendez-vous avec le monde, mon premier grand voyage. Je ne veux surtout pas le louper… »&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;© 2007 Plum&lt;/em&gt;'&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Arabesques</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Plum&amp;#039;)</author>
<category>Saveur Aigre-Douce</category>
<pubDate>Tue, 19 Aug 2008 00:00:00 +0200</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://tranches2vie.hautetfort.com/media/02/00/1812118945.jpg&quot; alt=&quot;544757766.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-1212939&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;Elle a la peau couleur de caramel&lt;br /&gt; Et les senteurs de la fleur d’oranger&lt;br /&gt; Elle a le regard de la frêle gazelle&lt;br /&gt; Prunelles velours, iris mordorés&lt;br /&gt; Ses plus beaux atours sont sa chevelure&lt;br /&gt; De soie aux efflûves de muscade&lt;br /&gt; Doucement ils caressent sa cambrure&lt;br /&gt; De leurs boucles chutant en cascade&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;Les bracelets à ses fines chevilles&lt;br /&gt; S’entrelacent en maillons dorées&lt;br /&gt; Les anneaux à ses poignets graciles&lt;br /&gt; Tintent à chaque note enlevée&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;Elle s’est cachée sous tous ses voiles&lt;br /&gt; Sa silhouette est comme momifiée&lt;br /&gt; Dans ses yeux brillent des étoiles&lt;br /&gt; Sur ses mains, des dentelles de hennée&lt;br /&gt; Ses hanches rondes tournent lascives&lt;br /&gt; Elle ouvre ses bras sur son ventre nu&lt;br /&gt; Elle s’offre en esclave, en captive&lt;br /&gt; La cuisse ronde et l’épaule ingénue&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;Ses mains s’envolent en arabesques&lt;br /&gt; Aux sons des darbukas, des tambours&lt;br /&gt; Elle s’abandonne et devient Mauresque&lt;br /&gt; Fille de l’Orient, enfant de l’amour&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;La musique s’est emportée puis s’est tue&lt;br /&gt; Elle git au sol, toute en opalescence voilée&lt;br /&gt; Son corps est brillant de sueur, courbattu&lt;br /&gt; Elle a le souffle court, les muscles fatigués&lt;br /&gt; Ses yeux de biche se lèvent doucement&lt;br /&gt; Son regard en amande affronte le public&lt;br /&gt; Enfin s’élèvent des applaudissements&lt;br /&gt; Suivis de cris et bientôt de suppliques&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;Elle se relève, la petite danseuse orientale&lt;br /&gt; S’enroule pudiquement dans son tchador&lt;br /&gt; Il y a encore juste un instant femme fatale&lt;br /&gt; Elle redevient «&amp;nbsp;l’Arabe&amp;nbsp;»&amp;nbsp;dès sa sortie dehors&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;© 2007 Plum&lt;/em&gt;'&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Atterrissage</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Plum&amp;#039;)</author>
<category>Saveur Aigre-Douce</category>
<pubDate>Mon, 28 Jul 2008 00:04:00 +0200</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1130391&quot; src=&quot;http://tranches2vie.hautetfort.com/media/02/01/730752949.jpg&quot; alt=&quot;y1piFv0750uK7fj6a83h2MscCktJj5Swt4PT7tCxDcllJKMhp3ZO1Re382dkfjiJl7sI_siHpj7CaI.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1130391&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;... Elle n'est là que pour lui&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;Lui, veut qu'elle soit là pour eux&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;... Elle est là parce qu'elle l'a voulu&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;Il y a bien longtemps...&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;Parce qu'elle y a cru&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;... En lui&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;Parce qu'elle a cru&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;Qu'ils seraient heureux&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;... Pour la vie&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;Aussi...&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;Parce qu'elle n'imaginait pas&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;Oh non, jamais !&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;Que ce serait ainsi&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;Parce qu'elle en était sûre,&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;Elle, elle saurait faire mieux&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;Que sa maman, que ses amies...&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;... Et aujourd'hui&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;Elle atterrit...&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;Eh oui !...&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;... Pauvre petite fille...&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;© 2006 Plum&lt;/em&gt;'&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Un taxi nommé... &quot;Désir&quot;</title>
<link>http://tranches2vie.hautetfort.com/archive/2008/07/08/un-taxi-nomme-desir.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Plum&amp;#039;)</author>
<category>Saveur Aigre-Douce</category>
<pubDate>Tue, 08 Jul 2008 00:03:00 +0200</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://tranches2vie.hautetfort.com/media/02/00/1270873434.jpg&quot; alt=&quot;taxi_handicap.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1110590&quot; name=&quot;media-1110590&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Six heures du matin. Marine sort de la petite résidence, le visage presque caché par la grosse écharpe de laine multicolore. De la buée s’échappe par ses narines&amp;nbsp;: aujourd’hui il fait un froid de canard&amp;nbsp;! Elle traverse le parking éclairé par les réverbères au design contemporain et télécommande l’ouverture automatique des portes de son véhicule ainsi que la désactivation de l’alarme. Le «&amp;nbsp;clac&amp;nbsp;» caractéristique et l’appel des phares font apparaître son mini-bus comme un gros utilitaire docile et bien domestiqué.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Marine, un mètre soixante-deux, grimpe dans ce qui semble être une «&amp;nbsp;voiture pour géant ». Elle allume le chauffage, met un CD dans le lecteur et démarre doucement. Le véhicule ronfle puis ronronne, fait marche arrière et sort de l’enceinte du lotissement. Quelques kilomètres l’amènent devant la maison de Bastien. Sa maman l’attend sur le trottoir, en robe de chambre, l’enfant à ses côtés. Marine se gare, salue le petit et sa mère, et aide cette dernière à hisser Bastien dans le car de ramassage. Quelques bisous, des au-revoir de la main et Marine repart. Prochain arrêt chez Léo, juste avant la sortie du village. Même scénario que pour Bastien, sauf, qu’en plus, la maman de Léo tend à Marine des petits gâteaux de Noël encore «&amp;nbsp;tous frais d’hier soir ». Et le ramassage continue pour chercher Sarah, Gwenn, Farid, Clorinthe, Violaine, Anabelle, Tristan et Abel. Encore une dizaine de minutes et les gamins seront tous arrivés à bon port. Quelques cris, des caprices, des sourires endormis, des yeux qu’on frotte, des grognements, les yeux de Marine font des va-et-vient entre la route et le rétroviseur afin de s’assurer que tout se passe bien chez ses protégés.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;A huit heures moins dix elle pénètre dans l’enceinte de l’école. Madame Van Goeth, la directrice, accompagnée de monsieur Frison, le concierge, viennent à sa rencontre. Les fauteuils roulants, chargés de leurs jeunes propriétaires,&amp;nbsp;sont décrochés et sortis doucement de la camionnette jusque dans la cour de récréation.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Marine leur souhaite à tous une bonne journée et leur promet de revenir les chercher plus tard. Quelques mains se lèvent en un salut maladroit, des visages inclinés aux sourires figés et bavant, laissent parfois s’échapper un «&amp;nbsp;Ma-ïne&amp;nbsp;» à la sonorité trop aigüe. Elle remonte dans son van, démarre et prend la direction de la maison de retraite des Pierres Bleues. Aujourd’hui, c’est une dure journée qui s’interrompra de treize heures trente à seize heures puis reprendra jusqu’à vingt heures trente.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Elle adore son métier de taxi-ambulancière, Marine. Elle qui n’a pas toujours eu une vie facile aime ce qu’elle fait. Cette impression d’être enfin utile, cette sensation de remplir sa vie, d’enrichir peut-être aussi celle d'autrui, cette formidable intuition, perception de l’autre qui semble s’être développée au point que parler s’avère complètement inutile.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Marine et ses beaux yeux pers qui lui valent toujours un certain succès auprès de la gent masculine. Ses yeux ont remplacé sa voix lorsqu’elle est avec «&amp;nbsp;ses enfants ». Violaine, par exemple, est toujours à l’affût de son regard. Parfois elle cherche le compliment tellement valorisant sur sa tenue vestimentaire, d’autres fois elle provoquera, se rebellera, cherchera le conflit jouant l’œillade insolente, le coup d’œil agressif. Marine connaît Violaine comme Violaine connaît Marine. C’est presque devenu comme un jeu entre elles. Qui craquera la première, cédera, s’avouera vaincue&amp;nbsp;? Et lorsque le mini-bus arrive dans son quartier, tout près de sa maison, l’œil de Violaine redevient velours tout doux. Demain elle recommencera, et les jours suivants aussi, ce dialogue muet mais tellement criant, défiant l’autorité de Marine, souffrant à sa façon cette terrible injustice de ne pas pouvoir marcher, ni parler. L’insupportable fardeau de ne pas être comme les autres, d’être différente…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Maintes fois Marine a soutenu ce regard pour lui expliquer comment elle la trouvait jolie dans sa différence et, à certains moments, elle y est arrivé. Une ébauche de sourire sur le visage de l’enfant laissait transparaître la sérénité, la satisfaction. Mais Marine a un secret que Violaine ne connaît pas et dont elle est loin de se douter. Marine est amoureuse d’Anatole, le papa de Violaine.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Anatole… cœur brisé en mille morceaux à la naissance de Violaine. Un accouchement difficile, une éclampsie fatale à la jeune maman, des séquelles irrémédiables pour le bébé, Anatole a vu sa vie basculer dans un horrible cauchemar éveillé en quelques heures. Et aujourd’hui, cette jolie rouquine pleine de joie de vivre et d’humour rallume une flamme qu’il a cru éteinte à tout jamais.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Et Violaine voit son papa s’ouvrir à la vie. Et Violaine, spectatrice silencieuse, regarde la chaleur amoureuse envahir sa maison. Des rideaux que l’on change, un Anatole qui siffle en préparant le petit-déjeuner, une garde-robe qui s’améliore, un Anatole qui la chatouille, la taquine comme lorsqu’elle était toute petite, un bouquet de fleurs fraîches sur la table de la cuisine, un Anatole qui ne l’oblige plus à manger sa purée de carottes… Un Anatole qui téléphone, qui sourit et rit, un papa amoureux…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;© 2007 Plum&lt;/em&gt;'&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Craqûre</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Plum&amp;#039;)</author>
<category>Saveur Aigre-Douce</category>
<pubDate>Fri, 04 Jul 2008 00:00:00 +0200</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://tranches2vie.hautetfort.com/media/00/00/27299330.jpg&quot; alt=&quot;coeur brisé.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1099610&quot; name=&quot;media-1099610&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;Un jour, tu m’as sourie, rappelle-moi&lt;br /&gt; Lèvres entrouvertes sur dents de loup&lt;br /&gt; Un jour, tu m’as regardée, souviens-moi&lt;br /&gt; Paupières décloses sur iris topaze&lt;br /&gt; Un jour, tu m’as parlée, remémore-moi&lt;br /&gt; Voix chaude et grave et douce&lt;br /&gt; Un jour, tu m’as touchée, remembre-moi&lt;br /&gt; Main curieuse et bouche avide sur peau de pêche&lt;br /&gt; Un jour, tu m’as possédée, évoque-moi&lt;br /&gt; Draps froissés, mouillés, soupirs haletés&lt;br /&gt; Un jour, tu m’as aimée, pense à moi&lt;br /&gt; Promesses et serments sous la lune échangés&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;Demain, tu m’as quittée, je le savais déjà&lt;br /&gt; Lèvres serrées, yeux fuyants, voix muette&lt;br /&gt; Hier, tu me laisseras, je le devinerai encore&lt;br /&gt; Mains absentes, draps froids, promesses éventées&lt;br /&gt; Tes silences raisonnent dans mon cœur&lt;br /&gt; Tes gestes avortés brûlent mon corps&lt;br /&gt; Je te prénomme «&amp;nbsp;mon Etranger Familier »&lt;br /&gt; Quand toi tu te révèles être «&amp;nbsp;l’Intime Inconnu »&lt;br /&gt; Je découvre et apprends le langage de ton verso&lt;br /&gt; A mon insu, mes yeux continuent le dialogue&lt;br /&gt; Et mes mains et ma peau et mon âme&lt;br /&gt; Comme ils (&lt;em&gt;s&lt;/em&gt;)ont mal sans toi !&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;Un jour, tu m’as émue…&lt;br /&gt; Ce jour, tu (&lt;em&gt;m’&lt;/em&gt;)as rompu(&lt;em&gt;e&lt;/em&gt;)…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;© 2007 Plum&lt;/em&gt;'&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Vire... tu oses !</title>
<link>http://tranches2vie.hautetfort.com/archive/2008/06/28/vire-tu-oses.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Plum&amp;#039;)</author>
<category>Saveur Aigre-Douce</category>
<pubDate>Sat, 28 Jun 2008 00:00:00 +0200</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1078936&quot; src=&quot;http://tranches2vie.hautetfort.com/media/01/01/305494117.jpg&quot; alt=&quot;27.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1078936&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Ses doigts parcourent avec nonchalance le clavier du piano. L’air absent, il enchaîne les morceaux, passant du jazz à la variété, de la variété au blues, mais sans jamais quitter le style langoureux et cool qui se prête aux lieux de ce genre. A cette heure de la soirée, les quidams commencent à affluer. Ils sortent du cinéma, du restaurant, accompagnés ou pas, certains sont clients du palace, tous cherchent un endroit anonyme pour se détendre, prendre un dernier verre ou même préluder, en charmante compagnie, à la nuit toute proche pleine de promesses…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Huit ans qu’il joue du Sinatra, Platters, Armstrong, Brel, Barbara et autres, engoncé dans un smoking impeccable, une rose rouge à la boutonnière. Huit ans déjà qu’il observe ces femmes trop fardées, aux mouvements maniérés, aux vêtements chics et chers, aux rires de gorge et aux regards un brin provocants. Huit ans déjà qu’il assiste au manège de tous ces types dont la gestuelle indique ce pour quoi ils sont venus. Un milieu de noctambules aux désirs ardents et inavouables mais tamisés par la moquette épaisse et l’éclairage adouci. Un lieu de rencontres, de passages, de rencontres passagères propice aux confidences entre deux verres de whisky pur malt douze ans d’âge, entre deux coupes de champagne millésimé.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Il est celui que l’on ne voit pas, il n’est qu’une paire de mains sur des touches bicolores. Il fait partie intégrante du demi queue noir, comme le frère siamois de l’instrument. Les pourboires tombent dans la coupelle d’argent posée sur le piano et les «&amp;nbsp;bonsoirs et bonne nuit&amp;nbsp;» sont adressés sans regard pour le pianiste. C’est sûrement cette transparence forcée qui lui est la plus difficile à supporter.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Lui, il rêvait de concerts, de tournées, de fans hystériques, de jeux de lumières. Il voulait enflammer des stades, faire pleurer des jeunes filles, porter des vêtements déchirés, être sexy dans la sueur, les cheveux libres et sans véritable coupe… Il aurait tant voulu faire du rock’n’roll comme Jerry Lee Lewis. Avoir une vraie relation d’amour avec son instrument, maltraiter le clavier pour que le piano livre, à travers la douleur de ses doigts, le meilleur de lui-même. Malheureusement, il faut croire qu’il n’était pas assez talentueux pour être reconnu.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Pourtant, il s’était présenté, à une époque, à tous les casting auxquels il pouvait se rendre. Il avait même failli faire une tournée avec David Bowie, au début des années quatre-vingt, mais on lui avait préféré un Australien qui avait déjà fait des remplacements chez les Rolling Stones. Il lui avait alors fallu se rendre à l’évidence&amp;nbsp;: le rock ne voulait pas de lui.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Depuis, il donnait des cours de piano classique à des mômes aussi motivés par le solfège qu’ils pouvaient l’être pour les épinards du vendredi à leur cantine scolaire. Mais les parents s’acharnaient à les martyriser, à croire que jouer du piano ou du violon allaient faire de leur progéniture de futurs médecins, avocats ou autres politiciens.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Il subissait la frustration de ne pouvoir partager sa passion avec personne. Les femmes ayant traversé sa vie avaient toutes été séduites par le musicien mais leur histoire avaient duré le temps d’un trille et puis adieu. Elles ne comprenaient pas l'exaltation, l'enthousiasme qui le liaient à son piano, alors elles lui faisaient de véritables scènes de jalousie et finissaient par claquer la porte, la valise à la main dans un style Rossinien très «&amp;nbsp;tragédie-lyrique ».&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Mais aujourd’hui, il était bien décidé à reprendre sa vie en mains. Demain, il irait s’acheter une guitare et il prendrait des cours, tranquillement, chez son vieil ami gitan Lény.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Peut-être un jour saura-t-il en jouer comme Django…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;© 2006 Plum&lt;/em&gt;'&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>ReMort</title>
<link>http://tranches2vie.hautetfort.com/archive/2008/06/06/remort.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Plum&amp;#039;)</author>
<category>Saveur Aigre-Douce</category>
<pubDate>Fri, 06 Jun 2008 00:00:00 +0200</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://tranches2vie.hautetfort.com/media/02/00/675830179.jpg&quot; alt=&quot;corot19.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1053533&quot; name=&quot;media-1053533&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Je m’appelle Emma et j’ai soixante-dix-neuf ans, bientôt quatre-vingts. Je ne pense pas que je fêterai ma huitième décennie, mon état de santé étant au plus mal. Je ne peux plus marcher depuis déjà huit ans, suis dans l'incapacité de parler de manière cohérente depuis deux ans et aujourd’hui il m'est impossible de me servir de mes membres supérieurs. Il n’y a que mon esprit qui soit encore en bon état.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Alors, je passe mes journées à me souvenir, à me remémorer ma vie et ses moments de joie, ma vie et ses malheurs.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Malheurs…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Pour moi, il n’y en a eu qu’un, mais qui m’a empoisonné l’existence tous les jours, depuis ce 19 septembre 1942… Un malheur dont on ne peut pas parler, qu’on ne peut pas confesser et qui vous ronge l’âme à chaque réveil, toutes les secondes, à chacune de vos inspirations…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;J’ai rencontré Jürgen en novembre 1941, pendant la guerre. Il était soldat, avait vingt-deux ans et moi, j’affichais mes quinze printemps passés avec l’insolence liée à cet âge-là. Jürgen était beau, intelligent et parlait un français impeccable. Il avait étudié les beaux-arts à Paris, avant la guerre. Il aimait la nature, la musique, la littérature et bien-entendu, la peinture. Nous nous sommes rencontrés lors d’une exposition sur le mouvement impressionniste, alors que nous étions en admiration devant l’émotion et la perfection que dégageait une huile de Camille Corot intitulée «&amp;nbsp;La Lettre ». Nous nous sommes revus, en cachette de tous, nous nous sommes aimés clandestinement, puis nous avons été contraints et forcés de nous quitter, il a été rappelé en Allemagne.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Mon cœur a saigné longtemps pendant que mon ventre s’arrondissait. Bien évidemment, j’étais devenue la honte de ma famille et la paria de mon quartier. J’étais devenue l’Infréquentable, la Mauvaise Fille, la Catin&amp;nbsp;! Mon père ne m’a plus jamais adressé la parole jusqu’à sa mort.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;J’ai accouché, le 19 septembre 1942 à sept heures vingt, de faux jumeaux (un garçon et une fille) dans un hospice tenu par des bonnes sœurs. Je n’ai pas eu le droit de voir les bébés, ils m’ont été retirés du ventre, de ma vue et de ma vie dans le même temps. Ma vie d’après ressemble à un trou, dans un cimetière. Une sorte de vide qui attendait que la mort le remplisse. Je pense même que je suis déjà morte une première fois, ce jour-là...&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Je me suis mariée et je n’ai jamais eu d’autres enfants. J'ai toujours été persuadée que c’était une punition divine pour m’empêcher d’oublier les jumeaux…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Comme si j'avais pu les effacer de ma mémoire !...&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Je suis tombée malade voilà treize ans maintenant. Après des mois, des années même d’hospitalisation, mon mari a fini par accéder à ma prière&amp;nbsp;: celle de rester à la maison avec une aide à domicile, une garde-malade. C'est ainsi qu'Hélène est entrée dans ma vie comme cela, par hasard, il y a cinq ans et demi.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;La quarantaine, divorcée, ancienne infirmière d’un service d’accompagnement de fin de vie, elle a décidé un jour d’être libre de choisir ses patients (comme elle dit). Et elle est arrivée chez moi, partageant, chaque journée que Dieu fait, mon intimité, mon morceau de vie, comme je l’appelle. D’humeur toujours égale, gaie, joyeuse et très bavarde elle est mon soleil, tant elle rayonne&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Est-ce parce que j’ai perdu l’usage de la parole, que je ne peux plus écrire, je ne sais pas, mais à partir de ce moment-là, elle a commencé à me faire des confidences. Elle m’a raconté sa vie, celle de sa mère.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Cette dernière s’appelait France et était Pupille de la Nation. Elle avait été placée, dès sa naissance, avec son frère jumeau prénommé Michel, dans un orphelinat public. Abandonnés par une mère trop jeune, leur vie commençait bien tristement. Du fait qu’ils étaient deux, aucune famille ne les adopta et ils migrèrent de famille d’accueil en famille d’accueil jusqu’à leur majorité.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;France trouva un emploi dans une famille aisée comme personnel de maison, puis elle épousa André, le chauffeur de Monsieur. Ce fut une belle histoire d’amour, jusqu’à ce qu’André l’abandonne, pour une autre femme. Elle fut également abandonnée par ses patrons qui s’expatrièrent en Australie suite à une sombre histoire de détournement de fonds dans laquelle Monsieur fut éclaboussé. Une méningite la foudroya&amp;nbsp;: et même la vie l’abandonna, alors qu’elle n’avait que quarante-neuf ans. Pauvre femme dont la destinée fut d’être délaissée, tout au long de son existence…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Hélène, elle, a juré de ne jamais céder, de ne jamais lâcher prise. Quoiqu'il se passe dans sa vie, elle s'accroche, refuse la désertion. C'est peut-être pour cela, d'ailleurs, qu'elle a choisi cette profession si difficile.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Hélène s’occupe de moi toute la journée, me fait la lecture, me raconte les expos qu’elle va voir (elle adore la peinture), et parfois, elle prend doucement ma main dans la sienne et l'embrasse. Là, elle me jure que je n’ai rien à craindre&amp;nbsp;: elle sera toujours là pour moi.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Je ne dois pas avoir peur&amp;nbsp;: elle ne m’abandonnera pas…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;© 2006 Plum&lt;/em&gt;'&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Il était une voix...</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Plum&amp;#039;)</author>
<category>Saveur Aigre-Douce</category>
<pubDate>Tue, 18 Mar 2008 00:00:00 +0100</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-907728&quot; src=&quot;http://tranches2vie.hautetfort.com/media/02/00/1193892808.jpg&quot; alt=&quot;440989725.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-907728&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Elle rentrait chez elle, ce dimanche matin. Elle venait d’effectuer son devoir de bonne citoyenne et, en sortant du lycée dans lequel se trouvaient les bureaux de vote, elle était passée à la boulangerie, histoire de se récompenser pour ce lever dominical plutôt matinal pour elle. Elle n’était plus qu’à deux cents mètres de la maison et attendait à un passage piéton que la Harley, là-bas, soit passée. Mais la moto s’est arrêtée devant elle et son conducteur, vêtu de cuir, casqué, portant lunettes de soleil et foulard sur le bas du visage lui a lancé un joyeux&amp;nbsp;«&amp;nbsp;Hey&amp;nbsp;! Bonjour ma jolie&amp;nbsp;!&amp;nbsp;». Elle n’a pas bronché, s’est regardée droit dans ses lunettes miroirs, attendant que…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Il a alors enlevé son casque et des cheveux poivre et sel, coupés très courts, sont apparus. Il a baissé son bandana, lui a sourie. Ce sourire… oui, ce sourire un peu coquin, cette jolie dentition elle les connaissait. Et puis, il a retiré ses lunettes et elle s’est sentie devenir dure comme du plâtre. Ces deux yeux verts, ces lèvres toujours un peu humides et cette allure si sexy… Tout cela était si loin aujourd’hui.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Elle lui a rendu son sourire et ils se sont embrassés. Il semblait heureux de la revoir. Elle se sentait gênée. Il était toujours aussi beau. Elle se sentait moche avec ses kilos en trop, pas maquillée. Il lui a demandé comment elle allait et elle lui a répondu en lui rendant sa question. C’est son grand truc, ça, répondre à une question par une autre question. Beaucoup de gens se font avoir avec cela. Ils répondent, se livrent et elle, elle est contente. Elle n’a rien lâché…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Il a voulu savoir si elle était seule dans sa vie, à ce moment, comme à l’époque. Elle lui a demandé s’il était toujours marié… Il a souri de cette façon ravageuse et elle a compris, à ce moment très précis, qu’il fallait qu’elle écourte très rapidement cette entrevue. Comme la dernière fois qu’ils s’étaient vus. Enfin, encore plus rapidement. Il lui a demandé ce qu’elle faisait à cette heure-ci dehors. Le soleil était trop éblouissant et la petite pluie fine commençait à se transformer en ondée. Il a passé sa main gantée derrière sa tête et lui a remonté la capuche de son duffle-coat. Il lui a fait remarquer&amp;nbsp;que, la dernière fois, elle était rousse et portait les cheveux longs. Mais que les cheveux courts lui allaient très bien aussi. Il lui a dit qu’il pensait souvent à elle, à cette fameuse soirée, à cette nuit torride qu’elle avait désiré unique. Elle n’a pas répondu, a juste esquissé un sourire. Elle aussi pensait à lui, parfois. Elle n’avait pas souhaité qu’ils se revoient, à l’époque. Elle le sentait dangereux pour elle. Trop beau, trop sensuel, trop doué, trop marié…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;Cela faisait vingt-cinq ans qu’ils se connaissaient, maintenant. Elle lui avait toujours plu, elle le savait. Il lui avait longtemps couru après, lorsqu’ils étaient plus jeunes. Il lui plaisait beaucoup aussi, certes, mais elle n'avait pas cédé. Ils&amp;nbsp;se perdirent&amp;nbsp;de vue, se retrouvèrent. Il venait de rencontrer celle qui allait devenir sa femme&amp;nbsp;mais lui avait proposé de tout arrêter si elle acceptait enfin&amp;nbsp;de sortir avec lui, de lui laisser sa chance. Mais elle avait encore refusé, ne lui faisant pas confiance. Trop beau, beaucoup trop beau… Ses copines de l’époque ne la comprenaient pas. Comment pouvait-elle laisser passer une «&amp;nbsp;occasion&amp;nbsp;» pareille&amp;nbsp;? Elle ne se l’expliquait pas elle-même. Les années&amp;nbsp;avaient passé et, par un beau dimanche d’été, ils&amp;nbsp;s'étaient revus, par hasard, un dimanche après-midi trop chaud, à la piscine. Elle s’était sentie très nue, trop grosse, huileuse, mal coiffée alors que lui était littéralement magnifique. Elle avait eu le temps d’observer les regards en biais de toutes ces femmes allongées sur leur serviette. Il lui avait demandé ce qu’elle devenait, où elle travaillait, lui avait appris qu’il était marié et père de famille. Et ce qui n’aurait pas dû arriver s’était produit. Il était venu la voir, trois jours plus tard,&amp;nbsp;sur son lieu de travail, l’avait invitée à prendre un verre sur une terrasse, lorsque sa journée serait terminée, histoire de parler du bon vieux temps. Elle savait qu’il aurait mieux valu refuser mais elle avait accepté, se persuadant qu’un verre ne prêterait pas à conséquences. Et puis, après tout, ce n'était qu'un copain de jeunesse... Et il y avait eu d’autres verres, d’autres jours. Et il y avait bientôt&amp;nbsp;eu l’invitation à&amp;nbsp;cette soirée. Il y avait eu la chaleur du mois de juillet, la musique, la danse, un peu d’alcool. Il y avait eu lui et son sourire, lui et son corps, lui et&amp;nbsp;ses mains, lui et ses mots chuchotés à son oreille où il lui confiait qu’il la désirait toujours autant, comme au premier jour de leur rencontre, dix-sept ans auparavant. Elle s’était sentie vulnérable, presqu’en danger. Elle avait des convictions, une morale. Elle avait des hormones aussi, du désir pour lui, beaucoup de désir, trop de désir… Ils étaient rentrés chez elle et elle lui avait affirmé qu’il n’y aurait qu’une nuit, qu’une fois. Une seule et unique fois. Il avait respecté son choix. Cela avait peut-être contribué à la magie de cette nuit-là. Sûrement…&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Et puis, il a eu cette petite phrase qui aurait dû être insignifiante, mais qui ne l’a pas été.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;«&amp;nbsp;J’espère que tu n’as pas voté B.&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Elle n’a pas répondu, ne confirmant ni n'infirmant sa phrase. Elle a juste souri. Il lui a dit que c’était un choix idiot, que B. était un traître, un lâche, qu’il avait préféré abandonné les siens parce que bouffé par ses ambitions. Elle lui a répondu qu’elle votait d'abord un homme et non un parti, que c’était des élections municipales et, surtout, que ses choix ne regardaient qu’elle. Après tout, il habitait la banlieue, de quoi se mêlait-il&amp;nbsp;? Ils ont évoqué les présidentielles et il a reconnu avoir voté pour l’actuel Président. Il avait proposé de bonnes idées et la représentante de l’opposition n’avait pas été à la hauteur, de toute façon. Elle a écourté la conversation qui commençait à s’animer. Elle lui a montré le sachet de viennoiseries en prétextant qu’on l’attendait. Elle s’est rendu compte qu’au fond de son ventre il n’y avait plus de désir mais une sensation de faim.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Elle est repartie d’un pas léger, contente d’elle-même. Finalement, son instinct la trompait rarement…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;© 2008 Plum'&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Light Motiv(ation)</title>
<link>http://tranches2vie.hautetfort.com/archive/2008/03/08/light-motiv-ation.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Plum&amp;#039;)</author>
<category>Saveur Aigre-Douce</category>
<pubDate>Sat, 08 Mar 2008 00:00:00 +0100</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://tranches2vie.hautetfort.com/media/00/00/232149157.2.gif&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-890032&quot; src=&quot;http://tranches2vie.hautetfort.com/media/00/00/232149157.2.gif&quot; alt=&quot;232149157.2.gif&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-890032&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://tranches2vie.hautetfort.com/media/01/02/232149157.gif&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Monsieur le Directeur des Ressources Humaines,&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Suite à l’annonce parue dans le journal «&amp;nbsp;Plus Près De Vous&amp;nbsp;» de ce jour, concernant le poste de vendeuse en prêt-à-porter dame, je vous prie de trouver ci-joint mon curriculum vitae. Vous avez également souhaité une lettre de motivation que je vous livre ci-après.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;MOTIVATION 1&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; J’ai trente-sept ans et suis mère de trois enfants de onze, huit et trois ans que j’élève seule. Cela fait presque deux ans maintenant que mon compagnon est parti chercher des cigarettes et qu’il n’a jamais retrouvé le chemin de notre maison. A-t-il perdu le sens de l’orientation ou a-t-il été victime d’une amnésie rétrograde&amp;nbsp;? Nous ne le saurons jamais puisqu’il a totalement disparu de ma ville et de ma vie, ce jour-là.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;MOTIVATION 2&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Je me suis donc retrouvée seule avec trois bambins encore jeunes et un crédit immobilier assez important à mon entière charge. En effet, nous avons fait construire une maison sans prétention aucune, certes, mais qui était à notre goût pour abriter notre «&amp;nbsp;amour », sentiment que je croyais présent entre nous à l’époque.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;MOTIVATION 3&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Le magasin dans lequel je travaillais depuis douze ans a été une des victimes des importants travaux de réaménagement du centre-ville et a malheureusement été contraint de fermer. Etant donné le nombre impressionnant d’enseignes ayant disparu du paysage commercial de notre cité, à cette époque, vous comprendrez bien les difficultés que j’ai pu rencontrer lors de mes démarches de recherches d’emploi, restées vaines à ce jour.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;MOTIVATION 4&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Il est donc primordial pour moi de retrouver rapidement un poste afin d'acquérir à nouveau une autonomie financière et une dignité que je qualifierais de «&amp;nbsp;perdue en chemin ». Je souhaite ne plus être une charge pour la société, les contribuables ou les associations d’entraide. J’aimerais retrouver une vie riche en rencontres, avoir moi aussi des choses à raconter et, surtout, ne plus ressentir ce sentiment de compassion exaspérante chez mes amis. Je voudrais me sentir complètement intégrée dans la société en général, et dans la vôtre en particulier.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;MOTIVATION 5&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Je désirerais ne plus être obligée d’aller voir régulièrement Madame Barjac, à l’A.N.P.E. Elle me déprime un peu plus à chaque entretien en me confirmant que ma branche est «&amp;nbsp;résolument bouchée depuis des années&amp;nbsp;» et «&amp;nbsp;qu’à mon âge, il sera de plus en plus difficile d’espérer trouver le poste de mes rêves ». J’ai déjà écrit à l’A.N.P.E. en leur signifiant mon désir de changer de conseiller mais on m’a répondue que chez eux aussi il manquait du personnel (difficile à croire, non ?).&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;MOTIVATION 6&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Afin de ne pas vous envoyer une lettre de plusieurs dizaines de pages, je vais simplement vous lister les motivations restantes mais non développées.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;7&lt;/strong&gt; pouvoir offrir une alimentation plus équilibrée en viande et produits frais à mes enfants qui commencent à dangereusement s’arrondir à cause des féculents, denrée majoritairement présente dans leur nourriture quotidienne.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;8&lt;/strong&gt; pouvoir envoyer mes gamins en colonie ou en centre aéré pendant l’été, éventuellement même partir en vacances avec eux, pourquoi pas ?&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;9&lt;/strong&gt; leur offrir de vrais Noël avec les cadeaux qu’ils désirent, à savoir, vous vous en doutez bien, la dernière console de jeux vidéo ou la paire de baskets X.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;10&lt;/strong&gt; pouvoir m’offrir le coiffeur de temps à autre ou même, plus simplement, profiter des soldes. Redevenir attirante et féminine me permettrait sûrement de me sentir mieux dans ma peau et d’être prête à éventuellement refaire ma vie. Vous êtes un homme, vous me comprenez sûrement, j’en suis sûre…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Je pourrais continuer ainsi ma liste durant encore trois pages mais je pense avoir fait preuve de suffisamment de motivations pour espérer que ma candidature retiendra toute votre attention et débouchera, je l’espère très sincèrement, sur un entretien au jour et à l’heure qui vous conviendront.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Dans l’attente de vous lire, je vous prie d’agréer, Monsieur le Directeur des Ressources Humaines, mes salutations distinguées.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Sarah LEBOL.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;© 2006 Plum&lt;/em&gt;'&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Sémaphor(c)e</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Plum&amp;#039;)</author>
<category>Saveur Aigre-Douce</category>
<pubDate>Mon, 25 Feb 2008 00:00:00 +0100</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.artbynorthwest.com/pages/LOIS.html&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-862081&quot; src=&quot;http://tranches2vie.hautetfort.com/media/02/01/79518798f94c0b3dca6335b10f3660f4.gif&quot; alt=&quot;aaf417d62981a9df81cf755de4b642b6.gif&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-862081&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;A la veille de mes vingt ans,&lt;/strong&gt; je me serais délectée d’histoires de galions chargés de trésor, de beaux capitaines et de pirates, cruels mais terriblement séduisants, sévissant dans l’Océan Indien. Quarantièmes Rugissants, Cinquantièmes Hurlants, naufrages, c’est sûrement là que je t’aurais voulu mutin et flibustier…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;A la veille de mes trente ans,&lt;/strong&gt; j’aurais rêvé de croisières autour du monde, à bord de prestigieux paquebots. Nous nous serions «&amp;nbsp;habillés pour dîner », peut-être invités à la table du Commandant. Nous nous serions promenés, le soir, au clair des étoiles, sur le pont, main dans la main. C’est sûrement là que tu m’aurais demandée de t’épouser…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;A la veille de mes quarante ans,&lt;/strong&gt; je me serais contentée d’un périple en méditerranée, sur un voilier, avec deux ou trois couples d’amis, en toute convivialité. Ambiance adulte, amicale, bourgeoise, sportive, des maris au ventre bedonnant sécurisant, aux regains d’amour motivés par l’esprit de compétitivité virile, des femmes à l’apogée de leur beauté, chassant les rides à l’écran total et naviguant entre l’ «&amp;nbsp;encore jeune&amp;nbsp;» sans aucun cheveux blanc et la «&amp;nbsp;déjà mature&amp;nbsp;» aux seins refaits. Sans enfant, je me remettrais doucement de quinze années de «&amp;nbsp;mal de mère ». C’est sûrement là que tu m’aurais regardée, redésirée…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;A la veille de mes cinquante ans,&lt;/strong&gt; je me serais accomodée d’un dériveur, juste toi et moi et l’océan. Une fois par an, pendant nos vacances aux Baléares, en Grèce, en Sicile, en Corse… Une matinée de liberté prise sans solde sur le journalier, des banalités échangées en souriant pour ne pas gâcher l’instant, trève des belligérances du quotidien. Après tout, cela ne doit pas être la mer à boire&amp;nbsp;! C’est sûrement là que tu m’aurais avouée que tu vibrais toujours, mais pour une autre, plus jeune…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;A la veille de mes soixante ans,&lt;/strong&gt; je me serais illustrée dans la maîtrise des régates en solitaire, à Concarneau. J’aurais été courtisée par de vieux loups de mer aux yeux brillants comme des phares. J’aurais sûrement abusé, pêché par vanité en essayant, séduction oblige, de prendre mon pied (marin évidemment). C’est sûrement là que j’aurais eu les yeux mouillés de larmes, en sentant les vents tourner et le vague à l’âme m’envahir à force de nager en eaux troubles…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;A la veille de mes soixante-dix ans,&lt;/strong&gt; j’aurais été invitée par de «&amp;nbsp;vieux amis », de temps en temps, pendant la belle saison, à dîner sur des yachts amarrés au port de Menton. Quelques heures à baigner dans un confort luxueux, à tanguer entre les regrets de mes ratés et les satisfactions d’avoir, tout au long de ces épreuves, su éviter la noyade. C’est sûrement là que j’aurai regardé, avec la désinvolture dûe à mon âge, des femmes encore jeunes, chavirer dans les bulles de champagne…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;A la veille de mes quatre-vingts ans,&lt;/strong&gt; j’essaierais de m’éMERveiller encore et surtout de ne pas finir aMERe, jamais. C’est sûrement là que je tomberais malade, prise en otage par le plus cruel des écumeurs, j’ai nommé… ah, mais comment s’appelle-t-il déjà&amp;nbsp;? AlzheiMER, je crois…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;A la veille de mes quatre-vingt-dix ans,&lt;/strong&gt; j’aurais les yeux délavés, les mains tremblantes et l’esprit rongé par la souffrance. C’est sûrement là que je déciderais de faire mon ultime odyssée, enfin prête à rejoindre la petite sirène…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;© 2006 Plum&lt;/em&gt;'&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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