mercredi, 25 juin 2008

Turpitudes

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Je trouve mon dentiste très séduisant, ou plutôt très attirant. Non ! Je trouve mon dentiste carrément… sexy !!!

Vous devez me trouver un peu tordue car personne ne peut trouver une once de charme à quelqu’un qui exerce une profession pareille ! C’est comme craquer pour un employé des pompes funèbres ! C’est surréaliste ! Mais vous n’avez jamais vu mon dentiste. Il est… beau comme un dieu, bien fait (il fait beaucoup de tennis et de squash), toujours bronzé, les cheveux très courts, l’œil canaille avec de belles rides d’expressions. Son sourire est carnassier, coquin ! Et sa voix… humm, chaude, virile, douce. Moi, mon dentiste il me laisse… bouche bée (ce qui l’arrange drôlement, d’ailleurs) !

Le problème, c’est qu’il m’est difficile de le voir souvent. Je n’ai pas de carie, je ne peux pas faire de détartrage toutes les semaines et je ne souffre d’aucun abcès, gingivite ou autre problème bucco-dentaire. Alors, je suis obligée de ruser…

Déjà, je m’arrange toujours pour obtenir mes rendez-vous le mardi matin, jour d’absence de son assistante, une quinquagénaire revêche et célibataire qui considère les mâles comme des primates dégénérés, uniquement obsédés par leurs prouesses sexuelles et leur réussite sociale. Ensuite, je lui amène régulièrement les enfants car, coup de chance pour moi, il est également orthodontiste. Forcément, mes trois rejetons portent un appareil dentaire… A cela, rajoutons les divers contrôles, une petite couronne à changer, un détartrage et, récemment, un blanchiment et j’arrive à le voir à une cadence régulière d’une fois toutes les trois semaines environ.

Un infâme moment de bonheur ! Il est doux, j’aime son parfum boisé, à la fois discret et raffiné. Mais surtout, j’adore sa façon de ne fermer que le premier bouton de sa blouse blanche et d’offrir à mes yeux reconnaissants un dos parfaitement athlétique. Il a son masque et moi, la bouche ouverte, offerte telle une victime consentante, je plonge dans son regard, sondant chacune des nuances de ses iris. Ses doigts en moi, la sensation du caoutchouc des gants, je sais, j’ai honte, mais je ne peux empêcher mes pensées les plus folles d’affluer, remontant du plus profond de moi, de mon ventre… Je n’y peux rien, cet homme me bouleverse ! Quelquefois, nos regards se croisent et j’essaie de lui cacher mon émoi. Il me sourit, ses yeux se plissent creusant ses pattes d’oie plus profondément. Mes pensées s’envolent dans des corps à corps fiévreux sur le fauteuil, baisers goûlus, sa peau, son odeur, respirations accélérées. Il me fait littéralement craquer et je trouve nos petites séances toujours trop courtes.

Lorsqu’il a terminé, il enlève son masque, me décroche un sourire qui m’achève et m’aide à me relever encore toute pantelante et gênée par mes pensées voluptueusement érotiques. Le feu aux joues, je réajuste ma petite robe, remet à sa place une mèche de cheveux rebelle, règle la facture et m’en vais, attendant déjà avec l’impatience d’une amoureuse le prochain rendez-vous. Puis, je vais déposer facture et attestations diverses à ma mutuelle complémentaire où j’affronte le regard furibond d’un gratte-papiers à la calvitie précoce qui doit estimer que ma cadence de soins va ruiner son employeur…

A présent, il n’y a plus qu’à attendre… Environ trois semaines…

© 2006 Plum'

vendredi, 13 juin 2008

BinHomme

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J'aime ta force. J'aime ta voix. Et mes sourires dans ta voix...

J'aime comme tu me regardes, combien tu me devines, lorsque je t’espère...

J'aime tes débordements, tes éclats d'affection, ma tendresse au bord de tes yeux...

J'aime tes mots, ceux que tu me dis dans le noir, avec tes mains...

J'aime le regard de ton cœur, celui qui me rend si fragile…

J’aime l'émotion que tu fais, souvent involontairement, perler au coin de mes yeux...

J’aime t’attendre et l’idée que, peut-être, tu ne seras pas là…

J'aime le puzzle complexe de nos deux simples vies…

J'aime tes soupirs en contre-chant lorsque je te fais l'amour à contre-jour...

J'aime notre rencontre...

© 2006 Plum'

mardi, 15 janvier 2008

En apARTé...

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Elle peint. Comme tous les matins, comme tous les après-midi. Elle peint comme tous les jours.

 

Pigments et couleurs, essences à l’odeur tenace, pinceaux et brosses usés, palettes tâchées, chiffons et petits pots de verre sales…

 

Heureux chaos, fatras avenant, son atelier lui ressemble. La façade entièrement vitrée laisse entrer la lumière avec parcimonie à travers les stores vénitiens, un grand lit trône au milieu de la pièce, dans un bric-à-brac de vieux objets divers. Les draps blancs sont froissés, jeu d’ombres…

 

Nonchalamment étendu, son modèle préféré : Diego. Il est jeune et beau comme on peut l’être à vingt-trois ans… La pose a été travaillée, maintes fois reprise avant d’obtenir LE résultat idéal : l’abandon, la virilité fragile, presque de la vulnérabilité…

 

Elle, Elle ne peint que des hommes nus… Elle n’a jamais su faire autre chose que reproduire des mâles dans leur plus simple appareil ! Etat originel… Elle sait si bien narrer ces corps, conter ces barbes naissantes, expliquer les muscles saillants, relater les carrures. Elle peint ce qu’Elle a toujours aimé : les hommes…

 

La scène de cette toile représente une chaude après-midi d’été, après le déjeuner, quand le soleil brûlant oblige à s’étendre, dans la moiteur d’une sieste imposée… Quelques gouttes de sueur perlent sur le sternum, la peau ambrée luit, une jambe est repliée, genou contre matelas, les yeux mi-clos, toute masculinité offerte…

 

Elle peint avec frénésie, un pinceau entre les dents, sa chevelure cachée sous le foulard… Elle peint jusqu’à en avoir mal aux doigts tout cet érotisme brut…Elle peint et, sur la toile, comme dans une chambre noire, l’œuvre se livre tout doucement, avec pudeur. Elle peint la force, Elle peint la vie, Elle peint le plaisir des femmes… Elle peint la nudité au masculin.

 

Et tel un tour de magie apparaît, comme dans un miroir, le modèle… Dans toute sa beauté, rien n’a été ajouté, rien n’a été retiré…

 

La séance se termine, l’homme se rhabille et s’en va, laissant au passage entrer une jeune femme. Signes de têtes échangés sans un mot, l’inconnue pénètre l’antre de l’artiste. Lui tournant le dos, Elle nettoie ses pinceaux, contemple le tableau…

 

Elle se retourne, le regard encore plein de lui. Echanges de sourires entendus. L’arrivante s’avance, lui défait son foulard, libère la cascade de boucles rousses. Leurs visages sont proches, les lèvres se cherchent, se frôlent, souffles chauds,… baiser tendrement impudique…

 

La femme de sa vie est revenue.

 

Celle qu’Elle n’a jamais su peindre…

 

 

© 2006 Plum'

mardi, 06 novembre 2007

Corrida o Comida ?

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Toutes les filles en sont folles, toutes les femmes fantasment sur lui… sauf moi ! Toutes l’acclament, toutes le vénèrent, toutes rêvent de lui… sauf moi ! Toutes ses fans paieraient une fortune pour un autographe, tous ses admiratrices se damneraient pour un rendez-vous… sauf moi ! Il n’en regarde aucune, il n’en désire aucune… sauf moi ! Il n’accorde à aucune d’entre-elles son « fameux » regard de braise, il n’offre à aucune son fameux sourire… sauf moi !

Moi, à qui il ne plait pas ! Plus je l’ignore, plus il insiste. Moins je suis aimable, plus il en redemande. Manuelito del Cordoba, le grand, l’unique, le meilleur de tous les temps. Ici, dans notre village, il est un héros des temps modernes. On le dit courageux, on le pense invincible, on le considère comme une sorte de demi-dieu… sauf moi !

Les femmes me haïssent, me trouvent prétentieuse, me pensent manipulatrice. Les hommes me prennent pour une aguicheuse, une vamp en mal de conquêtes. Pourtant, je n’ai jamais eu aucun comportement équivoque, je le jure. Ce type ne me plait pas, point final !

Oh, je déteste sa façon de marcher droit comme un i, le menton en l’air, l’œil étincelant. Sa manière de vous toiser, de vous détailler lentement, des pieds à la tête, avec un petit sourire en coin, comme un éleveur à la recherche d’une pouliche. Cela m’insupporte au plus haut point ! Et toutes ces petites grues, ces oies blanches, ces poules qui m’assassinent du regard parce que j’ai le malheur de revendiquer mon déplaisir…

Et puis moi, l’habit de lumière, la muleta, la corrida… très peu pour moi ! Je ne suis pas une sauvage que la vue du sang excite. Voir un animal aussi noble que le taureau s'ouffvrir en se vidant de sa vie, sous un soleil de plomb, sous les cris et les « olé » d’aficionados en délire, ne stimule pas mes sens. Non, loin de là. Ce type de spectacle réveillerait plutôt mes instincts les plus vils, les plus meurtriers…

Alors, quand dans mon village il y a corrida, je prends ma bicyclette et je déserte. Je pars rejoindre mon petit hâvre de paix, mon morceau de paradis à moi. J’emporte des fruits, une bouteille de Muscat moelleux rosé, un peu de jambon de pays et un morceau de miche de campagne. Je traverse les prés et les champs et, à une quinzaine de kilomètres, se trouve l’étang de l’Or. Il y a toujours une vieille barque rouge abandonnée.

Alors, je l’attends. J’étends une couverture, je débouche le vin, m’en sers un verre et savoure l’instant. Elle ne tarde jamais, ma Llucia. J’aime voir sa silhouette fine et élancée, sa peau bronzée, sa crinière brune et bouclée, son splendide sourire… J’aime ses grands yeux sombres bordés de cils épais et longs, si longs… J’aime sa bouche aux lèvres pleines et roses, ses dents blanches légèrement écartés… J’adore sa façon de se jeter de son vélo, de le laisser choir sans précaution aucune pour me sauter dessus en gloussant de joie… J’adore lorsqu’elle m’embrasse en me mordant puis qu’elle saisit mes lèvres doucement, en gémissant et en me chuchotant des mots doux aux intonations épicées… Elle sait me rendre folle, me dévisageant de haut jusqu'en bas, affichant un sourire moqueur quand je la laisse me posséder. La tête haute, l’air frondeur, elle me dévisage, m’observe comme un chasseur qui jauge sa proie avant de lui octroyer le coup fatal, celui qui l’achèvera…

Lorsque Llucia et moi sommes ensemble, nous ne voyons pas le temps passer. Nous mangeons, nous buvons, nous nous embrassons, nous nous baignons, nous nous caressons, nous buvons, nous rions, nous faisons l’amour… Sur le rivage, dans la barque, dans l’eau, sur le ponton… Puis nous nous séparons, prenant chacune une direction opposée, nos bouches pleines des parfums et des saveurs de l’autre, nos doigts imprégnés de la peau de l’autre, nos corps ivres de nos ébats sensuels...

Je n’aime rien chez ce Manuelito del Cordoba, si ce n’est sa sœur, Llucia…

 

© 2006 Plum'

jeudi, 25 octobre 2007

Les dessous de l'histoire

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Pour un premier rendez-vous avec vous, j’ouvrirai mon tiroir à merveilles.

J’en sortirai un joli bustier de satin et un shorty assorti aux couleurs de l'automne.

Pour un premier rendez-vous avec vous, je laisserai mon chemisier entrouvert, suffisamment pour vous faire découvrir le velouté du grain de ma peau, les douces courbes de mon décolleté, les reflets moirés de ma lingerie. Vous montrer, à peine suggérer…

Je ne voudrai pas susciter chez vous du désir, pas tout de suite. Seulement de la curiosité. Comprendrez-vous cela ? Je voudrai être mystérieuse et vous laisser en souvenir mes sourires ainsi qu’un sillage d’Ylang-Ylang, de bergamote, de cassis et de benjoin. Je voudrai être celle à qui vous rêverez cette nuit-là et qui occupera toutes vos pensées des jours suivants, celle qui vous laissera songeur…

 

Pour notre deuxième entrevue, j’ouvrirai mon tiroir à bonheurs.

Je choisirai un joli soutien-gorge corbeille ainsi que son tanga assorti, tout en dentelles fines couleur orage. Un beau gris fumé aux reflets bleutés…

Pour notre deuxième entrevue, je porterai une robe noire, à l’élégance toute simple, dont les fines bretelles vous offriront l’arrondi de mes épaules. Ma coiffure relevée vous dévoilera ma nuque balayée de légères mèches rebelles, les perles fines à mes oreilles et autour de ma nuque exalteront le nacré de ma peau. Cette peau que vos doigts effleureront, l’air de rien, lorsque vous replacerez une boucle de mes cheveux derrière mon oreille…

Je ne voudrai pas vous donner de plaisir, pas à ce moment précis. Seulement du désir. Je voudrai être séduisante et vous laisser en souvenir mes fous-rires ainsi que l’envie de humer toute une nuit ce parfum de rose et d’iris mêlé à celui de l’anis étoilé et du musc. Je voudrai être celle qui accompagnera vos jours et vos nuits, celle qui fera de vous un impatient…

 

Pour notre troisième rencontre, j’ouvrirai mon tiroir à plaisirs.

Je choisirai un ensemble avec son string en soie et dentelles couleur cerise. Ce rouge et ces matières raffinées rehausseront ma carnation, donneront à ma peau des douceurs satinées…

Pour notre troisième rencontre, j’oserai le décolleté joliment provocant d’un cache-cœur aux mailles ajourées porté sur une jupe en shantung. Mes jambes, gainées de bas jarretières noirs, se termineront par de hauts talons. Mes cheveux tomberont en une cascade de boucles soyeuses sur mes épaules. Vous y plongerez votre nez, en profiterez pour m’embrasser dans le cou…

Je ne voudrai pas vous donner d’espoir, pas immédiatement. Seulement du plaisir. Je voudrai être à la fois sensuelle et animale dans vos bras et vous laisser en souvenir mes soupirs ainsi que l’envie, encore et encore, de respirer ma peau aux accents de mandarines, pêches, vanille et santal. Je voudrai être celle qui s’imprimera dans vos draps et dans vos bras, celle qui fera de vous un amant…

  

Et puis un jour, alors que nous n’aurons pas vraiment rendez-vous, j’ouvrirai mon tiroir à bagatelles.

Je fouillerai, farfouillerai, mais ne trouverai pas ce que je cherche. Alors, après un dernier regard dans le miroir, je ne porterai que des rubis à mes oreilles ainsi qu’autour de mon cou, j’enfilerai une paire de bottes et mon long manteau noir. Juste quelques gouttes d’un parfum capiteux aux accents orientaux dans ma chevelure…

Je ne peux pas me passer de vous, plus maintenant. Pas même une nuit. Je veux être vôtre, instrument de désir et de plaisir entre vos mains. Je veux être c’Elle. La seule, l’unique, la dernière, celle que tu as rendu amoureuse…

 

© 2006 Plum'

jeudi, 04 octobre 2007

Vendredi : jour du colin et de la morue...

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Je l’ai rencontrée tout bêtement, un hasard de la vie en quelque sorte ! Je sortais d’un rendez-vous chez un client, j’avais loupé l’affaire, j’avais loupé mon argumentation, j'avais loupé ma démonstration et je savais que mon directeur d’agence ne me louperait pas, lui. J’étais dans une passe difficile sur le plan professionnel. Une équipe de jeunes loups aux dents longues avait été mise en place, trois mois auparavant et, depuis, je ne décrochais plus aucun contrat. Mes secteurs me semblaient déssécher de tout client potentiel. Et celui-ci, le dernier, était la cerise sur le gâteau : un véritable vieux con doublé d’un radin. En sortant de chez lui, je m’étais arrêté dans un bistrot et m’étais payé deux cognacs et un café. Il ne me restait plus qu’à rentrer chez moi.

Chez moi… Ces deux mots ne veulent pas vraiment dire grand chose pour moi. Non, il ne me restait plus qu’à rentrer chez Giselle, ma femme. Parce que je vis chez elle, je mange chez elle, je dors aussi chez elle. Dès que j’ouvre la porte d’entrée, cela commence. Un flot d’ordres, de questions bassement matérielles, de reproches et réflexions en tout genre :

« - Mets tes chaussons, je viens de cirer le parquet. Tu as pensé à prendre le courrier dans la boite aux lettres ? Tu as pensé au pain ? Ce n’est pas vrai ! On ne peut rien te demander ! Tu n'es vraiment qu’un égoiste ! Faut que tu rappelles ton frère, il veut nous inviter à déjeuner, dimanche en huit. Je te préviens, il est hors de question que nous y allions, ce sont les quatre-vingt-deux ans de Maman. Tu t’en souviens, hein ? »...

Moi, j’adorerais qu’elle vienne m’accueillir avec un sourire, m’embrasser, me demander si j’ai passé une bonne journée. Je n’arrive même pas à me souvenir qu’elle l’ait fait, un jour…

Alors, le vendredi après-midi, je tarde un peu pour rentrer. Parfois, si le temps le permet, je vais me balader dans un jardin public. Je m’assois sur un banc et je regarde les promeneurs, les petites vieilles qui nourrissent les pigeons, les gamins sur leur tricycle, les amoureux… Ce vendredi-là, le temps était gris et triste. Il y avait du crachin, il faisait froid et la nuit promettait de tomber tôt. Lorsque je suis sorti du café, réchauffé par les cognacs, j’ai marché sans vraiment réfléchir à un itinéraire précis. J’étais préoccupé par mon foirage de l’après-midi. Et puis, elle était là. Brune, grande, élancée, avec d'immenses yeux verts, elle m’avait abordé en me demandant du feu. Elle avait un petit accent que j'ai cru d’abord italien. Dijana venait de rentrer dans ma vie, directement importée d’Albanie.

Je l’appelle « mon cadeau » du vendredi. Avec elle, tout est si simple. Elle est toujours détendue, souriante, elle rit tout le temps. Et j’adore quand Dijana rit parce qu’elle rit aux larmes, me grondant parce que je fais couler son rimmel. J’aime sa manière de m’appeler son « grrros nounourrrrs », sa façon de se lover contre moi comme un petit chat. J’aime aussi lorsqu’elle m’enlève ma cravate, ses yeux couleur de jade plongés dans les miens. Elle défait les boutons de ma chemise un par un, sans baisser son regard. Et là, elle commence… Elle chuchote, elle susurre du bout de ses lèvres roses et brillantes ce qu’elle va me faire, ce par quoi elle va commencer. Elle me connaît par cœur, sait exactement ce qu’il faut dire et surtout à quel moment il faut le dire. Elle gémit des mots sucrés que je ne comprends pas toujours mais qui m’excitent. Et elle sait aussi les mots crus, ceux qui m’insufflent une énergie sexuelle que je ne me connaissais pas avant elle. Ses mains sont expertes, ses lèvres aussi. Elle me caresse mais elle peut griffer aussi. Elle m’embrasse mais sait me mordre également. Elle me chevauche, faisant de moi un étalon fougueux mais se laisse tout autant prendre telle une lionne, la croupe offerte à mon désir de fauve. Elle sait ronronner, feuler, rugir. Elle m’a réappris à être, à me sentir, à vivre.

Cela fait si longtemps que Giselle m’accorde ses faveurs uniquement à la veille de son anniversaire ou de celui de notre mariage. Faveurs étant un bien grand mot, puisqu’elle s’acharne à rester sur le dos, en chemise de nuit de coton rose, les yeux grands ouverts et perdus dans le vide. Au bout de deux à trois minutes, elle soupire et me demande si j’ai bientôt terminé… Et, je n'ai pas intérêt à oublier son petit cadeau le lendemain !...

Alors qu’avec ma Dijana, c’est tellement différent… D’ailleurs, Dijana aussi trouve qu’avec moi c’est autre chose. Elle me l’a dit dès notre première rencontre. Les autres, par exemple, elle ne les embrasse pas et ils doivent payer avant. Moi, je prends ses lèvres tendrement avant de partir et je lui glisse 200 € discrètement sous l’oreiller.

Ensuite, j’attends avec impatience le vendredi suivant…

© 2006 Plum'

jeudi, 14 juin 2007

Dis, Amant...

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Frivoles, mutines et légères
Les coquettes se parent
Des plus belles pierres
Bijoux coûteux et rares
Broches, gourmettes
Boucles ou bagues
Colliers et chaînettes
A ces mots, elles divaguent
Pour une parure, une rivière
Elles séduisent leurs amants
Jouant de la jarretière
Pour avoir un diamant
Elles savent être polissonnes
Pour un saphir bien serti
Coquines ou friponnes
A la vue d’un rubis
Elles peuvent dire je t’aime
Sur le moelleux d’un oreiller
Mais ces mots voilent la gemme
Qu’elles ont repérée chez le joaillier
Leur cœur a la dureté du diamant
Et les hommes s’y éparpillent
Ils ne sont princes charmants
Qu’avec opales et lapis-lazuli
Fuyez, Messieurs, ces aventurières
Elles vous mangeront tous crus
Juste pour quelques pierres
Vous serez mis à nu

Là où il y a de la gemme, il n’y a pas de plaisir…

© 2006 Plum'

lundi, 04 juin 2007

Allogène XVIII

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… Quelque chose ne tournait pas rond et elle allait en avoir le cœur net. Irène se remémora toute sa conversation avec Tante Clarisse. Elle n’arrivait pas à croire que son mari lui mentait. D’un autre côté, il y avait cette histoire de studio Impasse des Terres Noires. Elle décida brusquement de faire demi-tour, se gara devant la mairie et consulta le plan de la ville. Dix minutes plus tard, elle était devant l’immeuble. Un bâtiment d’une trentaine d’année environ, de cinq étages. Elle s’avança jusqu’à la porte d’entrée et consulta le tableau des sonnettes. Une douzaine de noms, tous inconnus d’Irène, s’affichaient. Elle retourna à son véhicule et reprit le chemin de Saint-Aubin-sur-Algot.

*********************

Germain lui tendit la tasse fumante. Une odeur de verveine et de citron envahit la pièce. Batouly était assise sur le canapé, les jambes repliées sous elle. Elle trempa les lèvres avec précaution et fit la grimace : c’était bouillant. Germain composa un numéro sur son portable, conversa environ cinq minutes et raccrocha.

« - Le docteur Chermont va arriver d’ici deux heures. Il faut absolument que tu te reposes, mon petit piment. Ton boulot, Ibou, son histoire de fou, c’est beaucoup trop de choses en même temps. Il faut qu’il te prescrive un truc qui te requinque. »

Batouly était abattue, le regard perdu dans le vide. Germain vint s’asseoir près d’elle et la prit dans ses bras. Elle se détendit et laissa aller sa tête contre la poitrine du géant roux.

« - Je t’aime Batouly. Je t’aime et te voir dépérir ainsi me brise le cœur. Je veux retrouver ma gazelle pleine d’énergie, qui riait tout le temps.

Ses mains s’attardèrent sur les cuisses et les hanches de la jeune femme. Je veux te voir reprendre ce poids que tu as perdu. Tu es beaucoup trop mince. Si cela continue ainsi, tu vas vraiment tomber malade. »

Sa main glissa sous le tee-shirt, caressa le ventre satiné, effleura les côtes qui commençaient à franchement saillir. Il l’embrassa dans le cou, lui souffla des mots tendres dans le creux de l’oreille. Batouly ferma les yeux et apprécia la main chaude qui la connaissait si bien. Elle releva la tête et ses lèvres effleurèrent le menton viril. Elle aimait l’odeur de cette peau claire, de cet after-shave aux accents de vétiver. Les deux bouches se rencontrèrent, firent à nouveau connaissance, du bout des lèvres. Puis, elles s’encanaillèrent, se goûtant de plus en plus longuement, s’entrouvrant, mêlant langues et salives. La respiration de Batouly s’accéléra tandis que les mains de Germain, curieuses et mutines, voyageaient entre son cou, ses seins, son ventre, ses cuisses. Il la débarrassa de son tee-shirt, de son soutien-gorge et en moins de temps qu’il n’en faut l’avait transportée jusqu’au lit. Il retira sa chemise et son pantalon et s’allongea près d’elle. Il lui enleva son jean, saisit un pied couleur chocolat à la voute plantaire rose, déposa un léger baiser sur chaque orteil, fit subir le même sort au second puis il les posa sur chacune de ses larges épaules. Batouly commençait à onduler. Il mordilla les mollets, flatta de ses paumes chaudes l’intérieur des cuisses musclées. Sa bouche continuait son escalade, sa langue se régalait des saveurs vanillées de cette peau au grain fin, à la couleur café. Batouly gémissait maintenant. Ses mains se crispaient sur le drap. Lorsque les lèvres de son amant atteignirent le but de leur périple, la jeune femme se laissa aller à la vague de plaisir qui montait en elle. Elle était totalement dépendante de cette bouche, de cette langue. Soudain, elle se sentit perdre pied et n’essaya plus de résister. Son ventre se contracta et devint dur. Germain appuya le plat de sa main sur ce dernier. Il savait, il la connaissait. Batouly était un magnifique instrument d’amour dont il avait appris à jouer en virtuose, au fil des mois. Un dernier coup de langue plus appuyé sur un point particulièrement stratégique déclencha l’explosion. Elle s’envola, se laissa envahir par la volupté et, comme à chaque fois, se mit à rire.

(à suivre...)

 

© 2007 Plum'

mercredi, 30 mai 2007

TruCULences à la Pleine Lune

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Bonjour à toutes et tous et merci de votre fidélité !

En ce dimanche orageux, voire pluvieux pour certains d’entre vous, Les Tapes Gourmandes vous proposent une recette sympathique et carrément délicieuse si réussie. Elle vous permettra de vous échauffer et de vous réchauffer, si les températures dans votre région sont au plus bas.

L’investissement est plus qu’abordable et ceux d’entre-vous qui pratiquent l’équitation auront même la chance d’avoir tout ce qu’il faut chez eux.

Vous êtes prêts, les canailles ? Alors c’est parti !

Choisir une jolie paire de fesses de saison. Un petit conseil : les fesses idéales et toujours parfaites pour ce genre de « friandise » se doivent d'être fermes sous la main, mais pas trop musclées. Le modèle idéal sont les fesse cambrées et rebondies à souhait, mais les archétypes plats ou dites « en gouttes d'huile » conviendront tout aussi bien. On évitera par contre la fesse cellulitique, cette dernière risquant de souffrir et d’anéantir le résultat final.

Se munir d’une chaise (et non d’un fauteuil) confortable, à haut dossier. S’assurer que la position assise permet au buste de faire un angle droit quasi parfait avec les cuisses, serrées, bien parallèles. L’accessoire indispensable, à présent, est la cravache (à défaut, on tolèrera le martinet, mais le résultat sera tout-de-même différent). Eviter les ceintures et autres sangles diverses qui peuvent blesser et ne permettent pas de doser la force des coups de badine.

Basculer le(la) propriétaire du postérieur sur vos genoux de façon à avoir le joufflu bien calé sur vos cuisses. Tenir la cravache d’une main ferme et, tout en gardant le poignet bien souple, appliquer la correction. Ceci demande un certain tour de main que vous acquerrez rapidement avec un peu de pratique. Selon l’expérience et les goûts de chacun, on pourra alterner tape, déculottée, volée, fessée, claque, fessade, trempe, dérouillée, raclée, fustigation, flagellation, etc…

Au fur et à mesure que vous pratiquerez, vous apprendrez que tout est une question de rythmique. Une initiation aux percussions permettra souvent d’obtenir le tempo désiré tout en ayant le bras suffisamment entrainé pour ne pas fatiguer trop rapidement.

Nous vous souhaitons de futurs bons moments à deux ou plus.

Merci d’avoir fait confiance à Les Tapes Gourmandes pour vos balades érotiques.

La semaine prochaine, nous aborderons le thème du libertinage avec un jeu de société convivial : le Mono-Polygame.

A bientôt, les fripouilles et bonnes folies... culaires !!!

 

© 2006 Plum'

samedi, 26 mai 2007

Extr'Apollon

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Prisca a trente-neuf ans et vit seule avec son cocker Baffy et sa chatte persanne Chaussette. Séparée depuis trois ans de l’homme avec qui elle a vécu plus d’une décennie, elle s’est décidée à rester seule mais sans pour autant mener une vie triste. Régulièrement, elle s’accorde une sortie « entre filles » avec ses deux collègues de travail, Alice et Gina, devenues au fil du temps de très bonnes amies. Deux fois par mois, elle font la tournée des Grands Ducs comme elles disent, à savoir restaurant, bar branché puis discothèque. Si elles ne rentrent pas accompagnées, elles vont prendre encore le petit déjeuner chez Gus qui tient un café sympa dans la rue de Buci. Il est gentil, leur offre toujours un croissant et elles sont sûres de terminer agréablement leur nuit pauvre en rencontres.

Nos trois amies sont employées dans une célèbre compagnie d’assurances. Leurs journées ne sont pas très excitantes, oscillant entre accidents de voiture, inondations, vols, incendies et autres catastrophes. Et puis, il y a Christophe. Un type beau comme un dieu, sympa comme le meilleur des amis, toujours d’humeur égale, jamais injuste, super mignon, bourré d’humour, fringué comme un mannequin, gâlant, poli, souriant, hyper canon, avec de beaux yeux bleus, des cheveux foncés, la peau mate, grand, sexy… Christophe c’est… aah… c’est… leur supérieur hiérarchique ! Cela fait quatre ans qu’il est dans l’agence, en remplacement de Madame Gerfaut, une vieille chouette coincée et peau de vache. Lorsqu’elle est partie à la retraite, tout le service à soufflé : adieu et bon vent ! Et ils sont douze employés dans ce service à avoir vu arriver cet apollon de trente-trois ans, à l'époque… Le personnel féminin, au nombre de dix, a entrepris dès lors de particulièrement soigner son apparence extérieure et d'émettre des roucoulements, ronronnements et autres bruits de parade amoureuse, à longueur de journée. Quand à Gérard l’adepte de Chi Gong, il a continué à faire circuler ses énergies, imperturbable, tandis que Raphaël, le stagiaire, a poursuivi sa belle love story avec la photocopieuse/imprimante/fax. Christophe est indétournable de sa ligne de conduite de parfait chef de service. Il n’a jamais cédé à aucune invitation émanant de son « harem », décourageant poliment toute tentative de rapprochement. Il est donc resté un sujet de conversation très excitant pour ces dames car très énigmatique. Jamais de coup de téléphone personnel, entrant ou sortant, au bureau. Jamais de petite amie à l’accueil qui vient le chercher pour déjeuner. Il ne porte pas d’alliance. Christophe est aussi mystérieux que l’Atlantide… Mais il est si…, tellement… que, finalement, elles ont toutes cessé de se poser des questions. Après tout, le plus important n’est-il pas de travailler dans une ambiance sympathique, conviviale et des plus agréables ?

Ce soir-là, Prisca et ses deux amies sont de sortie. Le programme est simple mais émoustillant : elles vont tester un nouveau restaurant réservé à la gente féminine, le Recto-Verso. Ce dernier propose de dîner devant un spectacle de strip-tease masculin amateur. De jeunes hommes s’effeuillent et, un peu à la manière des Chippendales, sollicitent à coups de reins suggestifs du cash avant de terminer la soirée à la table des plus généreuses. Excitées comme des puces, elles pénètrent les lieux décorés dans un style cosy des plus chics. Leur table est juste devant la scène leur promettant un diner truculent. La bouteille de champagne est amenée par un serveur vêtu d’un pantalon de smoking, d’un faux-col et d’un nœud papillon, son torse musclé complètement nu. Le trio se regardent d’un œil aguiché : la soirée s’annonce très, très bonne…

Puis le spectacle commence par un numéro de magie, suivi de jongleurs, de chanteurs puis, au dessert, c’est enfin l’effeuillage tant attendu. La clientèle est au bord de l’hystérie, complètement chauffée à blanc. Et les numéros s’enchainent : John le magnifique Noir, Stevy le bûcheron canadien (beaucoup mieux sans sa chemise à carreaux), Nils le géant blond Suédois, Tarek l’Egyptien aux yeux de braise, Giorggio et sa classe toute italienne. L’ambiance du restaurant est des plus chaudes, les billets s’accrochent aux strings des adonis qui circulent entre les tables. Puis c’est Günther, Samuel, Mattias, Igor, suivi de Mike, Sandro, José, Thaddeus, Okan, Léonardo,…

LEONARDO ??? Prisca, Gina et Alice se regardent interloquées : Léonardo, nu comme un ver, n’est autre que leur chef de service qui, loin d’être gêné, les provoque, dandinant du fessier dans l’attente d’un billet de dix ou vingt euros. Gina leur propose la fuite, pas du tout prête à se confronter à la nudité de son supérieur. Alice, toujours aussi gentille, se refuse à le vexer en refusant de boire un verre en sa compagnie. Quand à Prisca, elle est sujette à un fou rire nerveux qui lui occasionne une crise de hoquet. Les numéros se terminent et, en moins de temps qu’il n’en faut, Christophe est à leur table, habillé d’un costume de lin. Décontenancées, les trois copines ne savent plus quoi dire, surprises par la rapidité de leur supérieur. C’est alors qu’arrive un deuxième Christophe, parfait clône du premier, vêtu d’un jean et d’un tee-shirt moulant. Médusées, elles se regardent, se croyant les victimes d’une hallucination collective.

Et c’est ainsi qu’elles en apprirent un peu plus sur leur chef de service, ce soir-là. Christophe avait un frère jumeau… Cela relançait à nouveau le challenge de la séduction.

A quand le prochain scoop ?

 

© 2006 Plum'

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