lundi, 08 septembre 2008

Et caetera...

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... A trop rêver tu planes

A trop planer tu t'envoles

A trop t'envoler tu t'écrases

A trop t'écraser tu te tais

A trop te taire tu t'oublies

A trop t'oublier tu te perds

A trop te perdre tu te damnes

A trop te damner tu te tourmentes

A trop te tourmenter tu t'oppresses

A trop t'oppresser tu suffoques

A trop suffoquer tu t'évanouis

A trop t'évanouir tu t'enfuis

A trop t'enfuir tu rêves...

Arrête de rêver et reviens parmi nous !

 

© 2006 Plum'

lundi, 04 août 2008

L'Arche du Mot "Et"

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Je suis un génie… et je suis modeste !

Disons plutôt que j’ai appris à l’être. Plus vous vous vantez, vous vous mettez en avant, moins les gens cherchent à vous comprendre, à vous parler. Alors parfois, il faut savoir faire des choses en solitaire, pour soi, mais qui indirectement le seront pour les autres, aussi.

J’aime écrire et je me suis aperçue que je n’étais pas la seule. Et que des centaines de personnes, que dis-je, des milliers, voire des millions de mains avaient des choses à exprimer. Mais qu’elles ne seraient sûrement jamais lues…

Alors, il m’est venu l’idée de créer l’Arche du Mot « Et ». Heu, j’imagine très bien votre air dubitatif. Laissez-moi vous expliquer ce lumineux concept que mon tout petit cerveau a mis en route.

Je suis partie, au départ, sur le principe suivant : « si tous les enfants du Monde se donnaient la main… » et j’ai imaginé qu’une phrase lancée ainsi d’un endroit X de la Terre, en l’occurrence de chez moi, donc de France, pourrait être complétée, au fur et à mesure de son périple, autour de la planète. Chaque personne qui aurait le manuscrit entre les mains y rajouterait sa tirade, une pensée, même un compliment. Et que cela pourrait un jour devenir « Le Livre » de l’Humanité, l’Histoire des Hommes.

Cela vous laisse bouche bée ? Je le comprends puisque même moi, l’instigatrice de ce projet, j’en suis encore toute retournée.

Aujourd’hui, cela fait neuf ans que ma petite phrase « Je suis Fille du Vent et mes pensées s’envolent vers toi, mon Autre que je ne connais pas, de l’autre côté du Soleil. » est partie d’Alsace, pays des cigognes et des maisons à colombages. Aux dernières nouvelles, notre Arche se trouverait à Sachs Harbour, une petite collectivité inuite de l'île de Banks, dans le Grand Nord. Quatre gros volumes ont déjà été publiés, narrant la plus belle histoire jamais racontée à ce jour. L’Arche du Mot « Et » en est à son cinquième tour du monde. On ne parle pas d’argent, ni de récompense. Non, rien de tout cela.

On parle d’amour, tout simplement…

© 2007 Plum'

J'ai présenté ce texte sur le site de Paroles Plurielles. La consigne numéro 37 consistait à créer un texte dont l'incipit (première phrase) était obligatoirement :
« Je suis un génie… et je suis modeste ! »
tout en s'inspirant de la photo ci-dessus de Jean-Sébastien Monzani.

jeudi, 31 juillet 2008

Euh... C'est grave, Docteur ?

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Aujourd’hui, c’était mon premier rendez-vous chez le psy. Non, rassurez-vous, tout va très bien. J’ai seulement décidé de me faire analyser parce que je suis sûre qu'à l'instar de nombreuses personnes, mes « petits problèmes » d’humeur, mes « petites angoisses », mes « petits travers » tout simplement, sont régis par de vieux démons bien enfouis au fond de moi. Je reste persuadée que ces derniers m’empêchent d’avancer et surtout de m’épanouir. Alors je me suis décidée, une bonne fois pour toutes, à sauter le pas. Après tout, cela fait une expérience de plus, onéreuse certes, mais expérience quand même.

Choisir un psy n’a rien d’anodin pour une personne néophyte comme moi. Alors, comme à l’accoutumée, j’ai suivi mon instinct. J’ai ouvert les pages jaunes de l’annuaire et, comme lorsque je joue au tiercé, j’ai choisi mon analyste d’après son nom. Pascal Jaibre. Déjà Pascal, j’aime bien (plus ou moins de mon âge). Ensuite, à l’oreille, je trouvais ce patronyme rassurant.

Quelle ne fut pas ma surprise, lorsque j’entrais dans son cabinet. Point de divan de cuir me tendant les accoudoirs. Non ! Juste une table basse et deux fauteuils de style art-déco. Et des tableaux aux murs représentant des chiffres, sous toutes les formes. Il m’expliqua que les chiffres gouvernaient notre inconscient, que tout n’était que mathématique (je comprends mieux cette impression permanente de patauger dans la semoule qu’est ma vie : j’ai toujours été une littéraire). Après quelques questions d’usage, il en déduisit que mon chiffre était le sept. Tout cela me laissait assez pantoise, voire carrément septique sceptique mais le Dr Jaibre m’expliqua que Freud (féru de numérologie) revendiquait un déterminisme absolu excluant tout hasard psychique et tout non-sens psychique d'une part, et, d'autre part, que la théorie de l'inconscient était scientifique.

Ainsi, la séance commença par la question suivante : quelles sont les 7 choses possibles que vous aimeriez faire avant de mourir ?

Franchement, à quarante ans, il y a plus que 7 choses que j’aimerais faire en sachant que je ne compte pas mourir dans les 7 jours, ni dans les 7 mois, ni même dans les 7 ans à venir. Question ardue à laquelle je fus invitée à répondre spontanément.

1) changer de boulot et faire quelque chose qui me plaise réellement
2) changer de région, voire de pays
3) revoir mon neveu et refaire sa connaissance
4) écrire un roman
5) avoir un « vrai » Siamois ainsi qu’un Devon Rex
6) faire un voyage à caractère humanitaire
7) visiter l’Afrique de long en large et de haut en bas

Puis il passa à la seconde question : citez 7 choses que vous faites bien :

1) la cuisine
2) écouter les autres
3) chanter
4) siffler
5) faire de l’humour
6) avoir de la répartie
7) le farniente

Quelles sont les 7 choses que vous ne pouvez pas/ne voulez pas faire :

1) cesser de faire des bonds de sept( ) mètres lorsque j’aperçois un insept insecte trop près de moi
2) être à jour, plus de sept( ?) semaines d’affilées, avec mon repassage
3) le gigot de sept( !) heures
4) jeter mes vieilles K7( !?) audios et vidéos
5) suivre une resept recette( ?!) de cuisine à la lettre
6) sucer des susept( !!!) sucettes à l’anis
7) recoudre mes chausept(…) chaussettes lorsque ces dernières ont juste un tout petit trou de rien du tout

Quelles sont les 7 choses qui vous attirent dans le sexe opposé ?

1) les fesses à fosept FOSSETTES
2) une peau douce
3) des mains grandes et soignées
4) la voix grave
5) la galanterie
6) le romantisme
7) les sept SIESTES crapuleuses

Quelles sont les 7 choses que vous dites souvent ?

1) « putain ! » au lieu de « masept ! » « MAZETTE ! »
2) j’vais faire une pisept PISSETTE, j’reviens !
3) on peut se voir entre six et SEPT, ça te va ?
4) tu as remis le réveil sur SEPT heures, mamour ?
5) allume la télé, s’il te plait mon chéri, y a « SEPT à Huit » qui va commencer !
6) je te préviens, Tiaâ, les chats ont peut-être SEPT vies mais si tu continues, c’est dans le four que va se terminer ta première !!!
7) thermostat SEPT mon amour, mais pas plus d’un quart d’heure sinon tu crâmes tout…

Quelles sont les 7 célébrités pour qui vous pourriez avoir le béguin ?

1) Jean-Hugues Anglade depuis trente-SEPT, deux le matin
2) Brad Pitt pour sa magnifique interprétation dans SEPT ans au Tibet
3) Pierce Brosnan, superbement sexy, dans les James Bond 00SEPT
4) Morgan Freeman pour son rôle de l’inspecteur Somersept Somerset dans SEVEN ( !!!???)
5) François Truffaut en Antoine Doinel dans « Cléo de cinq à SEPT »
6) Michel Sardou lorsqu’il chantait : « Elle court, elle court, La maladie d’amour, Dans le cœur des enfants de SEPT à soixante dix-SEPT ans… »
7) Jacques Dutronc parce que je l’adorais lorsqu’il interprétait : « SEPT cent millions de Chinois et moi, et moi, et moi… »

Et voilà où l’on en était au bout de quarante-SEPT minutes d’analyses. Rendez-vous fut posé pour dans dix-SEPT jours et je fus délestée de la modique somme de 77.- euros.

SEPT tout le temps comme cela avec le SEPT ? Parce que là, SEPT à n’y rien comprendre…

 

© 2007 Plum'

samedi, 12 juillet 2008

P.P.D.A. (Pas de Petit Déjeuner Aujourd'hui)

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Au départ, la journée s’annonçait plutôt bien. Ma collègue et copine, Natacha, m’a téléphonée hier soir pour me proposer de prendre le petit déjeuner, ensemble, au Café du Sauvage. J’ai trouvé l’idée sympa car, une fois les enfants déposés à l’école, je tourne souvent en rond pendant plus d’une heure avant d’embrayer à l’agence de voyage dans laquelle nous travaillons.

Mes deux monstres amenés à bon port, j’ai garé ma voiture au parking et rejoint le lieu de notre rendez-vous. Situé en plein centre-ville, c’est un endroit convivial qui voit se réunir tous les matins les employés des commerces et bureaux alentours. Il y règne une ambiance agréable, une bonne odeur de café et la qualité des viennoiseries et du pain ainsi que la sympathie des serveurs sont sûrement pour beaucoup dans l’excellente réputation de cet établissement.

A huit heure dix, j'ai pénétré dans le café et, après un rapide coup d’œil circulaire, j'ai choisi une table contre le grand mur recouvert de miroirs sérigraphiés. Natacha devait arriver dans les minutes suivantes. Un exemplaire du « Monde » s’ennuyait sur la table à ma gauche et je me suis plongée dans la lecture du quotidien en attendant ma collègue et le serveur. Lorsque mon portable s'est mis à sonner, j’ai su que c’était Nat. Effectivement, elle allait avoir une demie-heure de retard. Ma banque étant dans la rue parallèle, je décidais d’y aller afin d’y déposer deux chèques et retirer ma nouvelle carte de crédit. Je suis ressortie du café et ai traversé le boulevard Foch.

Lorsque je suis arrivée au Crédit Municipal et Industriel, il y avait peu de monde. Les quatres guichets étaient occupés et j’ai pris ma place dans la file de droite. Un homme devant moi comptait les dollars américains qu’il allait changer. Alors que je cherchais mes deux chèques dans mon sac à main, quelqu’un m’a bousculée très violemment et, avant que je n’ai le temps de répliquer, trois hommes en survêtements et blousons noirs, capuches sur la tête et passe-montagnes avaient pris possession des lieux et nous menaçaient en hurlant, des armes à feu dans les mains.

« Mesdames et messieurs, ceci est un braquage. Si vous faites EXACTEMENT ce que l’on vous demande, il ne vous arrivera rien. Nous n’avons pas l’intention de vous faire du mal, sauf si vous nous y obligez. Dans un premier temps, les femmes vont se mettre à gauche près des plantes vertes. Ne criez pas, vous ne ferez que nous énervez. Faites juste ce que l’on vous dit. Les hommes, vous vous mettez ici, à plat ventre. Le premier qui bouge se verra offrir un aller-simple pour l’enfer. Je veux que vous éteigniez vos portables. Vous m’avez compris ? Pas même de vibreur, vous éteignez vos portables, dépêchez-vous ! Soyez coopératifs et tout se passera vite et bien, pour tout le monde. Toi, là, oui toi ! T’essayes de jouer au héros ? T’en as déjà marre de la vie ? A quoi ? Vingt-trois, vingt-cinq ans ? Tête contre sol et ta gueule ! Tu bouges un orteil, je t’explose ta boite à idées ! »

D’abord, j’ai cru que c’était une blague, un truc du genre « caméra cachée ». Cela me faisait même sourire. Mais à l’air terrorisé de mes compagnons de galère, j’ai commencé à comprendre que je ne faisais pas de figuration dans un film. J’étais bien en plein cœur d’un hold-up. Et moi qui me plains d’avoir toujours les places les plus bidons au théâtre, aux concerts… Là, j’étais aux premières loges. Mieux placée que cela, je ne pouvais pas être. Deux des braqueurs se sont fait accompagner dans la salle des coffres par un employé tandis que le dernier nous tenait en joue avec ce qui m’a semblée être un fusil de chasse. Personne ne bougeait et l’on entendait la respiration sifflante de madame Ferrara, la caissière. Cette dernière accuse une surcharge pondérale qui, associée au stress de l’instant, lui occasionnaient alors une certaine difficulté à respirer.

J’ai regardé discrètement l’heure, il était neuf heures moins vingt-cinq. Je pensais à Natacha : elle ne me croirait jamais. D’ailleurs, jusqu’au lendemain que les journaux paraissent, personne n’allait me croire. Une sirène de police s’est faite entendre à quelques rues de là, ce qui a eu pour effet d’agiter un tant soit peu notre ravisseur masqué. Il a sorti de sa poche de blouson un mini talkie-walkie :

« Putain, les mecs, vous foutez quoi ? Vous avez l’intention de bouffer sur place à midi ou quoi ? Merde ! Grouillez-vous, bon sang !!! »

Trente secondes plus tard, les deux complices remontaient du sous-sol avec deux gros sacs de sport apparemment bien remplis. Et là, tout se passa très vite. Un des employés qui avait échappé à la surveillance de notre agresseur réussit à appuyer sur l’alarme. Sauf qu’il se fit surprendre en plein acte, ce qui lui valut une balle dans l’épaule. Cris, agitations, hurlements, la scène virait à la cacophonie et à l’anarchie la plus complète. Les voleurs s’affolèrent et des sirènes commencèrent à se faire entendre en se rapprochant de la banque. Les trois types décidèrent d’embarquer la jeune femme à côté de moi afin de se couvrir pendant leur fuite. Mais, s’apercevant qu’elle était enceinte, ils la repoussèrent et je me sentis violemment attrapée par un bras autoritaire, ce qui eut pour effet de me faire perdre l’équilibre. Le type s’emmêla la main dans mon collier et le cassa en cherchant à se dégager. Mon long sautoir de perles noires de Tahiti (ramené de notre voyage de noce il y a onze ans) s’égrena en des dizaines et des dizaines de petites billes, tressautant sur le sol de marbre. Un des lascars s’étala en cherchant à fuir, entrainant dans sa chute le complice qui portait le sac. Les policiers surgirent et en quelques secondes le calme fut rétabli. Seul un des voleurs avait réussi à s’échapper.

Et voilà, monsieur Poivre d’Arvor, toute mon aventure.

« Eh bien, il est agréable de savoir que, grâce à votre collier de perles, deux des trois dangereux malfaiteurs ont pu être arrêtés, tout en évitant des conséquences trop dramatiques pour les témoins de ce hold-up. Signalons également que la direction du Crédit Municipal et Industriel a décidé de vous offrir un nouveau bijou afin de vous récompenser pour votre acte involontairement heureux. Nous terminons ce journal avec les prévisions météo d’Evelyne Dhéliat, plus qu'ensoleillées en ce mois de juillet. Prochain journal présenté demain à six heures quarante. Bonne soirée à vous sur TF1 et merci de votre fidélité. »

© 2007 Plum'

mardi, 22 avril 2008

Paramour

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Je voudrais bien m’offrir un paramour mais ce qui me retient c’est le choix de sa forme.

Vous ne savez pas ce qu’est un paramour ? Ce n’est pas possible ! Vous n’en avez jamais entendu parler ? Là, j’ai franchement du mal à vous croire ! Vous ne savez même pas à quoi cela sert ??? J’espère que vous plaisantez ! Ou alors vous vous moquez de moi ! Non ? Je vais tenter de vous en expliquer l’usage et les différentes formes que l’on peut trouver sur le marché.

Le paramour a un usage de protection comme l’explique la première partie du mot : para.

Protection contre quoi, me direz-vous ? Vous l’avez deviné : contre l’amour.

Pourquoi se protéger de l’amour, vous demandez-vous ? N’est-ce pas ce qu’il y a de plus beau et de plus noble sur cette Terre ?

Je vous répondrai que c’est exactement comme le soleil. Certaines personnes, plus sensibles et plus fragiles que d’autres, ont besoin de se protéger des rayons sinon c’est le coup de soleil.

En amour, c’est pareil. Certains d’entre-nous, tous sexes confondus, ont besoin d’une protection efficace afin d’éviter le simple coup de coeur ou, carrément, le coup de foudre souvent à l’origine de coups de tête et se terminant d’ailleurs, en majorité, par un coup de déprime.

Les conséquences peuvent être désastreuses et mener les victimes à des coups de folie, voire des coups de sang.

J’ai donc décidé de prendre les devants en me préservant efficacement. Après tout, ne dit-on pas :

« mieux vaut prévenir que guérir » ou bien « la prudence est mère de tous les maux » ?

Je me suis renseignée sur les différentes formes de paramour et, à ma grande surprise, il en existe des tas à tous les prix. En voici quelques-uns afin de vous aider si vous décidez, vous aussi, un jour, de vous prémunir.

Les moins coûteux sont :

1) le pyjama en pilou, imprimé Mickey, qui se boutonne jusqu’en haut. C’est un modèle unisexe ayant l’avantage de présenter une version féminine sous forme de chemise de nuit (longueur mi-mollet) ou de liquette pour les hommes ayant besoin d’une forte protection tout en étant désireux de rester à l’aise.

2) pour les dames, la crème de nuit grasse reste une valeur sûre ainsi que le rouge à lèvre brillant et très rouge pour la journée (l’idéal étant d'en avoir sur les dents et de l’accompagner d’un fond de teint bien épais et faisant luire la peau). Ces articles sont disponibles dans les grands magasins aux rayons hygiène, sur l’étagère des tous premiers prix.

Viennent ensuite les paramours moyennes gammes, un peu plus chers, certes, mais que l’on peut cacher et présenter au moindre danger. En voici un petit échantillon :

1) le slip dit « kangourou » couvrant le bide pour les messieurs et la gaine « spécial ventre plat » couleur chair, de préférence, pour les dames.

2) le cigare est toujours bien placé chez les hommes (quoique un peu onéreux pour les connaisseurs). Chez les femmes, les aisselles et le maillot bien fournis ont toujours leurs irréductibles.

Nous terminerons ce tour des paramours avec les prix les plus élevés mais, sans aucun doute, les plus efficaces :

1) le stage en 15 leçons « comment ne pas me faire aimer ? » suivi d’un module de perfectionnement en cinq cours « je veux être le cauchemar de l’autre ». Un coach suit personnellement votre évolution jusqu’à l’obtention d’une sorte de diplôme.

2) la solution la plus dissuasive mais très onéreuse reste l’adoption de neuf chats, six chiens, quatre iguanes, un python, sept mygales, trois piranhas et quelques plantes carnivores dans un deux pièces de 45 m². Les personnes ayant choisi ce type de paramour sont toutes satisfaites du résultat à cent pour cent : personne n’a le courage de les aimer.

Le choix a été difficile mais j’ai opté pour le… ? Le… ? Allez, essayez de deviner ! J’ai choisi le… cigare ! Je me suis dit qu’en plus, en tant que femme, c’était le paramour idéal !

Eh bien vous ne me croirez jamais ! Je me suis rendue dans une boutique spécialisée très chère, très chic et… je crois bien que je suis tombée très amoureuse du petit vendeur qui s’est occupé de moi !

Trop bête !

Mais si bon…

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vendredi, 21 mars 2008

Rat... ification

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« - Gréégooooiiiiire !!! Mais qu’est-ce que c’est que ce… ce truc ? Grégoire, viens immédiatement !!! Et vitesse grand V ou j’ameute tout le quartier !!!
- Reste cool, j'suis là, pas besoin de jouer à la Castafiore ! Che passa ?
- Che passa ??? Tu peux m’expliquer ce que ce... ce que cette… bestiole fait dans ton lit, s’il te plait ? Et, je te conseille vivement de me dénicher du plus profond de tes hémisphères cérébraux une explication qui me convienne !!! Je t’écoute !!! »

Et voilà approximativement, la reconstitution du premier dialogue de la journée avec mon fils, Grégoire, 15 ans.

Il est neuf heures et dix-huit minutes, je monte à l’étage pour effectuer mon labeur de femme d’intérieur, à savoir le ménage, et qu’ai-je l’immense joie de découvrir, niché sous la couette de la chair de ma chair ? Un rat ! Oui, oui, vous avez bien lu : UN RAT ! Et pas un petit ! Plutôt un modèle échappé d’un labo parce qu’il en aurait eu assez de tester des hormones de croissance, vous voyez ? Et moi, cette longue queue rose, ce petit air vicieux, je ne peux pas ! Cela me terrorise, cela me paralyse, cela me… cela m’écoeure, cela me fait peur !…

Mais pourquoi faut-il toujours que mon formidable, mon admirable époux soit en déplacement au moment où j’ai le plus besoin de lui ? Cela restera le grand mystère de notre mariage ! De plus, je n’ai vraiment pas de chance, parce que Fifine, notre chatte, a choisi la semaine dernière pour se faire écraser ! On peut dire que je suis maraboutée !

Je n’ai jamais voulu d’animaux, je n’accroche pas ! Déjà fillette, ce n’était pas mon truc. Cela fait des saletés, du bruit, il faut s’en occuper, c’est difficile à gérer lorsqu’on part en vacances, cela coûte en soins et nourriture. Et qu’elle en est la contrepartie ? Un canapé lacéré, mordillé, démonté ! Des tapisseries arrachées ! Des tapis et moquettes tachés ! Un démaquillage lingual avec, en prime, une haleine de coyotte hépatique en phase terminale !

Non, je regrette ! Et pourtant, j’aime les poissons mais… en papillottes avec une sauce au beurre blanc, j’aime les veaux mais… délicatement escalopés à la crème et aux champignons, et les renards, les loups, je les aime aussi… dans mon armoire, sur cintres ! D’aucuns diront que je suis sans cœur. C’est faux ! J’adore les bêtes mais chez elles, dans la nature… et les rats dans les laboratoires ! Chacun chez soi ! Est-ce que je me balade dans les égoûts, moi ? Non ! Alors les rats n’ont pas à faire leur sieste digestive dans le lit de mon fils, voilà !

Bon, mon rejeton m’a tout-de-même époustouflée sur ce coup-là. Il a plaidé la cause du rongeur avec une telle emphase que je me suis laissée persuader de tolérer l’intrus mais enfermé à double tour dans une cage. Je n’ai toujours pas compris comment j’en suis arrivée là, mais j’ai accepté !

Grégoire s’est fait l’avocat du diable et je me suis retrouvée, hors de sa chambre, convaincue que nous hébergions sous notre toit, la réincarnation de l’illustre Einstein (prénom d’ailleurs attribué à notre nouveau colocataire : le rat)… Il y a eu de sérieuses négociations et nous sommes arrivés aux accords suivants :

RAT = Reprise Assidue du Travail scolaire
RAT = Rangement Actif de la Turne de monsieur mon fils
RAT = Réduction de l’Addition Téléphonique
RAT = Respect des Anciennes Traditions (déjeuners dominicaux en famille, par exemple)
RAT = Rap A fond Terminé

Finalement, je crois que je commence à bien l'aimer, notre Einstein !!!

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samedi, 12 janvier 2008

A Nice Meeting

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J’observe. Là, à cet instant précis, je ne parle pas mais je souris. A eux, aux anges, à l’amitié, à la technologie. A la vie aussi, surtout !

Hier matin, alors qu’il faisait encore nuit, je pénétrais dans l’aérogare et me dirigeais vers les bureaux d’enregistrement de mon billet de cette fameuse compagnie britannique low-cost. Je suis arrivée tôt. Mais j’aime bien, j’observe et cela m’aide à canaliser mon énervement. Quelle histoire folle ! Je m’en vais voir mes amis, invitée, attendue par ces amis avec qui je communique tous les jours ou presque. Des conversations polies, des compliments échangés, des avis divergents, même une scène de jalousie assez violente une fois, des jeux de mots, des blagues, des provocations… Des potes de toujours, il me semble.

J’écoute ces conversations qui s’emmêlent, ces voix qui s’enlacent et se séparent. Avide, je me nourris de ces sourires radieux, de ces yeux brillants qui se scrutent pour mieux se souvenir. Sous mon pull, je sens que j’ai la chair de poule. Tout mes sens sont tendus vers l’autre, vers eux. Je suis fatiguée mais détendue, je ne suis pas lasse. Je suis bien, la nuit est belle, tout est tellement parfait que je voudrais avoir une télécommande magique et mettre en mode ralenti ces instants de bonheur.

L’avion atterrit presque sur la mer. La mer d’un bleu turquoise qui se fond avec le ciel. J’ai des frissons de fatigue et d’excitation mélangés. Il avait dit : on t’attendra mais si tu nous aperçois, ne nous fais pas mijoter trop longtemps. J’étais prête pour la bonne blague, l’appeler sur son portable alors que je serais à leur côté. Mais mon visage m’a trahie, fendu d’un immense sourire. Alors, il n’y a pas eu de manières, juste des baisers sur les joues et une drôle d’impression de ma part. Les voix s’accordent aux physiques, ne m’étonnent pas, ne jurent pas. Il est plus grand que je ne l’imaginais. Elle est mignonne à croquer. Ils sont tout en harmonie. Les bagages arrivent et nous rejoignons la voiture, en route vers la maison. La ville s’éveille, bientôt la circulation couvrira le cri des mouettes…

Je croise par instant un regard, je capte des bribes de conversations. Assis en bout de table, le maître des lieux est beau, avec un physique solide, un sourire radieux et des yeux pétillants d’enfant. Il est heureux car ces réunions amicales sont, à chaque fois, un véritable succès. Son grand fils s’est attelé aux fourneaux toute la soirée afin qu’il puisse profiter de ses amis. A sa gauche et à sa droite, il y a LE couple, la représentation idéale que je me fais de l’amour. Après plus de vingt ans passés ensemble, ils ne se regardent pas. Ils se mangent, s’admirent, s’attirent, se séduisent encore, se cherchent toujours. En face de moi, un père et son fils. Les deux ne manquent pas de charme, sont complices, attentionnés l’un envers l’autre. A ma droite, il y a le fruit des amours DU couple. Il vient d’avoir son bac, il vient de recevoir son appareil-photo numérique avec lequel il ramènera ses souvenirs de vacances nordiques, dans quelques semaines. Il parle technique avec le surdoué de la capture, le poète de l’optique : le photographe ainsi que sa compagne. Je ne les connais pas vraiment, je reste un peu en retrait, intimidée.

Nous nous apprivoisons devant le petit déjeuner, nous échangeons nos impressions, nous parlons de nous, par petits bouts. Il y a tant à dire, à se raconter, mais les pensées se bousculent, les mots jouent à cache-cache et les réactions sont encore timides, hésitantes. Ce n’est pas grave, on va se balader, profiter du soleil, de la chaleur. Les alentours sont superbes, les sites m’enchantent et nous parlons encore et encore. Le pique-nique permet d’accéder à une certaine intimité, du moins me semble-t-il. Je nous sens plus détendus devant le petit café, attablés sur le port de plaisance. Nous nous promenons jusqu’en fin d’après-midi et mes yeux ont fait le plein de mer bleue, de végétation méditerranéenne, de maisons en pierres aux murs dégoulinant de bougainvillées, de villages de charmes. Nous rentrons. Nous dînons. Nous attendons les autres pour le dessert. Je repartirai ensuite avec eux. Je suis un peu gênée… et stressée aussi.

Mon regard croise mon hôte. Il me sourit. Tout est douceur chez cet homme, ses grands yeux bruns, son sourire, sa voix. J’aime beaucoup son côté « révolté pacifiste ». Il est infiniment gentil, très intelligent, très cultivé mais malgré cela il reste un homme simple. Un homme sain. Son fils lui ressemble beaucoup. Je lui rends son sourire. La nuit est un peu fraiche, le vin est bon, le repas est convivial et délicieux. J’imprime tous les sourires, toutes les rides d’expression, les mines de chacun afin de m’en souvenir longtemps. Je veux me rappeler de cet endroit magnifique, de ce vallon, de cette nature. Je regarde cette grande sauterelle venue s’inviter sur le muret et que les enfants découvrent, à grand renfort de ah ! et de oh ! Nous nous relayons, dans la cuisine, afin d’aider à préparer les pizzas. On étale des dizaines de pâtons, on les garnit afin que le cuisinier de service puisse les enfourner. On boit, on plaisante, on rit.

Petit déjeuner, le lendemain. Mon hôte est privé de sa compagne durant tout ce week-end. Je suis attablée, en pyjama, chez un homme que je ne connais pas. Il sourit. Et pendant que son petit garçon boit son lait chocolaté, lui, me parle d’une voix douce. Tout est si simple, si facile. Mais pourquoi la vie n’est-elle pas tout le temps comme cela ? Les tasses d’expresso se succèdent. Nous conversons, parlons de nous, faisons connaissance. Et toujours ce sourire. Ce type sourit tout le temps. Je n’ai jamais rencontré un homme aussi gracieux, je crois. Il me raconte ses voyages, sa compagne que je n’aurai pas le plaisir de rencontrer vraiment. Dommage… Tout à l'heure, nous irons visiter la vieille ville. Nous nous arrêterons pour déguster des spécialités locales. Et puis, au retour, alors que nous longerons la plage, le père et le fils se baigneront. Ils partageront un moment de complicité ludique et je prendrai des photos tout en mouvements et en éclaboussures d'écume.

Le maître des lieux nous raccompagne jusqu’à nos voitures. Armé d’une torche, il nous guide dans ces chemins pierreux et pentus. La nuit est avancée. Il est ravi de cette soirée très attendue. Nous, nous sommes comblés. Moi, je suis sur un nuage. Ce qui n’était hier que des images sur un écran s’est matérialisé d’un seul coup. Oui, ils existent tous. Non, ils ne sont pas que des pseudos inconsistants sur un écran. Oui, ils ont une vie, une famille, une histoire, un boulot, des passions. Non, Internet n’est pas qu’un nid à pédophiles, à arnaques ou à pornographie. Oui, le virtuel peut déboucher sur de belles amitiés.

Lorsque l’avion m’a ramené chez moi, il m’a fallu plusieurs jours pour atterrir vraiment…

 

© 2008 Plum'

lundi, 24 décembre 2007

Le Père Noël aime-t-il les chaussures ?

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Moi, je ferai tout ce qu’il faut pour provoquer le destin.
C’est ainsi que le Père Noël trouvera sous mon sapin :

 

Ma paire d’après-ski pour un bon vieux whisky
Ma paire de bottes pour des chocolats à la griotte
Ma paire de charentaises pour les surprises... mauvaises
Ma paire de derbys pour un sac de billes
Ma paire d’espadrilles pour de petites pacotilles
Ma paire de flâneurs pour tout ce qui vient du coeur
Ma paire de galoches pour le cadeau un peu moche
Ma paire de loafers pour un bouquet de fleurs
Ma paire de mocassins pour un nouveau coussin
Ma paire de nu-pieds pour de jolis verres à pied
Ma paire de pantoufles pour une paire de moufles
Ma paire de richelieux pour le cadeau merveilleux
Ma paire de sandales pour de la lingerie scandale
Ma paire de tongs pour un jeu de mah-jong

 

Il y en aura de toutes les couleurs et de toutes les matières
Peut-être ainsi connaitrai-je le bonheur avant le cimetière ?

 

Je déposerai également mes chaussettes, mes bas et collants
Car je le rêve avec fossettes, musclé des bras et bon amant…

 

Cette année, je vais mettre toutes les chances de mon côté
Il ne me reste plus qu’à me faire installer... une cheminée !


 

© 2006 Plum'

vendredi, 23 novembre 2007

TORVE STORY 16

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Le lendemain, je pénétrais pour la première fois l’immeuble dans lequel se trouvait notre quotidien régional d’informations, boulevard du Chanoine Kir. J’avais rendez-vous avec une journaliste, Alexandra Pelletier. Je m’annonçai à l’accueil et, au bout de quelques minutes, une jeune femme vint me chercher. Nous prîmes un ascenseur qui nous amena au deuxième étage. Elle m’invita à m’asseoir, me proposa un café, s’installa derrière son bureau et, sans détours, me demanda :

 

« - Je vous écoute, monsieur Morel. De quoi voulez-vous me parler ?

- Avant toute chose, je tiens à vous remercier de m’avoir reçu aussi rapidement, répondis-je.

- Mais je vous en prie, c’est bien normal. Nous sommes à l’écoute de nos concitoyens, de nos lecteurs. Je vous avoue que votre appel téléphonique m’a intriguée. De quoi s’agit-il exactement ? m’interrogea-t-elle.

- Je voudrais vous parler de Télévidence.

- La chaîne de télévision Télévidence ?

- Oui, exactement. Et plus particulièrement de leur émission-réalité Trade : Celebrity.

- J’avoue que vous me surprenez, monsieur Morel. Je ne comprends pas très bien en quoi notre journal peut intéresser Trade : Celebrity.

- Ah, vous considérez le problème à l’envers, mademoiselle Pelletier. C’est plutôt Trade : Celebrity qui pourrait intéresser votre quotidien.

 

Je me lançai alors dans une grande explication, lui parlant de Maryline, de l’émission, des travers pervers de cette dernière, des parents de Maryline et concluant ainsi :

 

- Il n’y a plus que vous qui puissiez faire quelque chose. Moi, je n’ai aucun pouvoir. Mais je sais une chose : les candidats à cette saleté de programme sont en grand danger qu’il soit physique ou psychologique. Il y a un non-respect des participants, de leurs familles et même des téléspectateurs. Il faut dénoncer ces abus et il n’y a que vous qui puissiez le faire. Aidez-moi, je vous en prie.

 

Alexandra Pelletier resta silencieuse et affichait un regard plutôt dubitatif. Sans cesser de me fixer, elle prit un stylo bille qu’elle tritura nerveusement.

 

- Je comprends bien tout ce que vous venez de me raconter, monsieur Morel, mais je ne suis pas certaine que le Bien Public puisse vous apporter l’aide que vous souhaitez. Et puis pourquoi nous, d’abord ?

- Mais parce que vous êtes le quotidien de toute la Côte d’Or, pardi ! Cela n’est pas rien !

- Nous sommes un petit quotidien régional tiré à soixante-cinq mille exemplaires, monsieur Morel. Ce n’est pas Paris-Match non plus, il ne faut rien exagérer. Avez-vous seulement une idée de ce qu’est Télévidence ? Et puis je me pose une question, monsieur Morel. Vous m’avez exprimé vos craintes concernant votre amie, certes, mais qui vous dit qu’elle a envie d’arrêter le jeu ?

- Elle ne se rend pas compte de ce qui se passe, de ce qui se trame. Le compte-rendu que je vous ai fait concernant la réunion des coachs s’est fait à huis-clos. Aucun des candidats n’en a eu vent. Maryline est en danger et elle n’est pas la seule. Il y a aussi ce jeune mannequin, Maylis. Télévidence pousse les candidats aux limites les plus extrêmes, jusqu’à l’anorexie pour certains, l’épuisement pour tous. Ne laissez pas tomber, s’il vous plaît ! Allez faire une interview et regardez dans quel état sont les concurrents. C’est tout ce que je vous demande.

- Et quelles sont les raisons que nous aurions de réaliser une interview ou un reportage sur cette émission, monsieur Morel ?

- Vous plaisantez, j’espère ! Maryline est Dijonnaise, mademoiselle Pelletier. Cela mérite quand même que le quotidien de la région s’y intéresse, non ?

- Qu’attendez-vous de moi, exactement ?

- Je veux que vous remettiez à Maryline un courrier de ma part. »

(à suivre...)

 

© 2007 Plum'

mercredi, 21 novembre 2007

Mauvais choix

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Je n’ai pas mis les bonnes chaussures, ce matin. C’est une bévue que je risque de regretter tout le restant de ma vie. Parfois, on se trompe de vêtement. On écoute la météo à la radio, on se contente de regarder par sa fenêtre et l’on aperçoit un ciel rose et mauve avec quelques trouées azur. Tout semble présager une belle journée. Et toc ! On part affronter cette dernière sans imperméable, sans parapluie mais avec un brushing ou un lissage de la chevelure qui fera le bonheur des averses à répétition que personne n'avait prévues.

Eh bien, ce matin, c’est exactement ce qu’il s’est passé pour moi. J’ai ouvert mon armoire et, vu le temps qui était annoncé froid et sec, j’ai choisi de porter une robe avec mes nouvelles bottes. De superbes bottes avec de hauts talons aiguille. J’en rêvais depuis si longtemps. Mon long manteau, un joli béret, une grande écharpe tournée plusieurs fois autour de mon cou, mes gants en cuir, mon sac à main et hop, direction la station de métro.

Je n’ai pas mis les bonnes chaussures, ce matin, et dès ma sortie de l’immeuble, j’ai compris mon erreur. Le trottoir accuse d’importants dénivelés et les quatre cents mètres me séparant de l’entrée de la station de métro m’ont plus faits l’effet d’un parcours du combattant que d’une démarche élégante et féminine. J’aurais dû me rendre compte, à cet instant, anticiper le reste de ma journée. Mais non ! Trop contente d’exhiber une féminité que je n’affiche pas au quotidien, j’ai ignoré ce que ma conscience essayait de me dire. Chaque vitrine me renvoyait l’image d’une jeune femme jolie et sexy. Les reflets de cette presqu’inconnue me flattaient. J’observais discrètement mon visage maquillé. Mes yeux semblaient être des papillons de velours noir et ma bouche, aux contours dessinés, me paraissait être deux pétales de rose rouge.

Je n’ai pas mis les bonnes chaussures, ce matin. On ne traverse pas une ville comme Paris avec de pareilles bottes. Elles ne sont pas secrètes, elles ne sont pas de sept lieues. Elles sont justes inconfortables et jolies aussi. C’est tout ce qu’elles sont, mes bottes. Je me tords les pieds et cela n’est pas féminin du tout, çà. Je trébuche sur les pavés, mes talons restent coincés dans la moindre grille, s’enfoncent dans la terre humide. Non, ce n’est pas élégant, cela. C’est tout juste pitoyable.

Dans la rame bondée du métro, mon regard a croisé le sien. J’ai soutenu ces iris gris. Je me suis laissé pénétrer par ces prunelles couleur de nuages. Il a souri. Et j’ai senti mes lèvres me désobéir, découvrir mes dents. Deux stations plus tard, il était face à moi. Je pouvais sentir l’odeur de cuir de sa veste, les effluves de son parfum boisé. Je regardais les fils d’argent dans ses boucles brunes. Mon visage était comme figé dans un sourire. J’étais devenu sourire. Il y avait trop de monde dans ce wagon. Je sentais mon corps bousculé, mon manteau et mon sac tirés à chaque ouverture des portes. Mais je n’étais plus là, plus vraiment. J’étais dans ses yeux et il était dans les miens. Et je me demandais quel goût pouvaient avoir ses lèvres.

Il y a eu une bousculade et, je ne sais comment, je me suis retrouvée sur le quai. Mais ce n’est pas ma station, c’est bien trop tôt. J’essaye de courir, de rejoindre l’ouverture. Je mets un pied devant l’autre, j’appuie sur les orteils pour me donner de l’élan. Encore ! Une jambe, puis l’autre, entravées par mon manteau trop long. J’ai chaud, j’étouffe, il est là, devant la porte, et ses yeux argentés essaient de m’aspirer, de m’attirer. Je tends la main, mes lèvres grenat toujours paralysées dans leur sourire. 

Lorsque je relève la tête, le train est reparti en direction de son prochain arrêt. Je suis à terre, une aiguille d’une dizaine de centimètres à côté de moi. Non, décidément je n’ai pas mis les bonnes chaussures, ce matin. J’ai voulu porter ces belles bottes qui me rendent si femme. J’aurai mieux fait de choisir celles qui me permettaient de courir après l’amour en me donnant toutes les chances de le rattraper…

 

 

© 2007 Plum'

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