lundi, 26 mai 2008

La Soupe de Tortue

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C’est étrange, un peu comme une remontée des fonds marins. Des grands fonds marins. Il faut respecter des paliers. Le corps redevient humain, se ré-ouvre à la vie terrestre. Les ouïes redeviennent oreilles, les poumons reprennent la place des branchies, on ressent à nouveau le froid de l’eau, le cerveau se ré-oxygène. Peu à peu, il y a prise de conscience du temps, des sons, du toucher, du goût, de toutes ces sensations qui nous font à la fois vibrer et du mal. Ce que l’on appelle si communément la vie sans vraiment réfléchir à tout ce que cela inclut…

 

C’est étrange, un peu comme un éveil après un long coma. Un coma artificiel ou même une période d'hibernation. Il faut se réhabituer. Le corps revient à la vie, chaque membre semble habité par une existence qui lui est propre. Les sons se réapproprient l’atmosphère. Même le silence est sonore. Les muqueuses olfactives perçoivent à nouveau les molécules odorantes tandis que les papilles et bourgeons gustatifs retrouvent la perception des saveurs. Les poumons peuvent à nouveau travailler seuls, on ressent le froid, le chaud, le système pileux fait réagir la peau, on pense, on réfléchit, on réagit. Peu à peu, il y a prise de conscience de l’environnement, du décor, des personnes, de la saison, de l’heure, de tout cet espace temporel qui nous met en place dans notre vie. Ce que l’on appelle si communément l’existence sans vraiment réfléchir à tout ce que cela inclut…

 

C’est étrange, un peu comme une reprise du temps en cours. Un temps qui se serait arrêté pour ce qui m’aurait semblé quelques secondes, quelques minutes, allez ! seulement quelques heures. Il me faut me réhabituer à cette fenêtre sur le monde. Point de vitres mais une parfaite isolation. Pour l’ouvrir et respirer avec les yeux ces odeurs de mots, goûter ces images picturales ou photographiques, il me faut réapprendre à caresser. Doucement, très doucement. Les mots sont en désordre, ils s’épèlent par petits effleurements. Je dois me persuader qu’il n’est pas un ennemi, pas un envahisseur. C’est juste un clavier, un objet inanimé fait de plastique, quelques diodes lumineuses, une certaine ergonomie.

 

Je ne peux rien avancer, je ne veux rien promettre. J’essaie, c’est tout. Aujourd'hui, je patauge dans la soupe. Et j'en suis l'ingrédient principal : la tortue...

 

© 2008 Plum'

mardi, 25 mars 2008

Sauce passe-TAG à...

Aujourd’hui, je me décide à répondre à mes amis virtuels AnTAGone Antigone et Lucile et Lucien. En effet, j’ai été taguée comme une vulgaire façade publique et je vous livre ici (enfin) mes tics-tags-tocs que vous ne connaissez pas encore (normalement !).

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Le trait principal de mon caractère est la force (de caractère). Ces derniers temps, il est vrai, je ne la retrouve pas vraiment mais il parait que c’est un mauvais passage qui ne durera pas. Ouf, parce que ce n’est pas moi et cela me fatigue !

 

Lorsque je suspends du linge fraîchement lavé, j’assortis toujours les pinces à linge à la couleur de la pièce qu’elles tiendront. Et lorsque c’est impossible, avec du noir par exemple, je tranche avec du blanc. Naturellement, il est hors de question d’accrocher un vêtement avec deux pinces à linge de forme différente (même si elles ont la même couleur). Pas la peine de secouer la tête avec cet air qui en dit long. Je sais ! Et alors ?

 

La qualité que je désire le plus chez un homme est sûrement la courtoisie. Et l’humour aussi. Et l’attention. Ah, j’oubliais, la pédagogie ! Et la mémoire des dates. Il y a le romantisme aussi. Et la gentillesse. Qu’il sache cuisiner me comble ! Et aussi… Certain(e)s comprendront enfin pourquoi ma vie est ce qu’elle est à l’heure d’aujourd’hui…

 

Je suis très attirée par les arts divinatoires et la cartomancie en particulier. Il parait que c’est mon ascendant Poissons qui en est la cause. Oh, ça va, hein ! Nul n’est parfait !

 

Les qualités que je préfère chez les femmes sont la gentillesse et l’intelligence. Tout sauf « bêtes et méchantes » !

 

Je me parfume avant d’aller me coucher. Depuis des années. Je ne peux pas me doucher et ne pas me parfumer y compris le soir. Cela dit, mes moyens ne me permettent pas le N° 5 de Chanel. Pour la nuit, je me contente d’eaux de toilette bien plus modestes et, surtout, moins capiteuses.

 

Mon principal défaut est la franchise. Je sais me taire, garder certaines opinions pour moi. Mais si l’on me demande mon avis, peu m’importe que cela ne soit pas politiquement correct. Je dis ce que je pense et même si cela surprend, je m’aperçois que cela passe finalement plutôt bien, en général.

 

J’ai des préférences, en matière d’achats, plutôt masculines. Je n’ai aucun plaisir à faire les boutiques de fringues, les maroquineries, les chausseurs, les bijouteries, etc… Moi, ce qui m’éclate, c’est le High-Tech. Je peux passer des heures dans les magasins d’informatique, les rayons audio-vidéo, photos, électroménager…

 

Ma principale qualité doit sûrement être l’humour suivi de très près par l’optimisme. Je pense que l’un ne va pas sans l’autre. C’est en prenant à la « rigolade » certains moments peu marrants de ma vie que j’ai réussi à les surmonter, je crois.

 

Je suis incapable de suivre une recette de cuisine à la lettre. Il faut toujours que je rajoute des tas d’épices, d’aromates, de choses qui n’étaient pas prévus. J’avoue très modestement que je n’ai pas eu de réclamations à ce jour. A croire que mes invités sont tous très bien élevés…

 

Mon occupation préférée est le farniente. Je n’en ai pas honte, j’adore ne rien faire, laisser aller mes pensées, rêvasser, refaire le monde, m’évader. Je suis comme cela depuis petite et je n’ai jamais perdu cette faculté de m’échapper (lors d’un repas en réunion, par exemple) tout en laissant toujours trainer une oreille. Ainsi, je ne me fais jamais surprendre et tout le monde est content !

 

Je suis sans cesse surprise lorsqu’on m’appelle Madame. C’est drôle, je ne me sens pas concernée de suite. Je ne me suis pas sentie grandir et je ne me sens pas vieillir. D’un autre côté, je le vis sûrement beaucoup mieux que si on s’adressait à moi en m’appelant Monsieur…

 

Un plat qui me met l’eau à la bouche est, sans conteste, un plat de pâtes ! Et pas besoin de le sophistiquer. Les spaghettis cuits al-dente avec un filet d’huile d’olive et du parmesan suffisent à me combler.

 

J’ai horreur de me laver les cheveux, de les sécher et de les coiffer. C’est pourquoi je les porte courts. Autant je peux m’occuper de mon visage, autant toucher à mes cheveux m’est pénible. Une chose est sûre, je n’aurais jamais pu être coiffeuse. Beurk !

 

Mes mots favoris ? Je n’en dirai qu’un mais qui les regroupe tous : dictionnaire ! Je ne peux pas choisir parce qu’un mot, un seul, ne peut être extrait d’une langue aussi riche que la nôtre.

 

J’ai un tempérament qui me fait constamment défier la douleur. Je ne prends pas de médicaments tant que je peux supporter la douleur. Le résultat n’est pas bon : en général, je vais chez le médecin un peu trop tard…

 

C’est sûrement la bêtise humaine que je déteste par-dessus tout et que je ne peux pas pardonner. Trop souvent, elle mène à la méchanceté voire à la cruauté. Elle est motivée par la frustration, la jalousie, l’ambition. Tout ce que j’aime…

 

Hormis l'alimentation, je fais l’essentiel de mes achats sur le Net. Je suis devenue une vraie pro de la chasse aux bonnes affaires…

 

Et pour terminer ce long strip-tease, si j’avais un rêve, un seul… J’aimerais savoir que, dans le monde, plus personne n’a faim ni soif.

 

© 2008 Plum'

 

samedi, 16 février 2008

Breakdown

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Il y a quelque chose qui cloche. Je ne saurais pas le définir exactement mais je me sens différente. C’est un peu comme si une partie de moi était restée là-bas et que mon enveloppe, elle, était revenue.

 

Il y a quelque chose qui cloche. Un truc bizarre qui me fait presque me sentir étrangère en moi. Chez moi aussi, d’ailleurs. Rien n’a bougé pourtant, tout est à la même place. Chaque objet est rangé, positionné avec cette presque maniaquerie qu’ont les personnes en mal de repères. Mais je sens des odeurs différentes, j’entends des silences qui me cassent les oreilles. J’ai parfois l’impression qu’il va se passer un évènement terrible. Et, évidemment, rien n’arrive.

 

Il y a quelque chose qui cloche. Et plus je cherche une explication logique et structurée, plus j’ai la désagréable impression de partir dans une sorte de délire paranoïaque que me fait peur. Et si une part de tout ce qui faisait ma personnalité s’était perdue dans cette salle carrelée et froide ? Et si, mon bon de sortie en main, j’avais oublié un morceau de mon âme dans la chambre ?

 

Il y a quelque chose qui cloche. Plus aucune envie de lire, par exemple. Les mots passent devant mes yeux comme de l’air. Ils sont vides de sens et de couleurs. Ils ne veulent plus rien dire. Ils me semblent familiers mais ce n’est qu’une apparence. Je ne les comprends pas. Plus aucune envie de regarder un film, une émission. Là, c’est pareil. Cela parle ma langue mais j’ai l’impression de traduire et l’effort demandé me fatigue si vite qu’au bout de quelques minutes, je décroche. Je n’absorbe pas les mots naturellement. Ils glissent près de mes oreilles mais n’y pénètrent pas. Plus aucune envie d’écrire, non plus. Trop fatiguant. Pas d’idées ou alors que des choses tristes à mourir. Beurk ! Je ne veux pas avoir de traces écrites de cet état-là.

 

Il y a quelque chose qui cloche. Un sentiment de culpabilité terrible envers les autres qui bossent, envers les autres qui chôment, envers les autres qui sont gravement malades, envers ceux que j’ai déçus, envers ceux qui attendent de moi un signe, un sourire, un bon mot. Envers ceux qui espèrent que je leur ferai assez confiance pour me livrer. Mais comment expliquer ce qui m’arrive ? Comment traduire ceci ? Et puis, lorsque l’on me regarde, j’ai une mine superbe, reposée.

 

Il y a quelque chose qui cloche. Je ne me sens pas triste. Je ne me sens pas malade. Je ne me sens pas lasse. Je ne me sens pas dégoutée de quoi que ce soit. Mais je ne me sens pas vraiment en vie non plus. Je me sens vide et vidée. Pas d’envies mais pas d’idées noires. Pas de sourires mais pas de larmes. Pas de fatigue mais pas d’entrain.

 

Il y a quelque chose qui cloche. Je crois que je me suis perdue…

 

© 2008 Plum'

 

mercredi, 17 octobre 2007

Osso-brico

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Hier, je l’ai rencontré pour la première fois. C’était notre premier rendez-vous mais bien plus qu’une simple prise de contact. J’ai eu du mal à arriver à l’heure. D’ailleurs, j’ai été en retard. Mais ce n’était pas de ma faute ! Je ne connais pas la ville, je ne connais pas son quartier qui est presqu’une ville dans la ville. J’ai tourné autour de pâtés de maisons, j’ai eu du mal à trouver l’entrée et puis lui, après. Bien caché, bien retiré, à l’abri du bruit et de l’agitation.

Prise de contact…

Un sourire franc et des yeux qui pétillent, pas très grand, pas beau mais non dénué de charme. La cinquantaine… et l’assurance qui va avec. Un sourire pétillant et le regard franc, mobile. J’ai tout de suite senti que cela allait coller. Le début d’une histoire. Poignée de mains solide mais pas broyeuse, rassurante et virile mais douce aussi, presqu’affectueuse. Il m’a fait entrer chez lui, dans son antre. Il m’a jaugée en souriant et j’ai soutenu son regard, en souriant. 

- Alors quoi ?

J’ai répondu en levant le sourcil gauche :

- Alors ? Alors, tout.

Il a voulu jouer les malins et m’a dit, d’un ton presque professoral :

- Vous avez des origines méditerranéennes, non ?

Je suis entrée dans son jeu :

- Comme vous, non ?

Il a souri, il a les yeux qui pétillaient, encore. Il m’a demandé de me raconter. Qui suis-je ? Que fais-je ? Suis-je mariée ? Ai-je des enfants ? Pourquoi ? Comment ? Combien ? Quand ? Où ? Qui ? Que ? Quoi ? Quel(le)s ? Je n’ai rien caché, je n’ai pas de fausses pudeurs, j’ai répondu mais sans développer. Le temps de me sentir plus en confiance, peut-être… 

Alors forcément, une chose en entrainant une autre, je n’ai pas eu le temps de me rendre compte de quoi que ce soit et j’étais débarrassée de mon jean et en position horizontale. Chacun son truc, lui, il « pratique » avec des accessoires. Je l’ai vu sortir un diapason, un marteau, une épingle à nourrice. Il voulait mes pieds. Les chatouiller, les tripoter, malaxer mes orteils. Bizarre et cocasse, étrange et inattendu, j’ai concédé à le laisser s’amuser. Il a voulu voir si j’avais de la force, aussi. Il n’a pas été déçu, mes bras ont autant de puissance que des carambars fondus au soleil. Mais malgré tous ces petits bémols, j’ai bien vu que je l’intéressais. Il me l’a dit.

Alors, nous avons parlé. Longuement. Il m’a expliqué comment notre relation allait évoluer. D’ailleurs, nous avons déjà fixé un autre rendez-vous. Il m’invite à passer une semaine chez lui, au mois de décembre. Après cela ? Il m'a affirmé qu'il y a de fortes chances que je mette six semaines au moins à m’en remettre. Quelle prétention, je vous jure ! 

- Et après, a-t-il dit, on recommencera d’ici deux ou trois ans. Parce que tout, en une seule fois, cela va être très difficile à supporter et, moi-même, je ne peux fournir autant. 

Je me suis vue approuver d’un hochement de tête, en souriant, conquise…

Il m’a dit qu’il allait tout faire afin que je n’aie plus jamais froid. Il m’a tout expliquée. Il m’a parlé de prothèses, d’implants appelés « cages », il m’a informée du blocage définitif d’une cervicale mais qu'importe, après tout, si je ne perds pas l'usage de mes bras, de mes jambes. 

- Je vais vous aider, faites-moi confiance, a-t-il dit, le sourire franc et l’œil pétillant…

 

© 2007 Plum'

 

mercredi, 08 août 2007

Miel aux pâtes : y servent Icare trop zik !

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C’est un peu comme si j’étais enceinte mais sans l’avoir souhaité, comme si c’était la conséquence d’une agression sexuelle, d’un viol. Je ne veux pas de cette enfant, je n’en ai jamais voulu d’ailleurs mais elle fait déjà partie de moi, je le sais, je le sens.

C’est un peu comme si je vivais dans un pays où l’avortement serait interdit. Formellement interdit. Et par la même occasion, l’abandon aussi serait interdit. Je n’aurais donc pas d’autre choix que de porter cette enfant, de la mettre au monde et de l’élever. Alors autant essayer de l’aimer afin que notre vie, à elle comme à moi, ne soit pas trop amère.

Je n’ai pas le choix, je dois l’aimer. Je dois l’aimer pour pouvoir vivre avec elle, au quotidien. Rien ne sert de me braquer, elle sera la plus forte et alors, elle me fera souffrir, elle me fera mal. Alors, je me renseigne, je m’informe et je l’apprends. Vivre avec elle, née de moi, en moi et unies pour la vie comme dans un mariage imposé, une union damnée.

Et pourtant, je n’ai pas peur, je reste confiante ou peut-être suis-je inconsciente, je ne peux le dire. Je ne me sens pas gestante même si j’en ai certains symptômes. Mais je me suis habituée à ces doigts froids et insensibles, ces « troubles sensitifs ». Je crois que je n’arrive pas à réaliser ce qui me tombe dessus. Et je ne peux m’empêcher de me demander : pourquoi moi ? Mais pas sur le ton plaintif et geignard de celle qui cumule les difficultés, non, plutôt pour savoir à quoi, à qui cela servira. Parce que je suis comme cela, je reste persuadée qu’il n’y a pas de hasard dans la vie mais des évènements prévus pour chacun d’entre nous. Et il me faut juste savoir pourquoi cette future paralysie et, dans sa forme la plus grave, une tétraparésie spastique progressive avec troubles sensitifs et moteurs, altération des réflexes, du contrôle des sphincters et de la marche m'est réservée. Et comme je suis sensible aux signes, je me dis que je n'ai pas croisé Ioana par hasard, dans cette immense blogosphère, que je n'ai pas choisi innocemment le nom de mon détective, Claude Lhermitte, dans Allogène. Et moi qui pensais faire un clin d'oeil à un ami !

Claude Lhermitte, vous demandez-vous ? Mais que vient-il faire là-dedans, celui-là ? Eh bien, j'ai appris ce soir qu'il existait un "signe de Lhermitte". Oui, oui, je vous assure ! J'ai cru que je voyais mal ! D'ailleurs, en voici la définition :

Définition

Sensation de décharge électrique parcourant le dos et les jambes lors de la flexion de la colonne cervicale, fréquemment observée dans la sclérose en plaques et parfois au cours de certaines compressions médullaires et myélopathies cervicales.

Source

Dictionnaire de médecine, préf. de Jean Hamburger, Paris, Flammarion, 1982, 935 p., p. 464.

 

Vous ne m'enlèverez pas l'idée que notre subconscient, notre inconscient nous parle. Et il est loin d'être inculte, le bougre !

 

C’est un formidable booster, j’ai soudain des envies de marches, de randonnées. J’ai envie de me balader en montagne, d’avancer, un pas devant l’autre, encore et encore, avaler des kilomètres, marcher, MARCHER. J’ai besoin de raconter mon histoire, d’en parler, de m’entendre en parler comme pour apprivoiser cette saleté, arriver à la toucher sans qu’elle me morde, sans qu’elle m’attaque. Le but à atteindre : qu’elle me mange dans la main et m’apprécie tellement qu’elle en oubliera toute agressivité évolutive.

 

Lorsque je suis seule, je lui parle. Pas à haute voix, je n’en suis pas là, il ne faut rien exagérer. Non, je lui parle dans ma tête. Tous les jours. Ce n’est pas difficile, je lui parle à chaque fois que je sens que je commence à avoir mal à la tête. Donc, je lui tiens un discours tous les jours, du milieu de l’après-midi jusqu’en soirée. Du coup, la migraine ne se déclenche pas mais reste en latence juste pour maintenir le contact entre elle et moi. Je lui ai donné un petit nom : Mycer comme… misère prononcée avec l’accent alsacien ? Ca, c’est un diminutif affectif… peut-être en espérant un jour une diminution de l’affection ? Son vrai nom ? Bon, tenez-vous bien, ce n’est pas très facile à prononcer mais avec un peu d’entrainement vous pourrez arriver à le cracher d’un seul tenant : myélopathie cervicarthrosique.

Et pourtant, amoureuse des mots, je n’ai pu m’empêcher de trouver que « myélopathie » était douce à l’oreille, assez joliment orthographiée. Et puis je me suis reprise. Il ne faut rien exagérer ! L’apprendre, nous familiariser, nous accoutumer l’une à l’autre ne signifie pas que je devienne fallacieuse et sucrée. De toutes façons, elle est bien trop maligne ! On ne la lui fait pas.

Tout cela pour vous dire que les petits déjeuners quotidiens pourraient très bien ne pas toujours être prêts, en temps et en heure, à l’avenir. Tout cela pour vous expliquer que j’aurai peut-être un peu de mal à vous préparer vos tartines, un de ces jours. Mais aussi pour vous dire que le pain rassis est délicieux grillé ou en pain perdu. Et que, peut-être qu’un de ces quatre, ce sera à vous de me préparer mon petit déjeuner.

Mais rassurez-vous, nous n’en sommes pas encore là !

 

© 2007 Plum'

mercredi, 27 juin 2007

Atterrissage forcé

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Elle a atterri… Elle a atterri deux fois en quelques heures. D’abord hier soir, lorsqu’elle est revenue de son week-end prolongé à Majorque. Quatre jours passés en tête à tête avec son compagnon, enfin. Quatre jours de détente à ne penser qu’à eux, enfin. Quatre jours de plongées, de balades en bateau, de farniente sur la plage à se caresser mutuellement, les mains enduites de crème à bronzer. Quatre jours à faire l’amour dans la grande maison encore désertée par la famille, en ce mois de juin. Quatre jours pour se retrouver, pour laisser leur corps faire à nouveau connaissance, pour entrelacer leurs doigts même pour dormir, pour se réapprendre…

Et puis ils sont revenus et chacun a retrouvé ses repères, le week-end ne se résumant plus qu’à quelques photos que l’on transfèrera sur l’ordinateur, lorsque l’on aura le temps. Un de ces quatre… Elle a mis en route une machine, tard dans la soirée, a soigneusement préparé ses vêtements pour le lendemain, là, sur la bergère de la chambre, elle a admiré son hâle qui lui donne tant bonne mine et ils se sont couchés, plus en copains qu’en amants, à nouveau imprégnés de leur vie de tous les jours, pleine de leurs habitudes pratiques, tissée de manies et de ronrons rassurants. Ils se sont endormis après s’être souhaités bonne nuit et embrassés sur la joue. Alors, elle a rêvé, elle a revu les rochers, les petites maisons en pierre, la nature sauvage, la mer turquoise…

Sept heures du matin. Le réveil la sort d’un sommeil profond. A côté d’elle, le lit est déjà vide de lui. Il est parti tôt ce matin. Elle se lève, se sert un bol de café au lait, des céréales avec du lait, des tartines de pain beurrées avec de la confiture, un pamplemousse. Elle aime manger le matin, elle a toujours faim le matin. Elle s’est douchée, s’est habillée et est sortie de son appartement, sis dans une si jolie petite résidence. Elle est montée dans sa voiture neuve, grande source de plaisir, et s’en est allée, au son des derniers tubes à la mode, vers son boulot, vers la ville.

Sa chef de service lui a résumée ce qui s’était dit, hier, pendant la réunion entre la direction et les membres du comité d’entreprise. Il y a bien trop de monde dans ce magasin. Et les chiffres qui sont en baisse, inexorablement, de façon quasi permanente. Il y aura neuf licenciements. Pourquoi neuf ? Parce que dix entraineraient l’élaboration d’un plan social, coûteux pour l’entreprise. Neuf personnes vont être convoquées, aujourd’hui. Ils ont décidé d’épurer d’abord les services, non productifs et qui ne rapportent rien. Le personnel de vente arbore une mine de circonstance, la même que pour les enterrements. Leurs regards sont fuyants. Ils savent. Ils ne sont pas concernés, alors…

Les membres du C.E. se mobilisent, font émarger une liste, proposent un débrayage de deux heures, en pleine première journée des soldes. Certains ont déjà signé, d’autres réfléchissent, posent des questions, s’inquiètent, ont peur. La solidarité, cela demande du courage, des opinions tranchées. La solidarité est une grande cape dans laquelle on rêve tous de se blottir mais qui s’avère souvent être un vêtement étroit, peu confortable et dans lequel on a froid. Et aujourd’hui, il fait froid, il pleut.

Elle n’y croit pas. Le service dans lequel elle travaille ne sera pas touché. Pensez-vous, l’accueil clients ! Impossible ! Trop de boulot ! C’est le service des listes de mariage, là où l’on se fait établir une carte de fidélité. Impensable ! De plus, ils disent que le licenciement sera immédiat. Inimaginable ! Chacune a posé ses vacances, les planning sont établis et les neuf semaines à venir vont être difficiles pour toutes : elles ne seront pas assez nombreuses. On tient des paris entre collègues. Le service sera touché. Elle maintient que non, ils ne peuvent pas. Inconcevable !

Et le téléphone a sonné, de cette mélodie lancinante à quatre notes. Plus précisément, le sien. Il s’y affichait le nom d’un des dirigeants. Elle est devenue pâle sous le joli bronzage du week-end. Elle s’est levé, a habillé son visage d’un sourire forcé, a pris un mouchoir dans la main et elle nous a dit :

« C’est moi. »

Elle a atterri ce matin. Un matin comme tous les autres. Un retour de week-end prolongé, un mardi matin. Le bonheur, c’est simple comme un coup de fil, disait le slogan…

Je regarde par la fenêtre, à travers les vitres sales, la place du centre historique. Les pavés brillent, les parapluies sont de sortie, j’ai froid. Aujourd’hui, les ménagères sont heureuses, les jeunes femmes sont pressées, les jeunes filles sont excitées. Aujourd’hui, mercredi, c’est le premier jour des soldes. Et je pense à elle…

© 2007 Plum'

mercredi, 13 juin 2007

Les Sept Pêches...Hé ! Capito ?

A la demande de Miss Alfie, la semaine dernière, et de Mirabelle, il y a deux jours,  je vous livre ici un portrait de moi croqué au travers des sept péchés capitaux. C'est une de ces chaînes qui courent actuellement sur la blogosphère. Je passe le relai à Mathéo, à Sido, à Claudiogène et à Antigone, tiens !

Evidemment, il n'y a aucune obligation...

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1.     LA LUXURE. Qu’est-ce qui me fait fantasmer ?

Ce que j’aime dans ce type de questionnaire, c’est qu’on passe directement au plat de résistance !

Eh bien moi, j'ai d'abord cherché la signification exacte de la luxure. Dans un premier temps, on me dit que c'est une recherche déréglée des plaisirs sexuels. Je ne m'apparente pas, dans la vie, à une "gloutonne". Je serais plutôt gourmet que gourmande. La seconde définition, par extension, désigne une sensualité lascive, un désir sexuel très intense et là, je... NE VOUS DIRAI RIEN DE PLUS ! ICI, CE SONT DES TARTINES POUR TOUS ! ALORS, ON SE CALME, S'IL VOUS PLAIT !!! J'vous jure ! Veulent tout savoir sans rien payer !...

2.     L’ORGUEIL. De quoi suis-je la plus fière ?

Honnêtement, de l'image que me renvoie le miroir. Je ne parle pas de mon physique mais de ma personnalité. Je peux me regarder en face car je me sens en phase avec mes pensées, mes actes, mes paroles. Je me sais intègre.

3.     LA COLERE. Qu’est-ce qui me met hors de moi ?

La bêtise humaine ! Je suis atterrée par l’ampleur et les multiples formes qu’elle peut prendre. J’ai du mal à l’accepter et, surtout, à la pardonner.

4.     LA GOURMANDISE. Quels sont mes plats préférés ?

Franchement ? Mes petits déjeuners avec vous ! Si j’avais beaucoup de sous et une grande maison, mon rêve serait de tous vous faire venir chez moi et de vous préparer un brunch géant. Des personnalités riches, des âges différents, des vies à part réunis autour d’une table entre tartines et confitures, brioches et miel, croissants, café, thés, chocolats chauds. J’adorerais !

Sinon, tout ce qui est épicé et « coloré dans la bouche ».

5.     L’AVARICE. Cigale ou fourmi ?

Je suis plutôt cigourmi ou fourgale. Je suis un insecte mutant assez raisonnable mais qui doit parfois se faire violence pour ne pas céder à la compulsion.

6.     L’ENVIE. Qu’est-ce qui me rend jalouse ?

Rien. C’est un sentiment que je ne connais pas et lorsque je vois combien cela peut rendre malade, je suis bien contente de ne pas avoir ce défaut. Et l’autre sexe, pensez-vous ? Je lui accorde ma confiance très facilement. Si il la trahit, je la reprends, tout simplement. Ah oui, j’oubliais ! Aucun pardon ne sera accordé. Je suis un chouïa rancunière et être affublée d’une excellente mémoire ne m’aide pas à oublier. Nul n’est parfait…

7.     LA PARESSE. Comment j’aime me relaxer ?

Confortablement installée, en charmante compagnie, ou encore avec un bon bouquin ou bien devant un bon film, ou alors au soleil, ou tout simplement sous la douche. Dans une tenue agréable voire sans rien (surtout lorsque c’est sous la douche).

Plum’

jeudi, 24 mai 2007

Quelle heur avez-vous ?

« Le bonheur, ce sont des petits malheurs, quelques tuiles, des déceptions, parfois des catastrophes et, avec du recul, le souvenir des instants qui les précédaient, afin de s'avouer à quel point c'était bien, juste avant...

 

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Finalement, on n’attrape jamais le bonheur, on ne sait pas le saisir, on ne le reconnaît pas sur le moment.
C’est seulement demain qu’on regrettera de n’avoir pas su le capturer hier… »

Ceci est ma définition toute personnelle du bonheur mais la vôtre, quelle est-elle ?

 

© 2006 Plum'

mercredi, 09 mai 2007

Fusilli alla salsa pomodoro ed al parmigiano

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1986. L’année de notre rencontre. Pour moi, une grande année, telle un millésime.  

Attends que je me rappelle exactement, que je me souvienne. Nous vivions dans ce foyer de jeunes travailleurs, bâtiment bleu et blanc de cinq étages. Un premier niveau inhabité, un deuxième réservé aux filles et les trois autres pour les garçons. Une chambre avec lavabo de neuf mètres carrés et des sanitaires dans le couloir. Ce n’était pas le grand luxe, certes, mais j’en garde un excellent souvenir car, pour moi, c’était la liberté…

La liberté… Je l’ai prise de force dans les cris, dans une ultime scène magistrale avec mon paternel qui s’est terminée par une porte claquée, sans un regard derrière moi, presque sans larmes avec mes quelques fringues sous le bras et mon livret de la Caisse d’Epargne sur lequel se trouvaient les maigres économies grappillées sur les six mois de salaires tout fraîchement gagnés. Cette petite piaule dans ce foyer a été mon premier chez moi, un endroit où l’on frappait à ma porte en attendant ma réponse avant d’entrer, un endroit tout petit mais qui m’a semblée parfois immense, surtout lors des moments de blues, lors des fêtes de Noël, des anniversaires, les dimanches…

Les dimanches… Le self-service n’assurait que le petit déjeuner et nous devions nous débrouiller pour le reste de la journée. Alors, on allait dans une friterie, dans un Flunch, au Mac Do et lorsque nous étions en début de mois, nous nous payions un restaurant, bien souvent une pizzeria entre copains. Moi, je voulais mon confort, surtout pour l’hiver. Sortir lorsqu’il fait froid, lorsqu’il pleut ou neige, très peu pour moi ! Alors, j’ai bravé les interdits et je me suis offerte une plaque électrique, un petit réfrigérateur, je me suis achetée un peu de vaisselle et je me préparais à manger…

A manger… C’est ainsi que tout a commencé entre toi et moi. Nous nous connaissions de vue, nous nous retrouvions parfois dans la chambre d’une copine commune, autour d’un café. Mais sans plus. Et là, tu es venue me demander quelque chose, sûrement des cigarettes. Et je t’ai proposée de partager mon déjeuner. Oh, rien de transcendant, je m’en souviens encore : des fusilli à la sauce tomate et au parmesan. C’est précisément à ce moment-là qu’a commencé notre amitié. Autour d’un plat de pâtes. Et ce sont ces mêmes pâtes qui allaient, plus tard, bien souvent nous consoler, nous remonter le moral lorsque nous vivrions ensemble…

Ensemble… Oui, ce qui nous arrivait était presqu’un coup de foudre. Nous nous entendions si bien que les paroles étaient bien inutiles. Un regard et nous nous comprenions, éclations de rire. Qu’est-ce que nous avons pu rire ! De tout, de nous ! Et lorsque j’ai pris mon premier appartement, tu es venue me rejoindre dans les semaines qui ont suivies. Sans moi, tu déprimais, qu’ils m’ont dit. Sans toi, je m’ennuyais, je te le dis. Soixante-quinze mètres carrés contre neuf, seule, pratiquement sans meubles. Je vivais dans ma chambre à coucher qui faisait plus de deux fois la surface de la précédente. Et lorsque tu es arrivée, fin janvier, juste avant ton anniversaire, c’était le soleil qui pénétrait dans ce vieux mansardé délabré et à refaire…

A refaire… Si c’était à refaire, je réitérerais cette aventure avec toi. Tu m’as tant appris ! On nous appelait les siamoises. Toi la blonde, aux cheveux raides, aux yeux bleus, au teint pâle, petite et moi, tout ton contraire. J’aimais ton prénom franchement rétro, toi tu le détestais et tu me disais qu’en Bretagne tous les bateaux s’appelaient comme toi. Je trouvais cela formidable ! Ton prénom était même chanté par Sardou et Dassin alors que moi, aucune chanson à l'éloge du mien car la rime n’en est pas facile. Nous avons organisé des soirées, discuté jusqu’à point d’heure, rigolé, fait les folles. Nous avons parlé de garçons, beaucoup parlé, échafaudé des plans savants, nous avons menti, pris la défense l’une de l’autre, nous parlions de notre avenir, nous nous sommes jurées d’être les marraines de nos enfants, les témoins de nos mariages, de ne jamais nous séparer…

Nous séparer… Ainsi va la vie ! Cette saleté de dépression m’a prise trois années de ma vie et toi avec. C’est comme cela, il m’a fallu l’accepter. Mais depuis treize ans, il n’y a pas un jour où je n’ai une pensée pour toi. J’ai appris que tu t’étais mariée, que tu avais une petite fille et que tu étais partie en Haute-Saône. Quelquefois, je me prends à rêver qu’Internet ne relie pas seulement entre eux les inconnus mais aussi ceux qui se sont perdus de vue, les amis de toujours…

Amie de toujours… Tu as été et reste ma plus belle histoire d’amitié, sache-le. J’en ai eu d’autres, très fortes également. Mais elles étaient différentes parce que tu as été mon amie des premières fois. Du premier souffle de liberté, du premier appartement, du premier chat, du premier chien, des premières factures impayées, des premiers vrais chagrins de jeune femme amoureuse…

En fait, tu as été ma première vraie amie. Et cela, je ne peux pas l’oublier. Je ne peux pas t’oublier…

 

© 2007 Plum'

 

mercredi, 25 avril 2007

Tour de mains

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Mes mains… Elles ont décidé de m’abandonner, un jour d’octobre de l’année dernière. Je suis partie à Paris, naturellement je les ai emmenées. Je n’allais pas les laisser seules ! Pourtant, j’aurai pu. Elles auraient nourri et caressé mes chats pendant mon absence. Elles auraient nettoyé leur bac à litière, fait un brin de ménage. Bref, elles se seraient occupées, mes mains. Mais elles sont parties avec moi et, apparemment, ont préféré rester quelque part dans la capitale, peut-être dans le quartier chinois.

Depuis, j'apprends à vivre sans elles... et, je l'avoue, c'est assez difficile. Les fleurs, les peaux douces, les peaux d'ange, les peaux de vache, les bébés, les hommes, le sable, l'eau, le froid, le chaud, elles ne ressentent presque plus rien, mes mains.

Le clavier qui a été leur grand ami leur est devenues complètement indifférent. Elles refusent de frapper la bonne touche, la bonne lettre lorsque je le leur demande. Lorsque je le leur ordonne. Même lorsque je les supplie... Elles sont devenues froides, mes mains. Elles ne ressentent plus rien et sont comme deux morceaux de glace au bout de mes bras. Elles se sont faites la malle, mes mains. Sans me demander la permission, sans seulement prendre la peine de m'avertir.

J'ai d'abord cru qu'elles étaient juste parties faire trois petits tours et puis s'en reviendraient, mes mains. Je les ai attendues tout l'automne et, lorsque l'hiver est arrivé, j'ai compris qu'elles m'avaient tournée le dos. Cet hiver particulièrement doux m'a semblée sibérien.

Froid... J'ai vraiment su ce que c'était qu'avoir froid. Froid à l'intérieur de mon corps comme dans celui d'une morte. Froid malgré les gants, les pulls superposés, malgré la grosse couette, froid avec le chauffage et ces mains, mes mains... aux ongles violets, algides comme celles d'un cadavre.

Mes mains ne m'obéissent plus, se refusent à tout ordre, toute prière. Elles se rebiffent, les bougresses, me font payer. Mais quoi, exactement ? Parce que moi, mes mains, j'en ai toujours pris soin. Je les ai nettoyées avec des savons doux et hypoallergéniques, je les ai hydratées, manucurées. Je leur ai lues leur avenir, fais en sorte de ne pas en avoir deux gauches, elles se sont tendues vers celui ou celle qui avait besoin d'elles.

Mes mains font leur intéressante ! Elle s'amusent de moi ! Elles me font enchaîner les visites chez les médecins de tous bords, généraliste, angiologue, neurologue, ostéopathe... Et je vous passe les analyses de sang, les électromyogrammes, les potentiels évoqués somesthésiques. Et l'on me rassure. Que je ne m'inquiète pas, ce n'est pas la maladie de Lyme ni un problème de thyroïde. Ouf ! Ce n'est pas non plus la sclérose en plaques. Chouette ! Et depuis hier, je sais que cela n'est pas une hernie discale. Génial ! En fait, je sais exactement maintenant ce dont je ne souffre pas. Super !

Mais personne n'a su encore m'expliquer pourquoi mes mains m'ont ainsi délaissée, un jour, sans un au-revoir, sans un signe d'adieu...

 

© 2007 Plum'

 

 

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